fantastique

Lu – I am Vampire – Romain Ternaux (Aux Forges de Vulcain) Imaginaire

Lu – I am Vampire – Romain Ternaux (Aux Forges de Vulcain)

Ce livre a subitement sauté dans mes mains, un jour où je flânais dans ma librairie préférée, essentiellement grâce au pouvoir de sa couverture signée par l'illustrateur Helkarava. J'ai découvert le reste de son travail à cette occasion et je t'encourage à aller le découvrir également, tu ne seras pas déçu : http://helkarava.com Bon, ceci étant fait, il me restait à découvrir la prose de Romain Ternaux que je ne connaissais pas non plus. Quelle belle surprise ! L'univers de Romain Ternaux est barré et baroque, trash et drôle, inventif et délirant.Il nous introduit dans la vie de Bertrand, un artiste-peintre en manque de succès, particulièrement odieux, qui se trouve entraîné plus ou moins malgré lui dans une orgie sanglante... Roman au rythme atypique, I am Vampire pourrait paraître pour une immense blague si son auteur ne maîtrisait pas totalement les codes qu'il s'amuse à détourner, en faisant une farce flamboyante. J'ai pris énormément de plaisir à lire ce court roman et pense bien me pencher sur le reste de la bibliographie de cet auteur.…
Lu – La métamorphose – Franz Kafka (Folio) Imaginaire

Lu – La métamorphose – Franz Kafka (Folio)

Traduit par Alexandre Vialatte. Il est des livres dont la lecture marque durablement. C'est le cas de ce livre pour moi. J'ai lu La métamorphose à la fin de mon adolescence, alors que j'attendais l'heure de partir en soirée. Cette nouvelle a été une claque monumentale qui m'a complètement fait sortir de la soirée en question. Je n'ai lu les autres nouvelles de ce recueil que quelques mois après, ainsi que d'autres ouvrages de l'auteur. Retombée dessus lors d'un séjour en famille, j'ai décidé de le relire pour pouvoir t'en parler. Le style de Kafka est pour moi assez unique. Lire une nouvelle de cet auteur, c'est entrer dans un monde à la fois étrange et absurde, mais également oppressant jusqu'au malaise. C'est une lecture extrêmement viscérale, et il me faut toujours un moment pour m'en extraire une fois l'histoire terminée. Ses nouvelles décrivent souvent une société très impersonnelle et soumise à une bureaucratie aveugle, dans laquelle aucun espoir n'est permis. Il part de situations parfois sans aucun sens, et ne fourni aucune explication quant à l'étrangeté des choses (par exemple, on ne saura jamais pourquoi le Gregor de La Métamorphose se retrouve soudain changé en cancrelat...). C'est vraiment une expérience particulière de lire du Kafka, et je ne te dis pas que c'est toujours très agréable, mais c'est aussi totalement fascinant, et je n'ai pas réussi, pour ma part, à lâcher ce recueil avant d'en avoir tourné la dernière page.…
Lu – Celle qui n’avait pas peur de Cthulhu – Karim Berrouka (J’ai lu) Imaginaire

Lu – Celle qui n’avait pas peur de Cthulhu – Karim Berrouka (J’ai lu)

Karim Berrouka fait parti de ces auteurs que j'adore retrouver. Après avoir exploré le monde des fées et celui des zombies, il s'attaque dans cet opus aux Grands Anciens, aux Dieux Extérieurs, bref, à Cthulhu et toute sa clique, pour notre plus grande jubilation. Lovecraft... voilà une écrivain qui fait parler de lui depuis des années, que ce soit pour son oeuvre ou pour son racisme... Le mythe de Cthulhu a en plus atteint le statut de culte, et nombre de ses adeptes manquent parfois de recul. A ceci, Berrouka répond de la plus belle des façon : en évitant de le respecter. Dans ce roman, il fait de son personnage principal, Ingrid, une héroïne bien malgré elle. Propulsée sans pouvoir donner son avis "centre du pentacle", la voilà victime des rivalités de cinq pseudo-sectes qui voient en elle la solution à rien de moins que la fin du monde, et le retour des Grands Anciens... Une fois le mythe dépoussiéré et privé de son aura légendaire, l'auteur s'amuse a dépeindre des bandes de sectateurs tous plus cinglés les uns que les autres, décochant un énorme coup de pied en passant à toute forme de fanatisme. Au milieu du bordel ambiant, Ingrid ressemble aux héros chers à Berrouka : d'une normalité confondante et légèrement j'm'en foutiste... C'est toujours avec beaucoup d'humour que Karim Berrouka décharge sa plume acerbe, et, bien plus subtilement qu'on pourrait le penser, qu'il critique une société qui croule sous la bien-pensance et une pâle résignation. Adorateur du mythe de Cthulhu, si tu veux lire ce livre, prépare d'avance un peu d'autodérision, mais tu te rendras aussi compte que, pour avoir écrit un roman à ce point référencé, Karim Berrouka doit certainement en être un peu adepte...…
Lu – 24 vues du mont Fuji par Hokusai – Roger Zelazny (Le Belial) Imaginaire

Lu – 24 vues du mont Fuji par Hokusai – Roger Zelazny (Le Belial)

Traduit par Laurent Queyssi. Je trouve le format novella vraiment intéressant. Roman court ou longue nouvelle, il entraîne souvent le lecteur dans un récit à peu de personnages, centré sur une histoire précise, laissant suffisamment de temps pour développer ses propos sans s'appesantir.Il n'est pas facile pour un auteur de trouver un bon rythme, de clore une histoire sans frustrer. Dans 24 vues du mont Fuji par Hokusai, Zelazny réussi parfaitement l'exercice. Hokusai pour moi, comme pour beaucoup je pense, c'est avant tout cette estampe, cette vague immense et menaçante, bleue de Prusse, semblant engloutir un mont Fuji minimisé, avec une puissante force évocatrice.Je me suis intéressée il y a quelques temps à l'oeuvre d'Hokusai, découvrant sa série d'estampes 36 vues du mont Fuji dans ce qu'elle a de révolutionnaire pour l'époque. Partant de cette série de vues, Zelazny nous déroule le voyage de Mari sur les traces de l'artiste. On sait très peu de choses sur cette héroïne, mis à part le fait qu'elle porte le récent deuil de son mari. Véritable parcours initiatique, extrêmement contemplatif et poétique, j'ai trouvé que ce récit contrastait par sa douceur avec le reste de l'oeuvre de Roger Zelazny. Je n'ai malheureusement pas trouvé de précisions sur le contexte dans lequel il a été écrit, j'aurais aimé savoir ce que l'auteur traversait à ce moment là. Assez cryptique, tout du moins au début, 24 vues du mont Fuji par Hokusai m'a surpris par sa mélancolie et l'atmosphère assez résignée qui s'en dégage. Avançant à tâtons, à un rythme assez lent pour ce genre littéraire, j'ai parfois eu le sentiment que les impressions et pensées de l'héroïne étaient plus importantes que l'histoire. J'ai fini par y retrouver des thèmes chers à l'auteur,comme l'immortalité ou la quête de pouvoir, mais sous un angle complètement différent de celui auquel j'étais habituée. Je conseille donc vraiment la lecture de ce court roman de Roger Zelazny, c'est une expérience bien différente de ses autres livres, enveloppante et dépaysante, qui consolide en outre tout le bien que je pense de cette collection des éditions Le Bélial, 1 heure lumière.…
Lu – Des fleurs pour Algernon – Daniel Keyes (J'ai lu) Imaginaire

Lu – Des fleurs pour Algernon – Daniel Keyes (J'ai lu)

Traduit par Georges H. Gallet. Très bonne année !Pour bien la commencer, je vais te parler d'un roman, sans doute considéré comme un classique, mais que je n'avais jamais lu. J'en ai refermé la dernière page il y a quelques semaines déjà, mais il m'a fallu un peu de temps pour m'en remettre, et mettre de l'ordre dans mes idées. On m'avait en effet prévenu, et je remercie toutes les personnes qui me l'ont dit. Vous aviez toutes et tous raison, ce livre est magistral et bouleversant. Au delà de l'histoire profondément humaine de Charlie Gordon, ce livre pose tout un tas de réflexions sur l'éthique, la différence, l'acceptation de soi... Est-il éthique, au nom de la recherche, de considérer un homme comme un cobaye ?Est-il si évident de décider pour lui qu'une modification profonde de son psychisme lui sera forcément profitable ?Est-il éthique de vouloir à tout prix faire en sorte de gommer les différences innées des gens hors des normes ? Et si on en a la possibilité, en a-t-on vraiment le droit ?Qu'est-ce que l'intelligence ? Comment la mesurer ? Rend-elle heureux ?Qu'est-ce qui fait au final, la valeur d'une personne ? Toutes ces réflexions, et bien plus encore, jaillissent à la lecture de ce livre. Je pense qu'une bonne partie de sa puissance émotionnelle est dû à son style d'écriture. En adoptant une forme épistolaire (le roman est en effet constitué des comptes-rendus successifs de Charlie Gordon sur sa situation), Daniel Keyes réussi le pari d'un récit intimiste, qui nous oblige quasiment à entrer en empathie avec le personnage principal. Aucune porte de sortie n'est présentée, on lit, vit et ressent avec lui dans une fusion totale entre le personnage et le lecteur. C'est ce qui fait de la lecture de ce livre une expérience aussi bouleversante. Des fleurs pour Algernon représente tout ce que j'aime dans la science-fiction : quand elle sert à parler de l'humain. Car au delà des aspects fantastiques du récit, c'est avant tout une aventure humaine, celle d'une vie qui s'éveille, s'épanouie et s'étiole. Dans ce cercle parfait, je me suis recentrée sur mon humanité, et ma fugacité... Un livre qui fait autant réfléchir fait forcément partie des grands.…
Lu – Substance – Claro (Actes Sud) Imaginaire

Lu – Substance – Claro (Actes Sud)

Lire du Claro, c'est toujours une expérience. Souvent enrichissante, toujours déroutante.Dans ce roman, Benoit est un orphelin du troisième type, élevé par une Tante aux multiples qualificatifs, elle même épaulée par 3 copines obscures. Fasciné par la mort, il y découvre une drôle de substance, l'ectoplasme qui lui déclenche de drôles de visions. Il se liera avec Marguerite, habituée des abductions.Ce résumé te parait bizarre ? Le livre l'est tout autant ! Au delà de cette histoire, que raconte-t-il donc ? Au final pas grand chose, mais ce n'est pas là l'important.Métaphorique par essence, tout l’intérêt de ce roman réside dans les envolées lyriques de l'auteur. Ses circonvolutions, ses digressions, son immense inventivité linguistique. Ce roman s'écoute autant qu'il se lit.Gothique de nature, Substance est un roman à l'atmosphère unique, sans doute pas accessible à tout le monde. J'ai d'ailleurs moi-même abandonné une première fois ma lecture, qui ne tombait pas du tout au bon moment dans ma vie. Après 2-3 semaines de pause, je m'y suis replongée pour ne plus le lâcher. Abandonnant l'idée d'en comprendre chacune des phrases, me laissant porter par la mélodie si particulière de l'écriture de Claro, son humour et le baroque du récit, pour en ressortir saoulée de mots et d'images.…
Vu – Stalker – Andreï Tarkovski (1979) Cinéma

Vu – Stalker – Andreï Tarkovski (1979)

Adaptation du roman des frères Strougatski, le Stalker de Tarkovski est un film d'une richesse visuelle inouïe. Très librement inspiré du livre, il n'en reprend qu'une partie et, autant vous le dire, il est plus rapide de lire la partie en question que de regarder le film. Stalker est long (2h40), lent, nihiliste. Mettant en scène peu de personnages (pendant 95% du film, ils ne sont que 3), presque aucun mouvement de caméra (sauf quand on s'attache aux visages), pas de musique, Stalker est une expérience fascinante. Que reste-t-il ? Des plans. Fixes. Ciselés comme des œuvres d'art, structurés comme des peintures dignes des impressionnistes, beaux. Magnifiques. Bouleversants. Hypnotiques et bluffants. Chaque image de ce film pourrait être encadrée. Véritable récit initiatique, fable philosophique, Stalker est un voyage. Jusqu'auboutiste, radical et introspectif, il met le spectateur dans la même position que celle des protagonistes : le dépassement de soi. Certainement difficile d'accès, j'ai regardé Stalker comme je lis parfois de la poésie : sans m'attarder sur le fond, je me suis délectée de la forme... Et comme la forme est au final au parfait service du fond, ce dernier a fini par me sauter aux yeux... j'essaie encore de m'en remettre.…
Lu – Mondocane – Jacques Barbéri (La Volte) Lectures

Lu – Mondocane – Jacques Barbéri (La Volte)

Mondocane, pour moi, c'est avant tout le film éponyme (quoique en deux mots), le "shockumentaire" de Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi et les ersatz qui ont suivi dans la mouvance du courant d'exploitation "Mondo". Je me rappelle d'ailleurs d'un "Face à la mort" (le 2, le 3?) particulièrement crasseux, maté au milieu d'une bande d'ados décérébrés afin de satisfaire un goût du voyeurisme malsain et d'une transgression au final bien sage, on n'est pas sérieux quand on a 17 ans ! Comment présenter Mondocane ? Il s'agit manifestement d'un ensemble de nouvelles dont le contenu a été enrichi pour cette édition. Mondocane... "Monde chien", putain de monde... Je m'attendais à un post-apo classique, peut-être un peu trashouille... Rien ne me préparait au monde déchiré décrit par Barbéri... Véritable sculpteur de cauchemar, il nous présente un univers ravagé, grossier, halluciné, peuplé de créatures mutantes, véritable précis de tératologie. Au milieu de ce monde vicié, son héros, Jack doit apprendre à survivre tout en faisant le deuil de son ancienne vie. Des nouvelles règles de subsistance, des nouvelles valeurs à intégrer, mais aussi quelques nouveaux amis pour le guider... Véritable coup de poing, cette lecture m'a fortement marquée. Par la puissance évocatrice de l'écriture de Barbéri, par son univers torturé, par la fascination malsaine des corps mutilés, mutés, enchevêtrés, fusionnés.... Un body horror poussé à l'extrême, dont la seule limite est l'imagination du lecteur... Une lecture telle que j'en attendais une, sans le savoir, que j'ai dévorée avec appétit et que je n'oublierais pas de sitôt...…
Le nexus du Docteur Erdmann – Nancy Kress (Le Belial) Imaginaire

Le nexus du Docteur Erdmann – Nancy Kress (Le Belial)

Traduit par Alise Ponsero et Erwann Perchoc. Conseillé par ma bibliothécaire, j'ai également choisi ce roman car il est écrit par une femme et qu'au final, je lis très peu d'auteure de science-fiction. Assez court, bien ancré dans le réel, le récit hésite entre fantastique et science fiction. On y suit les aventures de Henry Erdmann, ancien physicien de premier plan, à présent en maison de retraite et en proie a des phénomènes étranges qui se propagent rapidement aux autre pensionnaires.  Particulièrement cartésien, le voilà tiraillé entre sa rationalité et les expériences qu'il subit. La tendresse particulière que j'ai tout de suite éprouvé pour le personnage principal est un des principal atout de ce livre, mais j'ai également apprécié toute la réflexion qui y est fait sur la valeur de l'accumulation d'expérience et la conscience collective La concision du récit évite à l'auteur de partir dans un débordement trop mystique. Nancy Kress adapte son écriture et son vocabulaire aux différents protagonistes avec brio. Elle est aussi à l'aise dans les descriptions de la vie quotidienne que dans les passages de science dure. C'est finalement un livre assez atypique dans ses thèmes que j'ai bien apprécié.…
Le livre des crânes – Robert Silverberg (Le livre de Poche) Imaginaire

Le livre des crânes – Robert Silverberg (Le livre de Poche)

Traduit par Guy Abadia. Je retrouve Robert Silverberg avec grand plaisir après L'oreille interne, qui m'a déjà beaucoup marquée. En nous narrant le road trip hypnotique de ces 4 héros cyniques, Silverberg signe un roman initiatique magistral. Poétique, choquant, le récit donne tour à tour la parole à chacun des jeunes personnages, et plonge dans leur intellect encore en construction. Il s'évertue à mettre à nu leurs failles, leurs doutes, leurs secrets les plus enfouis. Mettant en opposition 4 parcours totalement différents, le récit questionne le rapport aux pères, à la foi, à la postérité. Cet étonnant voyage dans la psyché est servi par une plume affûtée, au style soutenu. Quand à l'aspect fantastique, il n'est là que pour servir de but, mais cela importe peu. Comme souvent, ce n'est pas la destination qui importe mais le voyage. Ce deuxième rendez-vous avec Robert Silverberg vient confirmer la très grande admiration que j'ai pour cet auteur.…