Lu – Stalker – Arkadi et Boris Strougastski (Folio SF)

Traduit par Svetlana Delmotte.

Autant que je me souvienne, Stalker est ma première rencontre avec de la science fiction Russe.

Grand classique écrit en 1972, Stalker est plus qu’un roman. C’est un univers. C’est une atmosphère. C’est une sacrée expérience.

Il raconte l’histoire de Redrick Shouhart, un “stalker”, qui récupère illégalement des objets de la “zone”. Cette zone mystérieuse a apparemment été visitée par des extra-terrestres il y a longtemps, laissant derrière eux, dans cette vaste étendue, des reliefs de leur passage, comme des restes de repas (le titre alternatif du livre est d’ailleurs “Pique nique au bord du chemin”). La zone est donc soumise à d’étranges phénomènes au danger mortel et certains intrépides se sont fait spécialistes dans le pillage de cette technologie, à la barbe de l’armée.

Si le mystère est de mise, on n’en saura pas beaucoup plus sur cette histoire, les auteurs ayant délaissé les explications pour un propos tout autre.

Plutôt qu’un récit à enjeux, les frères Stougatski ont fait de cette histoire le portait d’une société. Stalker, c’est la désillusion poussée à l’extrême, c’est la désespérance la plus absolue, c’est une lecture particulièrement pesante. Le roman décrit un monde qui se délite, sous une perfusion bancale, dans lequel les personnages survivent tant bien que mal, mais s’abîment, et s’autodétruise. La zone a en effet une drôle d’influence autour d’elle et c’est toute une société qui s’en retrouve perturbée.

A l’écriture à la fois crue et teintée d’une certaine poésie, minutieuse et inventive, Stalker est un roman d’ambiance particulièrement réussi. J’en suis ressortie vidée, moite et pas forcément très joyeuse, mais l’expérience en vaut la peine, et le livre me hante toujours, quelques semaines après sa lecture.

Stalker a d’ailleurs fait l’objet d’une adaptation cinématographique par Andrei Tarkovsky en 1979, dont je vous reparle très bientôt.

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One Comment

  • Cette chronique, une nouvelle fois argumentée, me fait penser, bien que sur des thèmes vraisemblablement peu voisins, à trois autres romans:
    _Kid Jesus de Pierre Pelot dans lequel des “fouilleurs” creusent le sol d’une Terre post-atomique à la recherche de tout ce qui pourrait tracer un passé enfui des mémoires.
    __”rendez-vous avec Rama d’Arthur” C. Clarke qui décrit un artéfact E.T. céleste abandonné qui regorge d’objets aux principes et fonctionnements incompréhensibles
    _Ubik de P.K.Dick autour du thème de “tout-se-délite-autour-de-moi”. Attention chef d’oeuvre.

    Toujours est t’il que je n’ai jamais lu Stalker et que cela ne devrait pas tarder.

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