Lu – Il faut flinguer Ramirez, Acte 1 – Nicolas Petrimaux (Glénat) BD

Lu – Il faut flinguer Ramirez, Acte 1 – Nicolas Petrimaux (Glénat)

Il faut flinguer Ramirez a été conçu, réalisé, mis en scène et dessiné par Nicolas Petrimaux et cela fait toute la particularité de cet album. En effet, les casquettes de l'auteur sont multiples: animation, jeux vidéos, livre d'art... c'est un illustrateur/concept designer (selon le site officiel de la BD) ayant eu de multiples expériences. C'est, je pense, de par ce fait que, seul au commande de ce projet, il nous livre un album packagé, à mi-chemin de la bande dessinée, du comics et de l'animation. En effet, il y a dans ces planches une mise en scène prégnante, qui les propulse bien au delà de la bande-dessinée classique.  Ce livre est un objet léché, taillé au cordeau, maîtrisé de bout en bout avec maestria. Et au niveau de l'intrigue, me direz vous ?  Si je l'ai laissée pour la fin, c'est parce que de mon point de vue, c'est là que le bas blesse un peu. Biberonné par les années 80, Petrimaux nous balance une énième intrigue à la Tarantino et consort. Si elle n'est pas dénuée d'un humour qui parfois fait mouche, et de vrais envolées décoiffantes, si j'y ai retrouvé nombre de références sympathiques qui me font dire que j'ai tout de même un sacré socle culturel commun avec l'auteur, il m'a tout de même manqué ce petit "plus" que j'ai attendu pendant toute ma lecture et qui fait qu'elle ne restera "que" sympathique, quand je la trouvais tellement prometteuse... Pour résumer, j'ai adoré et en loue la forme. Petrimaux sort des carcans et nous propose un objet original, qui dénote des productions habituelles, et qui serait tout à fait propice à un crossmédia d'enfer. Pour le fond, malheureusement, je reste sur ma faim, serais-je devenue un peu trop exigeante ? Peut-être, car je conseil tout de même vivement cet album !
Lu – Replis – Emmanuel Quentin ( Mü Editions) Imaginaire

Lu – Replis – Emmanuel Quentin ( Mü Editions)

Replis est ma première rencontre avec l'auteur Emmanuel Quentin. Il signe là un thriller futuriste, qui se situe dans un avenir dystopique. Dans ce monde, les images sont contrôlées par l'état, qui s'en sert pour asseoir un pouvoir abusif. Au milieu d'une existence morne, le seul espoir du peuple est de pouvoir, en fin de vie, s'assimiler avec ses enfants au lieu de disparaître... Le narrateur et personnage principal, Daniel Sagnes, fait partie de ceux chargés de mener à bien cette guerre des images. Sa vie va basculer suite à la demande d'assimilation de son père, qu'il n'est certainement pas décidé à accepter. Dans Replis, Emmanuel Quentin décrit un monde ravagé par le changement climatique, dans lequel les trop nombreux survivants, contraints de quitter des terres devenues hostiles, s'entassent dans des villes trop petites. Sa vision des bidonvilles est particulièrement poisseuse et réaliste, et l'atmosphère de désenchantement et de décrépitude est constante. Dans cet univers hostile, la croisade Daniel Sagnes est d'autant plus violente que ce dernier est particulièrement insupportable ! Difficile donc d'entrer en empathie, et je me suis même surprise, de temps à temps, à me dire que ça me ferait bien plaisir qu'il se faire chopper. Mais cela n'a rien enlevé au plaisir que j'ai eu à lire ce livre, au contraire, même. Dans un monde sans espoir il a sans doute été plus facile de renoncer.  Le récit d'Emmanuel Quentin est cependant loin d'être binaire, et les nombreuses ramifications et retournement de situation m'ont tenue en haleine tout au long de ma lecture.  C'est au final un roman assez fin que ce Replis, à l'univers complexe et original et au cynisme particulièrement bienvenue ! 
Une nouvelle aventure sur le blog news

Une nouvelle aventure sur le blog

Ça y est ! Après des mois de tergiversation et procrastination, des heures à me creuser la tête pour décider de la forme et du fond, je me lance enfin! Je viens de réactiver : l'infolettre du blog Tu peux d'ors et déjà t'inscrire en passant par cette page. Fut un temps, tu pouvais t'inscrire et recevoir un mail automatique à chaque nouvel article posté. Je ne trouvais pas cela très satisfaisant, il y a beaucoup d'autre moyens de suivre l'actualité du blog. Je te conseille d'ailleurs pour cela de me suivre plutôt sur Mastodon (@DeidreAmbre@mamot.fr) , étant de moins en moins présente sur les autres réseaux. Tu peux également t'abonner au flux RSS du blog. L'idée d'une infolettre faisait tout de même son nid, et j'ai eu envie d'y mettre autre chose. Que trouveras-tu dans cette infolettre ? Je l'imagine comme un courrier, de moi à toi. J'ai toujours aimé l'écrit et les relations épistolaires. Outre des nouvelles du blog, donc, j'en profiterais peut-être pour te parler un petit peu plus de moi, de mes idées et de ma vie, de mes passions et de mes réflexions. J'aimerais aussi te partager d'autres choses : des articles, des vidéos, des gens biens... Cela sera un peu mon espace d'expérimentation, elle sera donc sans doute mouvante dans un premier temps... Le moyen que j'ai choisi L'une des contraintes qui a fait que cette infolettre a mis du temps à voir le jour, c'est le choix de son moyen de diffusion. En effet, je ne voulais pas passer par un service spécialisé (type mailchimp ou autre) que je trouve trop impersonnel d'une part, et qui est bien trop gourmand en données personnelles d'autre part. Cette infolettre doit rester entre toi et moi. Je passe donc par mon adresse mail, je suis chez Protonmail. Cela me permet le contrôler que tes données personnelles ne soient pas transmises à qui que ce soit, et cela nous permet aussi de dialoguer beaucoup plus facilement. Car je vois aussi cette infolettre comme un nouveau moyen d'échange, plus intime que les réseaux sociaux. Je serais donc toujours ravie d'avoir tes retours sur la forme et le fond, ou tout ce que tu auras envie de m'écrire ! Mon adresse sera visible, utilise là à loisirs!  J'espère que cette nouvelle aventure te plaira, j'ai à présent hâte de commencer!Le premier tirage du tarot se fera le 15 novembre, si tu souhaites le recevoir, inscris toi ici ! PS : si tu es déjà inscrit à l'infolettre, tu as dû recevoir un mail de ma part aujourd'hui, si ce n'est pas le cas, n'hésite pas à me contacter pour que je te remette dans la boucle !
Vu – Soleil Vert – Richard Fleischer (1973) Cinéma

Vu – Soleil Vert – Richard Fleischer (1973)

Après avoir lu le livre de Harry Harrison, je me suis enfin décidée à regarder le film de Richard Fleischer qu'on m'a beaucoup recommandé. Je ne l'avais en effet jamais visionné, même si j'en connaissais l'intrigue depuis longtemps. Soleil vert, c'est le cas typique d'un film qui est tellement puissant qu'il a réussi à occulter totalement le matériau d'origine. Il va même jusqu'à faire oublier le titre original du roman (Make Room! Make Room!) pour l'intrigant Soleil vert, ce qui est un vrai paradoxe puisque de soleil vert, dans le livre, il n'en est même pas question ! Tout comme sont absentes du livre les scènes les plus marquantes du film : les tractopelles, les derniers instants du personnage de Sol ou la révélation finale (je ne vais pas spoiler, mais ne faite pas comme moi, et n'attendez pas autant avant de voir ce film !)... Vous l'aurez compris, le film est une adaptation plutôt libre du roman. À partir d'un début d'intrigue et de personnages similaires, Richard Fleischer développe une histoire différente, et déplace le propos initial du roman (les conséquences de la surpopulation - Faites de la place !) vers la gestion étatique de la nourriture (le fameux soleil vert). Pour cela, il transforme un banal meurtre opportuniste en complot. Evacuons donc le côté adaptation pour se concentrer sur l'œuvre : ce film est absolument dément. Fleischer met en scène avec justesse l'ambiance désenchantée de ce futur pollué et surpeuplé, et au milieu de ce chaos Charlton Heston domine complètement la pellicule. Le film regorge de scènes d'une très grande force visuelle et psychologique et son visonnage prend aux tripes tant il est pessimiste. S'inspirant d'un livre faisant peu cas d'un quelconque espoir, le film sublime le propos et concrétise les pires craintes que l'on pouvait y associer. Évidement un film à voir, pour ses images et son propos, pour sa puissance visuelle et mentale.
Lu – Soleil Vert – Harry Harrison (J’ai lu) Imaginaire

Lu – Soleil Vert – Harry Harrison (J’ai lu)

Traduit par Sébastien Guillot. Grand classique de l'anticipation, Soleil Vert dépeint un monde surpeuplé, dans lequel, dans un New York insalubre, l'accès à la nourriture et à l'eau devient le problème majeur des populations. Au milieu de ce chaos, une poignée de personnages tentent de survivre à la canicule, à une enquête policière qui s'embourbe, ou à la perte de leur train de vie... Publié en 1966, l'intrigue se situe en 1999. Ce qui est frappant, dans ce livre, c'est la sensation d'absolu désenchantement qui s'en dégage. La terre est surpeuplée, entraînant nombres d’inconvénients des plus anodins aux plus dramatiques, mais la plupart des personnages n'ont comme objectif que de gérer la journée en cours... plus aucune perspective d'avenir, de la survie pure... L'intrigue policière importe peu, elle ne sert que de liant entre les différents protagonistes. Ne vous attendez pas, en lisant ce roman, à une histoire structurée aux multiples enjeux car vous serez déçu. Soleil vert est un portrait glaçant, car encore trop ancré dans l'actualité, des dérives que peut entraîner la raréfaction des ressources pour une humanité toujours plus en expansion : émeutes, violence et répression, ingérence de l'état et indifférence des nantis qui peuvent se payer ce que le bas peuple ne peut avoir. Véritable tour de force, l'auteur arrive à maintenir l'intérêt de la lecture, alors même que tout espoir est rapidement balayé. C'est froid, cynique et cruel, et cela fait tellement échos aux préoccupations actuelles que ça coupe un peu le souffle. Soleil Vert est un excellent roman, porté par une plume acerbe et des propos toujours plus vivants. Je vous reparle bientôt de l'adaptation qu'en a fait Richard Fleischer en 1973 et qui dénote énormément du bouquin.
Vu – The Incident – Alexandre Courtès (2011) Lectures

Vu – The Incident – Alexandre Courtès (2011)

Horreur et Rock n' Roll... J'ai vu The Incident et ce fut une sacrée claque! Réalisé en anglais par le français Alexandre Courtès (grand réalisateur de clips, notamment en collaboration avec Martin Fougerol), The Incident est d'une beauté et d'une créativité visuelle inouïe. Réalisé avec précision, il regorge de plans audacieux et de vraies trouvailles scénaristiques. Violent, certaines scènes demandent de s'accrocher et l'ambiance générale est particulièrement glauque. De plus, le film étant un huis clos, il m'a particulièrement éprouvée, claustrophobe que je suis.... Les acteurs sont brillants, Rupert Evans en tête bien sûr, puisqu'il porte le film, mais également Darren Kent dont le physique hors norme est particulièrement bien exploité, et surtout Richard Brake, toujours aussi fascinant, et que je ne me lasse pas de redécouvrir (je l'avoue, c'est bien pour lui que j'ai regardé ce film!). L'histoire se passe dans un hôpital psychiatrique où, à la suite d'une panne électrique, les cuistots (qui sont également musiciens dans un groupe de rock) se retrouvent à la merci des internés, pris d'une frénésie sanglante.Sans être d'une originalité folle, le scénario tient parfaitement la route, nous garde sous tension et se permet même une fin des plus surprenante. Il est en plus accompagné d'une bande originale signée Christophe Chassol, particulièrement enveloppante, insistant sur le rythme, et d'une excellente chanson additionnelle signée The Go. Bref, ce fut une immense surprise et une claque monumentale que le visionnage de The Incident. Cela m'a permis de découvrir tout le talent d'Alexandre Courtès, qu'il me tarde de retrouver !
Lu – Hellraiser – Clive Barker (Bragelonne) Imaginaire

Lu – Hellraiser – Clive Barker (Bragelonne)

Pour une fois j'ai vu un film bien avant de lire le livre dont il a été tiré. Et plus d'une fois, même. Hellraiser (le premier surtout) fait partie de mes grands classiques. Et même s'il a maintenant le charme des années 80 (en VF, surtout!), il reste celui dont j'ai vu quelques images à l'époque de sa sortie lors de reportages sur le festival d'Avoriaz... j'avais moins de 10 ans et je n'ai pas oublié.Je voulais lire la novella de Clive Barker depuis longtemps, mais un premier essai de lecture de cet auteur m'ayant laissé un souvenir mitigé, je ne me suis pas précipitée sur ses autres ouvrages. Ceci dit, comment résister à la magnifique édition collector proposée par les éditions Bragelonne ?Barker ayant lui même adapté son œuvre, cela ne m'a pas étonné que le film soit à ce point fidèle au livre. A croire même que le livre a été pensé pour une adaptation cinématographique!J'ai énormément aimé cette lecture. Ce fut une drôle d'expérience, mais ce fut plaisant de pouvoir ré-imaginer les personnages (et tenter d'oublier le brushing de Julia...).J'aime beaucoup l'écriture de Barker, qui sait mettre en place en quelques lignes une ambiance malsaine et ambiguë à souhait. Le récit, rapide et rythmé, ne souffre d'aucun temps mort, et on enchaîne frénétiquement les pages. Reste que l'histoire est courte et n'ouvre aucune autre perspective que celles abordées dans le film. Ce fut assez frustrant... l'univers des cénobites étant si intéressant, j'aurais aimé plus de détails...Je me vengerai en lisant d'autres livres de Barker...
Vu – Stalker – Andreï Tarkovski (1979) Cinéma

Vu – Stalker – Andreï Tarkovski (1979)

Adaptation du roman des frères Strougatski, le Stalker de Tarkovski est un film d'une richesse visuelle inouïe. Très librement inspiré du livre, il n'en reprend qu'une partie et, autant vous le dire, il est plus rapide de lire la partie en question que de regarder le film. Stalker est long (2h40), lent, nihiliste. Mettant en scène peu de personnages (pendant 95% du film, ils ne sont que 3), presque aucun mouvement de caméra (sauf quand on s'attache aux visages), pas de musique, Stalker est une expérience fascinante. Que reste-t-il ? Des plans. Fixes. Ciselés comme des œuvres d'art, structurés comme des peintures dignes des impressionnistes, beaux. Magnifiques. Bouleversants. Hypnotiques et bluffants. Chaque image de ce film pourrait être encadrée. Véritable récit initiatique, fable philosophique, Stalker est un voyage. Jusqu'auboutiste, radical et introspectif, il met le spectateur dans la même position que celle des protagonistes : le dépassement de soi. Certainement difficile d'accès, j'ai regardé Stalker comme je lis parfois de la poésie : sans m'attarder sur le fond, je me suis délectée de la forme... Et comme la forme est au final au parfait service du fond, ce dernier a fini par me sauter aux yeux... j'essaie encore de m'en remettre.
Lu – Stalker – Arkadi et Boris Strougastski (Folio SF) Imaginaire

Lu – Stalker – Arkadi et Boris Strougastski (Folio SF)

Traduit par Svetlana Delmotte. Autant que je me souvienne, Stalker est ma première rencontre avec de la science fiction Russe. Grand classique écrit en 1972, Stalker est plus qu'un roman. C'est un univers. C'est une atmosphère. C'est une sacrée expérience. Il raconte l'histoire de Redrick Shouhart, un "stalker", qui récupère illégalement des objets de la "zone". Cette zone mystérieuse a apparemment été visitée par des extra-terrestres il y a longtemps, laissant derrière eux, dans cette vaste étendue, des reliefs de leur passage, comme des restes de repas (le titre alternatif du livre est d'ailleurs "Pique nique au bord du chemin"). La zone est donc soumise à d'étranges phénomènes au danger mortel et certains intrépides se sont fait spécialistes dans le pillage de cette technologie, à la barbe de l'armée. Si le mystère est de mise, on n'en saura pas beaucoup plus sur cette histoire, les auteurs ayant délaissé les explications pour un propos tout autre. Plutôt qu'un récit à enjeux, les frères Stougatski ont fait de cette histoire le portait d'une société. Stalker, c'est la désillusion poussée à l'extrême, c'est la désespérance la plus absolue, c'est une lecture particulièrement pesante. Le roman décrit un monde qui se délite, sous une perfusion bancale, dans lequel les personnages survivent tant bien que mal, mais s'abîment, et s'autodétruise. La zone a en effet une drôle d'influence autour d'elle et c'est toute une société qui s'en retrouve perturbée. A l'écriture à la fois crue et teintée d'une certaine poésie, minutieuse et inventive, Stalker est un roman d'ambiance particulièrement réussi. J'en suis ressortie vidée, moite et pas forcément très joyeuse, mais l'expérience en vaut la peine, et le livre me hante toujours, quelques semaines après sa lecture. Stalker a d'ailleurs fait l'objet d'une adaptation cinématographique par Andrei Tarkovsky en 1979, dont je vous reparle très bientôt.
Vu – Boustifaille (Court métrage) – Pierre Mazingarbe Vidéos

Vu – Boustifaille (Court métrage) – Pierre Mazingarbe

"Comédie cannibale" , Boustifaille est un court métrage décoiffant signé Pierre Mazingarbe. Traitant d'un thème choc (le cannibalisme), il met au final en scène des rapports familiaux. Une jeune femme cherche à s'émanciper d'un cocon familiale particulièrement envahissant pour l'amour d'un homme. Porté par le comique et l'absurde, avec en prime pas mal de violence, Boustifaille n'est cependant pas une farce. Fin dans son analyse sociale, il nous parle de situations bien réelles (remplacez par exemple le cannibalisme par la religion ou le racisme). Mettant en scène une poignée d'acteurs talentueux et attachants, Boustifaille est donc un court métrage à la fois drôle et intelligent, qui ravira les amateurs d'humour noir et de sang, tout en nous faisant réfléchir!