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Le monde a des racines carrées – Viviane Lalande (Les Editions de l’Homme) Lectures

Le monde a des racines carrées – Viviane Lalande (Les Editions de l’Homme)

Retour à la vulgarisation scientifique avec le livre de la vidéaste Viviane Lalande, alias Scilabus sur le net. Je n'ai jamais caché qu'elle est une de mes vidéastes préférées, si ce n'est ma préférée. Je reste cependant toujours sur la réserve quand je m'attaque à un livre de vidéaste, certains m'ayant plutôt déçue. Aucun problème de ce genre avec ce livre. Viviane Lalande y applique la recette qu'elle maîtrise et que je trouve parfaite : expliquer des concepts scientifiques parfois ardus en les rapprochant d'une situation de la vie quotidienne, puis élargir le propos en s'intéressant de plus près à la vie des labos et des chercheurs. Chaque chapitre de ce livre reprend cette trame, avec une première partie de vulgarisation pure, et une seconde plus approfondie et particulièrement passionnante. Le tout forme un ensemble éclectique, couvrant des notions de mathématique, physique ou chimie, toujours pertinentes, et toujours avec une réelle maîtrise du sujet, et une passion certaine pour la transmission. Car on sent à la lecture que Viviane Lalande est une vraie passionnée, et qu'elle a à cœur également, de partager et faire connaître le travail des scientifiques qu'elle évoque. Ce fut donc une lecture particulièrement plaisante. Même en maîtrisant une partie des notions évoquées, j'en suis ressortie plein de savoirs nouveaux, de nouveaux éclairages, de nouvelles applications...Je recommande particulièrement cette lecture, abordable et captivante, qui peut se lire d'une traite ou se picorer selon les envies.
Au bal des actifs, demain le travail – Collectif (La Volte) Lectures

Au bal des actifs, demain le travail – Collectif (La Volte)

Recueillant 12 nouvelles de grands noms de la SF française, Au bal des actifs est un ouvrage d'une très grande qualité. Ces grands auteurs nous livrent des récits d'anticipation sur le futur du travail, et dans lesquelles des thèmes récurrents émergent: aliénation, tromperie, oppression... On est vraiment dans de la SF qui questionne, qui remet en cause, qui interroge notre rapport au boulot, qui bouscule...Tantôt humoristiques, souvent glaçants, les récit semblent se répondre et on y décèle un grand travail d'anthologie. Avec des noms aussi prestigieux de Beauverger, Berrouka, Dufour ou Damasio, je ne pouvais qu'adorer, mais c'est une lecture plus qu'exigeante que celle de cet ouvrage, et nombre de réflexions en découlent. En effet, l'appel à texte des éditions La Volte a été lancé en plein mouvent "nuit debout", et on se rend compte, 2 ans après, à quel point les choses sont inquiétantes.... Je salue en outre la postface signée Sophie Hiet, qui apporte un éclairage particulièrement inspirant sur l'ensemble des textes. Je recommande donc fortement ce livre. Des anthologies de cette qualité, il en existe peu... Un excellent ouvrage si vous dormez trop bien et qu'un peu d'angoisse existentielle vous manque!
DoggyBags – Sangs d’encre -Tanguy Mandias (Ankama) Imaginaire

DoggyBags – Sangs d’encre -Tanguy Mandias (Ankama)

Très bel objet que ce recueil de nouvelles signé Tanguy Mandias chez Ankama. La couverture (de Shane Pierce) est soignée et les nouvelles sont richement illustrées (par une quinzaine d'illustrateurs différents). Si on retrouve bien l'esprit Doggybags dans la forme, le fond est plus nuancé. Les 21 nouvelles sont en effet inégales et si certaines versent dans l'horreur, d'autres sont beaucoup plus gentilles. Il faut donc aborder ce recueil avec l'esprit ouvert à la plume de Tanguy Mandias, qui vaut la peine qu'on s'y attarde, tant son style est riche. Il sait manier toutes les ambiances. J'ai frissonné bien sûr, mais j'ai également rêvé, et j'ai bien ri ! Tout ça forme un ensemble sacrément divertissant et complètement débridé. Selon moi, les meilleurs nouvelles sont à la fin. (h)exe(n), qui clôt le bouquin, est un bijou ! C'est donc au final plutôt une réussite; une production qui change un peu de ce qui se fait habituellement et qui a réussi à emporter mon adhésion au fil des pages.
L’affaire Olympia – Mickaël Launay (Le Pommier) Jeunesse

L’affaire Olympia – Mickaël Launay (Le Pommier)

Relever le défi d'un roman pour les jeunes traitant de mathématiques est un pari assez risqué. L'affaire Olympia est un livre sympathique, dans lequel on retrouve toute la malice de Mickaël Launay. Très agréable à lire pour le côté "mathématiques" , son histoire générale souffre selon moi d'un certaine faiblesse, étant trop alambiquée et avec des enjeux manquant d'amplitude.Mon grand fils s'est malheureusement lui aussi perdu dans une lecture plaisante dans la forme mais manquant d'intérêt dans le fond.Lecture en demi-teinte donc. De cet auteur, je conseil plutôt Le grand roman des maths, un de mes derniers coup de cœur en vulgarisation, et sa chaîne YouTube, bien sûr !
Le nexus du Docteur Erdmann – Nancy Kress (Le Belial) Imaginaire

Le nexus du Docteur Erdmann – Nancy Kress (Le Belial)

Traduit par Alise Ponsero et Erwann Perchoc. Conseillé par ma bibliothécaire, j'ai également choisi ce roman car il est écrit par une femme et qu'au final, je lis très peu d'auteure de science-fiction. Assez court, bien ancré dans le réel, le récit hésite entre fantastique et science fiction. On y suit les aventures de Henry Erdmann, ancien physicien de premier plan, à présent en maison de retraite et en proie a des phénomènes étranges qui se propagent rapidement aux autre pensionnaires.  Particulièrement cartésien, le voilà tiraillé entre sa rationalité et les expériences qu'il subit. La tendresse particulière que j'ai tout de suite éprouvé pour le personnage principal est un des principal atout de ce livre, mais j'ai également apprécié toute la réflexion qui y est fait sur la valeur de l'accumulation d'expérience et la conscience collective La concision du récit évite à l'auteur de partir dans un débordement trop mystique. Nancy Kress adapte son écriture et son vocabulaire aux différents protagonistes avec brio. Elle est aussi à l'aise dans les descriptions de la vie quotidienne que dans les passages de science dure. C'est finalement un livre assez atypique dans ses thèmes que j'ai bien apprécié.
Bolchoï Arena, T1 : Caelum Incognito – Boulet & Aseyn (Delcourt) BD

Bolchoï Arena, T1 : Caelum Incognito – Boulet & Aseyn (Delcourt)

Ceux qui me suivent le savent déjà: je suis une grande fan de Boulet, dont je suis le travail depuis un paquet d'année. J'ai donc tout de suite été intéressée quand il a commencé à parler de son projet de BD de science-fiction. Je connaissais peu par contre le travail d'Aseyn, à part quelques planches dans une BD Axolot. Si j'ai été frappée par la finesse de son dessin, j'avoue que son style est assez éloigné de mes goûts personnels. C'est donc pleine de curiosité et assez confiante que j'ai démarré cette lecture, piquée par l'avant goût distillé par Boulet des mois durant. Mes petites appréhensions ont été rapidement balayées, car j'ai été emportée par l'univers visuel de cet ouvrage dès les premières pages. Aseyn est vraiment le dessinateur rêvé pour ce faire. Il a une identité visuelle propre qui m'a rappelée celle du manga Akira (ceux qui me connaissent savent aussi que c'est à peu près ma seule référence en terme de dessin japonais...). Estomaquée par l'importance donnée aux détails visuels et scénaristiques, j'ai adoré suivre les aventures de Marje au milieu du Bolchoï, un monde de réalité virtuelle dont elle découvre les possibilités et les codes en même temps que le lecteur. J'ai également apprécié le choix de colorisation évitant les teintes trop vives, qui n’empêche absolument pas le rendu de l'action (et de l'action, il y en a!) et qui participe au caractère original du visuel. Une très belle lecture, donc, avec un univers qui, sans être d'une originalité folle, est avant tout mûrement réfléchi et parfaitement cohérent, et un scénario pêchu mettant en scènes des héroïnes fortes et appelant la suite avec un enthousiasme confirmé !
Taxi Driver – Richard Elman (Editions Inculte) Lectures

Taxi Driver – Richard Elman (Editions Inculte)

Traduit par Claro. Ecrit en parallèle du scénario de Paul Schrader, ce roman se présente sous la forme du journal de bord de  Travis Bickle. Au gré de nuits sans sommeil et de pérégrinations dans les rues de New-York, le lecteur entre dans la tête de cet anti-héros, et plonge dans son cynisme, ses désillusions, sa folie. L'écriture est claire et direct, sans fioritures, hypnotique. Les personnages sont peu nombreux, mais on compte surtout parmi eux la ville de New York, qui n'est pas montrée sous son meilleur jour : sale, sauvage et violente. Nous dérivons avec Travis, suivant son monologue intérieur, témoins impuissants de son errance et de la montée en intensité de la frustration qui le conduira à chercher un hypothétique destin par la violence. C'est rapide, violent et juste.Mention spéciale à l'art work de la couverture signé Yann Legendre dont vous pouvez retrouver le travail sur son site.
André le Géant – Box Brown (La Pastèque) BD

André le Géant – Box Brown (La Pastèque)

Traduit par Sophie Chisogne.   Pour moi André le Géant est avant tout une silhouette, imposante, au coin d'un écran de télévision. C'est surtout celle de Wreslemania III, de ce match hallucinant contre Hulk Hogan. Il y a quelques années il s'est concrétisé à travers les souvenirs bien réels racontés avec passion par un vieux briscard du catch "de l'époque": de l’Élysée Montmartre, du Cirque d'Hiver, quand sévissaient l'Ange blanc, le Petit Prince et consort. Aujourd'hui, c'est donc par le truchement de la bande dessinée de Box Brown que je me plonge de nouveau dans la vie de cet homme hors norme. Cette BD, c'est toute l'histoire du catch des années 70 et 80, dans ce qu'il a de plus beau et de plus dur. Cette BD, c'est surtout l'histoire d'un homme qui apprend à 24 ans qu'il est condamné. Que son corps, qui est son principal gagne pain, finira par le trahir. Que ses dimensions gigantesques sont aussi celles qui causeront sa perte. Le destin d'André le Géant est à la fois exceptionnel et tragique, et c'est cette dualité qui donne tout son sel à cette BD. Encore une fois, le travail de recherche de Box Brown est excellent. Des aspects les plus connus de la vie du "Géant Ferré" aux anecdotes les plus cocasses, l'auteur brosse un portrait profond et tendre du colosse. On ressent toute la passion qu'il a pour le catch, tout en prenant le recul nécessaire sur l'exagération de certains aspects de cette biographie grâce aux notes à la fin de l'ouvrage. Cette BD est donc un très bel hommage au sportif. Je l'ai dévorée, et les autres membres de la famille (de 8 à 40 ans) l'on fait après moi. Nous avons tous adoré nous plonger dans cette histoire. Le catch étant le sport de tous les excès, il est logique qu'André le Géant y ait trouvé une place prépondérante. Les hommages qu'on continue à lui rendre 25 ans après sa mort ( La Bataille royale en mémoire d'André the Giant bat son plein chaque année à Wrestlmania) démontrent la gigantesque empreinte qu'il y a laissé.
Le livre des crânes – Robert Silverberg (Le livre de Poche) Imaginaire

Le livre des crânes – Robert Silverberg (Le livre de Poche)

Traduit par Guy Abadia. Je retrouve Robert Silverberg avec grand plaisir après L'oreille interne, qui m'a déjà beaucoup marquée. En nous narrant le road trip hypnotique de ces 4 héros cyniques, Silverberg signe un roman initiatique magistral. Poétique, choquant, le récit donne tour à tour la parole à chacun des jeunes personnages, et plonge dans leur intellect encore en construction. Il s'évertue à mettre à nu leurs failles, leurs doutes, leurs secrets les plus enfouis. Mettant en opposition 4 parcours totalement différents, le récit questionne le rapport aux pères, à la foi, à la postérité. Cet étonnant voyage dans la psyché est servi par une plume affûtée, au style soutenu. Quand à l'aspect fantastique, il n'est là que pour servir de but, mais cela importe peu. Comme souvent, ce n'est pas la destination qui importe mais le voyage. Ce deuxième rendez-vous avec Robert Silverberg vient confirmer la très grande admiration que j'ai pour cet auteur.
Moi, parasite – Pierre Kerner (Belin) Lectures

Moi, parasite – Pierre Kerner (Belin)

Illustré par Alain Prunier et Adrien Demilly. Pierre Kerner, créateur de l'excellent blog Strange Stuff and Funky Things, et, avant tout, maître de conférence en génétique évolutive du développement à l'université Paris Diderot, met tout son savoir et son humour au service de ce sujet passionnant: le parasitisme. C'est en effet un monde étrange, déroutant et fascinant que celui de ces organismes qui ont fait le choix évolutif de vivre de l'exploitation d'autres être vivants. Ce livre, écrit du point de vue du parasite en question, nous permet d'en savoir plus, et surtout, de dégommer un certain nombre d'a-priori sur le sujet. Il est temps de réhabiliter le parasitisme! Cocasse et extrêmement bien écrit, ce livre est un plaisir à lire, car il vulgarise sans simplifier, et on sent que l'auteur cherche (et réussi) à nous transmettre une vraie passion. Parfaitement structuré, il permet un tour d'horizon des différents types de parasitisme, et de leurs conséquences sur la vie, l'évolution et le reste. Les illustrations (en couleur, ce qui est appréciable) contribuent à alléger le propos, et le livre propose pour finir un glossaire parfois bienvenu et une solide bibliographie, pour qui veut approfondir le sujet. Une réussite, donc, un livre que j'ai adoré découvrir, et un auteur à suivre (sur son blog, sa chaîne Youtube et autres réseaux sociaux également!).