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Lu – Celle qui n’avait pas peur de Cthulhu – Karim Berrouka (J’ai lu) Imaginaire

Lu – Celle qui n’avait pas peur de Cthulhu – Karim Berrouka (J’ai lu)

Karim Berrouka fait parti de ces auteurs que j'adore retrouver. Après avoir exploré le monde des fées et celui des zombies, il s'attaque dans cet opus aux Grands Anciens, aux Dieux Extérieurs, bref, à Cthulhu et toute sa clique, pour notre plus grande jubilation. Lovecraft... voilà une écrivain qui fait parler de lui depuis des années, que ce soit pour son oeuvre ou pour son racisme... Le mythe de Cthulhu a en plus atteint le statut de culte, et nombre de ses adeptes manquent parfois de recul. A ceci, Berrouka répond de la plus belle des façon : en évitant de le respecter. Dans ce roman, il fait de son personnage principal, Ingrid, une héroïne bien malgré elle. Propulsée sans pouvoir donner son avis "centre du pentacle", la voilà victime des rivalités de cinq pseudo-sectes qui voient en elle la solution à rien de moins que la fin du monde, et le retour des Grands Anciens... Une fois le mythe dépoussiéré et privé de son aura légendaire, l'auteur s'amuse a dépeindre des bandes de sectateurs tous plus cinglés les uns que les autres, décochant un énorme coup de pied en passant à toute forme de fanatisme. Au milieu du bordel ambiant, Ingrid ressemble aux héros chers à Berrouka : d'une normalité confondante et légèrement j'm'en foutiste... C'est toujours avec beaucoup d'humour que Karim Berrouka décharge sa plume acerbe, et, bien plus subtilement qu'on pourrait le penser, qu'il critique une société qui croule sous la bien-pensance et une pâle résignation. Adorateur du mythe de Cthulhu, si tu veux lire ce livre, prépare d'avance un peu d'autodérision, mais tu te rendras aussi compte que, pour avoir écrit un roman à ce point référencé, Karim Berrouka doit certainement en être un peu adepte...…
Lu – 24 vues du mont Fuji par Hokusai – Roger Zelazny (Le Belial) Imaginaire

Lu – 24 vues du mont Fuji par Hokusai – Roger Zelazny (Le Belial)

Traduit par Laurent Queyssi. Je trouve le format novella vraiment intéressant. Roman court ou longue nouvelle, il entraîne souvent le lecteur dans un récit à peu de personnages, centré sur une histoire précise, laissant suffisamment de temps pour développer ses propos sans s'appesantir.Il n'est pas facile pour un auteur de trouver un bon rythme, de clore une histoire sans frustrer. Dans 24 vues du mont Fuji par Hokusai, Zelazny réussi parfaitement l'exercice. Hokusai pour moi, comme pour beaucoup je pense, c'est avant tout cette estampe, cette vague immense et menaçante, bleue de Prusse, semblant engloutir un mont Fuji minimisé, avec une puissante force évocatrice.Je me suis intéressée il y a quelques temps à l'oeuvre d'Hokusai, découvrant sa série d'estampes 36 vues du mont Fuji dans ce qu'elle a de révolutionnaire pour l'époque. Partant de cette série de vues, Zelazny nous déroule le voyage de Mari sur les traces de l'artiste. On sait très peu de choses sur cette héroïne, mis à part le fait qu'elle porte le récent deuil de son mari. Véritable parcours initiatique, extrêmement contemplatif et poétique, j'ai trouvé que ce récit contrastait par sa douceur avec le reste de l'oeuvre de Roger Zelazny. Je n'ai malheureusement pas trouvé de précisions sur le contexte dans lequel il a été écrit, j'aurais aimé savoir ce que l'auteur traversait à ce moment là. Assez cryptique, tout du moins au début, 24 vues du mont Fuji par Hokusai m'a surpris par sa mélancolie et l'atmosphère assez résignée qui s'en dégage. Avançant à tâtons, à un rythme assez lent pour ce genre littéraire, j'ai parfois eu le sentiment que les impressions et pensées de l'héroïne étaient plus importantes que l'histoire. J'ai fini par y retrouver des thèmes chers à l'auteur,comme l'immortalité ou la quête de pouvoir, mais sous un angle complètement différent de celui auquel j'étais habituée. Je conseille donc vraiment la lecture de ce court roman de Roger Zelazny, c'est une expérience bien différente de ses autres livres, enveloppante et dépaysante, qui consolide en outre tout le bien que je pense de cette collection des éditions Le Bélial, 1 heure lumière.…
Lu – Le parc jurassique et Le monde perdu – Michael Crichton (Robert Laffont) Imaginaire

Lu – Le parc jurassique et Le monde perdu – Michael Crichton (Robert Laffont)

Traduit par Patrick Berthon. Il est des auteurs qui marquent la vie d'un lecteur et Michael Crichton est indéniablement de ceux-là pour moi. J'ai pris beaucoup de plaisir, lors d'une visite familiale, à me replonger dans ces deux livres que j'ai dévorés plus jeune. Qui est donc cet auteur ? D'après sa biographie, il est considéré comme l'un des pionniers du techno-thriller, ce genre littéraire qui déroule ses intrigues autour d'une catastrophe imminente, qui sera résolue en général par l'utilisation de la haute technologie et à grand renfort d'un héroïsme exacerbé. Je n'aime pas trop cette définition qui, à mon avis, ne reflète pas toute l'étendue de la palette d'écriture de Crichton. L'ayant découvert à l'adolescence, à l'époque ou mon intérêt pour la connaissance, les sciences dures et les sciences humaines était en pleine éveil, j'ai associé cet auteur à des intrigues extrêmement efficaces, couplées à une énorme documentation sur un sujet donné. Dans Le parc jurassique, il nous invite à réfléchir sur la biotechnologie, l'éthique et la théorie du chaos. Dans Le monde perdu, place à la théorie de l'évolution, les systèmes complexes, les fractales ou quelques piques sur la société de divertissement qui sont toujours d'actualité. Sans doute parce que j'ai lu les livres avant d'avoir vu les films, j'y reste profondément attachée. Je trouve encore l'intrigue d'une effroyable efficacité, et j'ai toujours un faible pour Ian Malcolm (le fait que ce personnage ait été joué au cinéma par Jeff Goldblum - sans doute mon acteur préféré- reste une des plus belles nouvelles de mon adolescence).Ces deux livres sont de vrais page-turner. Une lecture addictive, dans laquelle les scènes d'actions sont parfaitement rythmées par des moments plus calmes, propices aux réflexions. Le parc jurassique a été mon point d'entrée vers le reste de l'oeuvre de Michael Crichton, et nombre de ses autres ouvrages m'ont marquée : Prisonnier du temps, La proie ou Turbulences, et surtout Etat d'urgence, et L'homme terminal. Avec l'expérience et mes propres apprentissages est bien sûr venu le temps de la critique. Il va sans dire que la connaissance apportée par ses ouvrages est partielle, partiale et ne fait que servir l'intrigue. Il ne s'agit pas du tout de prendre pour argent comptant l'ensemble de ses exposés. J'ai d'ailleurs pu exercer, lors de quelques relectures, mon esprit critique sur certains sujets. Cependant, Crichton fait partie de ces auteurs qui ont forgé ma lecture, mon esprit critique et qui ont développé mon appétence pour la sciences et mon avidité pour la connaissance. Même si certains de ses sujets sont datés, j'en recommande fortement la lecture, surtout aux plus jeunes, car il savait construire des récits à la fois divertissants et enrichissants, permettant de faire pointer un peu de curiosité intellectuelle, qui donne envie de pousser plus loin ses réflexions...…
Lu – Des fleurs pour Algernon – Daniel Keyes (J'ai lu) Imaginaire

Lu – Des fleurs pour Algernon – Daniel Keyes (J'ai lu)

Traduit par Georges H. Gallet. Très bonne année !Pour bien la commencer, je vais te parler d'un roman, sans doute considéré comme un classique, mais que je n'avais jamais lu. J'en ai refermé la dernière page il y a quelques semaines déjà, mais il m'a fallu un peu de temps pour m'en remettre, et mettre de l'ordre dans mes idées. On m'avait en effet prévenu, et je remercie toutes les personnes qui me l'ont dit. Vous aviez toutes et tous raison, ce livre est magistral et bouleversant. Au delà de l'histoire profondément humaine de Charlie Gordon, ce livre pose tout un tas de réflexions sur l'éthique, la différence, l'acceptation de soi... Est-il éthique, au nom de la recherche, de considérer un homme comme un cobaye ?Est-il si évident de décider pour lui qu'une modification profonde de son psychisme lui sera forcément profitable ?Est-il éthique de vouloir à tout prix faire en sorte de gommer les différences innées des gens hors des normes ? Et si on en a la possibilité, en a-t-on vraiment le droit ?Qu'est-ce que l'intelligence ? Comment la mesurer ? Rend-elle heureux ?Qu'est-ce qui fait au final, la valeur d'une personne ? Toutes ces réflexions, et bien plus encore, jaillissent à la lecture de ce livre. Je pense qu'une bonne partie de sa puissance émotionnelle est dû à son style d'écriture. En adoptant une forme épistolaire (le roman est en effet constitué des comptes-rendus successifs de Charlie Gordon sur sa situation), Daniel Keyes réussi le pari d'un récit intimiste, qui nous oblige quasiment à entrer en empathie avec le personnage principal. Aucune porte de sortie n'est présentée, on lit, vit et ressent avec lui dans une fusion totale entre le personnage et le lecteur. C'est ce qui fait de la lecture de ce livre une expérience aussi bouleversante. Des fleurs pour Algernon représente tout ce que j'aime dans la science-fiction : quand elle sert à parler de l'humain. Car au delà des aspects fantastiques du récit, c'est avant tout une aventure humaine, celle d'une vie qui s'éveille, s'épanouie et s'étiole. Dans ce cercle parfait, je me suis recentrée sur mon humanité, et ma fugacité... Un livre qui fait autant réfléchir fait forcément partie des grands.…
Lu – Les dividendes de l’apocalypse – Stéphane Desienne (Éditions du 38) Imaginaire

Lu – Les dividendes de l’apocalypse – Stéphane Desienne (Éditions du 38)

On ne va pas se mentir, j'ai ce livre de Stéphane Desienne depuis très longtemps. Je l'avais même acheté chez feu les éditions Numeriklivre. Il a dormi un bon moment dans ma liseuse avant que je me décide à le réveiller, en partie après avoir lu l'avis de Christophe sur son blog Post Tenebras Lire, et aussi à l'occasion de sa réédition aux Editions du 38. On retrouve dans ce roman des thèmes chers à l'auteur et qu'il avait déjà abordés dans sa saga Toxic , à savoir les luttes de pouvoir et les intrigues politiques. Rajoute pour cet opus une bonne dose de SF et un ingrédient qui change tout : la religion. En effet, l'intrigue prend part sur une petite planète nommée Nouveau-Vatican, qui s'est mise à l'écart des affaires humaines. Alors que la menace d'une nouvelle apocalypse plane, le chef de l'inquisition va tout faire pour tenter de renverser le pouvoir en place et devenir Pape. J'ai beaucoup aimé cette lecture qui ne manque pas de punch, ni de rebondissements. Stéphane Desienne a un vrai talent pour imaginer des personnages forts et intrigants, toujours dans la nuance. Ils font tout le sel de ce récit ! Avec son sens du rythme, je ne me suis jamais ennuyée et j'ai enchaîné les pages à toute vitesse. Les dividendes de l'apocalypse est un très bon divertissement, qui conforte tout le bien que je pense de son auteur !…
Lu – Substance – Claro (Actes Sud) Imaginaire

Lu – Substance – Claro (Actes Sud)

Lire du Claro, c'est toujours une expérience. Souvent enrichissante, toujours déroutante.Dans ce roman, Benoit est un orphelin du troisième type, élevé par une Tante aux multiples qualificatifs, elle même épaulée par 3 copines obscures. Fasciné par la mort, il y découvre une drôle de substance, l'ectoplasme qui lui déclenche de drôles de visions. Il se liera avec Marguerite, habituée des abductions.Ce résumé te parait bizarre ? Le livre l'est tout autant ! Au delà de cette histoire, que raconte-t-il donc ? Au final pas grand chose, mais ce n'est pas là l'important.Métaphorique par essence, tout l’intérêt de ce roman réside dans les envolées lyriques de l'auteur. Ses circonvolutions, ses digressions, son immense inventivité linguistique. Ce roman s'écoute autant qu'il se lit.Gothique de nature, Substance est un roman à l'atmosphère unique, sans doute pas accessible à tout le monde. J'ai d'ailleurs moi-même abandonné une première fois ma lecture, qui ne tombait pas du tout au bon moment dans ma vie. Après 2-3 semaines de pause, je m'y suis replongée pour ne plus le lâcher. Abandonnant l'idée d'en comprendre chacune des phrases, me laissant porter par la mélodie si particulière de l'écriture de Claro, son humour et le baroque du récit, pour en ressortir saoulée de mots et d'images.…
Lu – 2001 l’odyssée de l’espace – Arthur C. Clarke (J’ai lu) Imaginaire

Lu – 2001 l’odyssée de l’espace – Arthur C. Clarke (J’ai lu)

Sur un scénario original de Stanley Kubrick et Arthur C. Clarke. Traduit par Michel Demuth. Drôle d'aventure que celle de ce bouquin. En effet, on ne peut taxer ni le film (l'oeuvre de Stanley Kubrick, si tu ne l'as jamais vu, regarde le... c'est une sacrée expérience !), ni le livre, d'adaptation. Tu me suis ?Si le livre est sorti quelques mois après le film, on sait que le film s'inspire en fait partiellement d'une nouvelle de Clarke intitulée La Sentinelle. On sait également que Clarke décide d'écrire ce roman parallèlement à la création du film, en accord avec Kubrick, les deux artistes souhaitant en faire un projet commun. Les deux auteurs et les deux œuvres se sont donc nourris les uns des autres. Tu me suis toujours ? J'ai vu le film plusieurs fois, je ne l'ai jamais compris. Ou plutôt, je n'ai jamais cherché à le comprendre. Trouver une signification à toutes ces scènes ne m'a jamais semblé indispensable. Pour moi ce film est avant tout une expérience visuelle, auditive... sensorielle. Ces plans qui s'étirent, ce temps qui se dilate, les valses de Strauss et la voix de HAL... J'ai eu donc peur, en lisant ce livre, de casser un peu l'envoûtement du film. Je le savais court, j'avais peur de le trouver abscons. Il n'en est rien. 2001, même s'il est taxé de hard science fiction, est abordable et passionnant. L'écriture de Clarke est simple mais non simpliste, rythmée par des chapitres très courts, et très imagée également, ou alors je n'ai pas réussi à me détachée de l'imagerie du film... Des différences entre le film et le livre existent mais sont minimes, les deux œuvres sont, par essences, interconnectées. C'est donc une nouvelle expérience que la lecture du roman. Si tu as vu le film, il sera un écho supplémentaire à ton rapport à cette histoire. Une nouvelles manière de la découvrir, un moyen également d'en trouver de nouvelles interprétations si tu le souhaites. Si tu n'as pas (encore) vu le film, il sera un bon roman de science-fiction, bien structuré et à l'histoire passionnante, interrogeant sur les origines de l'humanité et l'éveil de la conscience. Dans tous les cas un livre à lire...…
Journal d’un AssaSynth, T1 Défaillance système – Martha Wells (L’Atalante) Imaginaire

Journal d’un AssaSynth, T1 Défaillance système – Martha Wells (L’Atalante)

Traduit par Mathilde Montier. Défaillance système est une courte novella, qui, avec 3 autres récits, forment la saga Journal d'un AssaSynth. Comme le titre l'indique, cette histoire est racontée du point de vue d'un androïde de sécurité.  Celui-ci est chargé de protéger une équipe de scientifiques menant à bien une mission d'exploration, qui, bien sûr, ne va pas se passer comme prévu. Défaillance système est un bon récit d'action, dont l'atout principal est la personnalité de son narrateur : cynique, un chouilla misanthrope, grand consommateur de séries télévisées, et à l'humour bien particulier, lié à sa nature synthétique. Les personnages humains font malheureusement pâle figure à côté : trop lisse, trop survolés (du moins dans ce premier opus). En quelques pages, outre l'intrigue rythmée et riche en rebondissements, Martha Wells développe en propos principal une réflexion sur le libre arbitre, et l'éveil de la conscience liée à l'utilisation de l'intelligence artificielle. Il faut cependant avouer que cet aspect n'est qu'amorcé dans ce premier tome. De part son format court, Défaillance système manque en effet de profondeur, et dire qu'il révolutionne les récits de robots serait mentir, on reste dans du classique.  Mais l'histoire se suit sans déplaisir, et a représentée pour moi un interlude plutôt sympathique au milieu de romans beaucoup plus éprouvants. J'imagine que les propos amorcés dans ce livre seront prolongés dans les suivants, et je me suis suffisamment attachée à l'AssaSynth pour envisager de lire la suite de ses aventures à l'occasion...…
Lu – Replis – Emmanuel Quentin ( Mü Editions) Imaginaire

Lu – Replis – Emmanuel Quentin ( Mü Editions)

Replis est ma première rencontre avec l'auteur Emmanuel Quentin. Il signe là un thriller futuriste, qui se situe dans un avenir dystopique. Dans ce monde, les images sont contrôlées par l'état, qui s'en sert pour asseoir un pouvoir abusif. Au milieu d'une existence morne, le seul espoir du peuple est de pouvoir, en fin de vie, s'assimiler avec ses enfants au lieu de disparaître... Le narrateur et personnage principal, Daniel Sagnes, fait partie de ceux chargés de mener à bien cette guerre des images. Sa vie va basculer suite à la demande d'assimilation de son père, qu'il n'est certainement pas décidé à accepter. Dans Replis, Emmanuel Quentin décrit un monde ravagé par le changement climatique, dans lequel les trop nombreux survivants, contraints de quitter des terres devenues hostiles, s'entassent dans des villes trop petites. Sa vision des bidonvilles est particulièrement poisseuse et réaliste, et l'atmosphère de désenchantement et de décrépitude est constante. Dans cet univers hostile, la croisade Daniel Sagnes est d'autant plus violente que ce dernier est particulièrement insupportable ! Difficile donc d'entrer en empathie, et je me suis même surprise, de temps à temps, à me dire que ça me ferait bien plaisir qu'il se faire chopper. Mais cela n'a rien enlevé au plaisir que j'ai eu à lire ce livre, au contraire, même. Dans un monde sans espoir il a sans doute été plus facile de renoncer.  Le récit d'Emmanuel Quentin est cependant loin d'être binaire, et les nombreuses ramifications et retournement de situation m'ont tenue en haleine tout au long de ma lecture.  C'est au final un roman assez fin que ce Replis, à l'univers complexe et original et au cynisme particulièrement bienvenue ! …
Lu – Soleil Vert – Harry Harrison (J’ai lu) Imaginaire

Lu – Soleil Vert – Harry Harrison (J’ai lu)

Traduit par Sébastien Guillot. Grand classique de l'anticipation, Soleil Vert dépeint un monde surpeuplé, dans lequel, dans un New York insalubre, l'accès à la nourriture et à l'eau devient le problème majeur des populations. Au milieu de ce chaos, une poignée de personnages tentent de survivre à la canicule, à une enquête policière qui s'embourbe, ou à la perte de leur train de vie... Publié en 1966, l'intrigue se situe en 1999. Ce qui est frappant, dans ce livre, c'est la sensation d'absolu désenchantement qui s'en dégage. La terre est surpeuplée, entraînant nombres d’inconvénients des plus anodins aux plus dramatiques, mais la plupart des personnages n'ont comme objectif que de gérer la journée en cours... plus aucune perspective d'avenir, de la survie pure... L'intrigue policière importe peu, elle ne sert que de liant entre les différents protagonistes. Ne vous attendez pas, en lisant ce roman, à une histoire structurée aux multiples enjeux car vous serez déçu. Soleil vert est un portrait glaçant, car encore trop ancré dans l'actualité, des dérives que peut entraîner la raréfaction des ressources pour une humanité toujours plus en expansion : émeutes, violence et répression, ingérence de l'état et indifférence des nantis qui peuvent se payer ce que le bas peuple ne peut avoir. Véritable tour de force, l'auteur arrive à maintenir l'intérêt de la lecture, alors même que tout espoir est rapidement balayé. C'est froid, cynique et cruel, et cela fait tellement échos aux préoccupations actuelles que ça coupe un peu le souffle. Soleil Vert est un excellent roman, porté par une plume acerbe et des propos toujours plus vivants. Je vous reparle bientôt de l'adaptation qu'en a fait Richard Fleischer en 1973 et qui dénote énormément du bouquin.…