humour

Lu – The Boys – Garth Ennis et Darick Robertson (Panini comics) BD

Lu – The Boys – Garth Ennis et Darick Robertson (Panini comics)

Traduit par Alex Nikolavitch. Je ne connaissais pas ce comics avant de le voir en tête de gondole de ma librairie préférée, mis en avant grâce à l'adaptation en série qui vient d'en être faite par Prime Vidéo.Je ne compte pas regarder la série. D'abord car je regarde très peu de séries, et ensuite parce qu'il gèlera en enfer bien avant que j'ai quoi que ce soit à voir avec Amazon... Cependant, le nom seul de Garth Ennis m'a fait me précipiter sur les bouquins comme un membre du gouvernement sur un mandat non déclaré... Si tu me suis depuis un petit moment, tu sais à quel point j'adore une autre série de cet auteur, le formidable Preacher. C'est donc toute frétillante que j'ai entamé ma lecture. L'intrigue se situe dans un univers parallèle au notre, dans lequel les super héros (super-slips...), loin de l'image d'épinal qu'on pourrait leur prêter, ne sont que les outils marketing d'une grande entreprise qui les a créés à coup de sérum. La plupart étant corrompus, profitant de leur statut pour être criminels, une équipe est montée par la CIA pour les encadrer, voir les neutraliser : Les Boys (Les P'tits Gars...), menés par le plus charismatique des salopards: Billy Butcher. On comprend mieux en découvrant l'univers de cette série de bouquins pourquoi Wildstorm (filiale de DC Comics), qui l'éditait au commencement, l'a annulée au bout de 6 épisodes (la série sera par la suite reprise par Dynamite Entertainement)... Car en effet The Boys est à réserver à un public averti (d'ailleurs, c'est marqué sur la couverture). Cynique et très violent, irrespectueux et cru, The Boys est décoiffant, mais aussi absolument hilarant! Construisant une immense satyre du monde des super-héros, Ennis a développé des personnages complexes, particulièrement ambiguës, Butcher en tête, que j'ai aimé détester tout au long de ma lecture. Le trait de Darick Robertson manque parfois un peu de précision et c'est dommage, mais il a donné au personnage de P'tit Hughie les traits de Simon Pegg, et du coup, je lui pardonne tout. Mention spéciale à la traduction signée Alex Nikolavitch, qui, je pense, contribue grandement à faire la qualité de ces ouvrages en version française. Le langage employé étant particulièrement cru, imagé et drôle, je n'imagine même pas le travail que cela a dû être de traduire les blagues et autres traits d'esprits des personnages ! Ma découverte de The Boys ayant été l'occasion d'échanger quelques mots avec lui sur son travail, j'ai pu comprendre en quoi la traduction de comics avait ses particularités. Il s'agit en effet de traduire des bulles, donc un langage oral. Toute la subtilité étant donc de pouvoir donner à chaque personnage sa propre voix, tout en intégrant les contraintes liées à la traduction. Je trouve vraiment que pour The Boys, Alex Nikolavitch le fait divinement bien. Les personnages ayant tous une personnalité marquée, leurs interventions ont en plus leurs propres singularités, les rendant immédiatement reconnaissables. Tout cela cumulé fait de The Boys l'une de mes lectures les plus plaisante de ces dernières semaines et je te conseille, si tu n'as pas froid aux yeux, de te lancer à ton tour. Tu vas parfois être dégoûté, mais tu vas également beaucoup rire et te sentir vraiment libéré!…
Lu – Il faut flinguer Ramirez, Acte 1 – Nicolas Petrimaux (Glénat) BD

Lu – Il faut flinguer Ramirez, Acte 1 – Nicolas Petrimaux (Glénat)

Il faut flinguer Ramirez a été conçu, réalisé, mis en scène et dessiné par Nicolas Petrimaux et cela fait toute la particularité de cet album. En effet, les casquettes de l'auteur sont multiples: animation, jeux vidéos, livre d'art... c'est un illustrateur/concept designer (selon le site officiel de la BD) ayant eu de multiples expériences. C'est, je pense, de par ce fait que, seul au commande de ce projet, il nous livre un album packagé, à mi-chemin de la bande dessinée, du comics et de l'animation. En effet, il y a dans ces planches une mise en scène prégnante, qui les propulse bien au delà de la bande-dessinée classique.  Ce livre est un objet léché, taillé au cordeau, maîtrisé de bout en bout avec maestria. Et au niveau de l'intrigue, me direz vous ?  Si je l'ai laissée pour la fin, c'est parce que de mon point de vue, c'est là que le bas blesse un peu. Biberonné par les années 80, Petrimaux nous balance une énième intrigue à la Tarantino et consort. Si elle n'est pas dénuée d'un humour qui parfois fait mouche, et de vrais envolées décoiffantes, si j'y ai retrouvé nombre de références sympathiques qui me font dire que j'ai tout de même un sacré socle culturel commun avec l'auteur, il m'a tout de même manqué ce petit "plus" que j'ai attendu pendant toute ma lecture et qui fait qu'elle ne restera "que" sympathique, quand je la trouvais tellement prometteuse... Pour résumer, j'ai adoré et en loue la forme. Petrimaux sort des carcans et nous propose un objet original, qui dénote des productions habituelles, et qui serait tout à fait propice à un crossmédia d'enfer. Pour le fond, malheureusement, je reste sur ma faim, serais-je devenue un peu trop exigeante ? Peut-être, car je conseil tout de même vivement cet album !…
Vu – Boustifaille (Court métrage) – Pierre Mazingarbe Vidéos

Vu – Boustifaille (Court métrage) – Pierre Mazingarbe

"Comédie cannibale" , Boustifaille est un court métrage décoiffant signé Pierre Mazingarbe. Traitant d'un thème choc (le cannibalisme), il met au final en scène des rapports familiaux. Une jeune femme cherche à s'émanciper d'un cocon familiale particulièrement envahissant pour l'amour d'un homme. Porté par le comique et l'absurde, avec en prime pas mal de violence, Boustifaille n'est cependant pas une farce. Fin dans son analyse sociale, il nous parle de situations bien réelles (remplacez par exemple le cannibalisme par la religion ou le racisme). Mettant en scène une poignée d'acteurs talentueux et attachants, Boustifaille est donc un court métrage à la fois drôle et intelligent, qui ravira les amateurs d'humour noir et de sang, tout en nous faisant réfléchir!…
La quiche fatale, une enquête d’Agatha Raisin – M.C. Beaton (Albin Michel) Lectures

La quiche fatale, une enquête d’Agatha Raisin – M.C. Beaton (Albin Michel)

Livre traduit par Esther Ménévis. Un livre sympathique et léger. Agatha Raisin est une héroïne assez hors norme à qui il arrive des péripéties drolatiques sur fond de campagne anglaise. L'ambiance est bucolique, les personnages truculents, et l'héroïne, bien que doté d'un fichu caractère, a gagné toute ma sympathie. On est entre l'hommage et la caricature des romans d'Agatha Christie Personnellement, Agatha Raisin m'a furieusement fait  penser au personnage d'Imogène McCarthery de Charles Exbrayat dont je me délectais adolescente! C'est une lecture typiquement britannique, qui fait sourire et passe le temps agréablement. Parfait pour les beaux jours!…
Le grand n’importe quoi – J.M. Erre (Buchet Chastel) Imaginaire

Le grand n’importe quoi – J.M. Erre (Buchet Chastel)

Le hasard des réservations à la bibliothèque a voulu que je lise deux livres de J.M. Erre en peu de temps.  Dans celui-ci on retrouve toute la fantaisie de l'auteur, qui a décidé de pousser l'absurde à l’extrême limite. C'est complètement fou, idiot et irrationnel. Mais pour une fois, il a réussi à me perdre complètement! Même si cela ne m'a pas empêché de rire à certaines idées, franchement grandioses, la globalité de l'ouvrage m’apparaît assez anecdotique, et beaucoup moins savoureuse que Série Z, ou le formidable Le mystère Sherlock, qui reste celui de ses romans que je préfère. Un roman plaisant, mais que je vais certainement oublier rapidement. …
Bartiméus : L’anneau de Salomon – Jonathan Stroud (Albin Michel Wiz) Imaginaire

Bartiméus : L’anneau de Salomon – Jonathan Stroud (Albin Michel Wiz)

Traduit de l'anglais par Hélène Collon. L'anneau de Salomon est le premier livre que j'ai lu de Jonathan Stroud, auteur qui m'a été chaudement recommandé par Kylie Ravera. Ce livre est un antépisode de la trilogie de Bartiméus, paru plusieurs années après les 3 premiers tomes. Ce fut un livre assez plaisant à lire. Sa qualité majeure étant son personnage principal : le truculent Bartimeus. Il apporte toute sa saveur à ce récit plein d'action et d'humour. L'autre personnage principal, la jeune Asmira, est également une réussite, car beaucoup plus subtile qu'on pourrait le penser de prime abord. J'ai aimé également le contexte historique de ce roman, qui prend part au milieu du mythe de Salomon, et de son sceau magique. Une bonne dose d'exotisme qui m'a bien dépaysée. C'est un récit bien rythmé, qui brasse des thèmes intéressants, comme l'esclavagisme ou le libre arbitre. Pour être honnête, ce livre, s'il fut agréable, reste  anecdotique, mais il m'a tout de même donné envie de découvrir la trilogie de Bartiméus.…
Agent double – Daniel O’Malley (Super 8) Imaginaire

Agent double – Daniel O’Malley (Super 8)

Roman traduit de l'anglais par Valérie Le Plouhinec. Ce livre est la suite du roman The Rook, du même auteur. Vous pouvez lire mon avis sur ce premier roman sur Babelio. La suite des aventures de la Checquy prend un parti assez radical et très intéressant. Myfanwy Thomas, l'héroïne amnésique du premier livre, n'est pas le personnage principal de cette histoire. Elle est présente, bien sûr, et a un rôle important à jouer, mais d'autres personnages sont chargés de faire avancer l'intrigue. Et quels personnages!!! Si j'ai déjà salué dans The Rook la capacité de l'auteur à nous offrir un univers foisonnant, dans Agent Double, il libère toute son énergie créative!!! Car entre les pouvoirs surnaturels des membres de la Checquy et les manipulations génétiques des Greffeurs, il s'en est donné à coeur joie! Le livre est en effet une véritable fresque, de plus de 800 pages. Et même si j'y ai décelé quelques longueurs, l'ensemble est tout de même très bien équilibré. Au milieu donc d'une foule de personnages bigarrés, les 2 personnages principaux sont une fois de plus féminins. Ceci étant posé, le roman aborde également des thématiques lourdes, et pas toujours du point de vue humoristique: xénophobie, terrorisme... Le conflit qui oppose Checquy et Greffeur résonne un peu trop facilement dans l'histoire contemporaine.  Ce livre est féroce, cynique, avec cette pointe d'humour anglais qui permet de désamorcer les situations trop lourdes.  Ce roman fut donc un énorme plaisir de lecture: drôle, rythmé et intelligent. La suite de The Rook tiens toutes ses promesses.…