bande dessinée

Lu – Il faut flinguer Ramirez, Acte 1 – Nicolas Petrimaux (Glénat) BD

Lu – Il faut flinguer Ramirez, Acte 1 – Nicolas Petrimaux (Glénat)

Il faut flinguer Ramirez a été conçu, réalisé, mis en scène et dessiné par Nicolas Petrimaux et cela fait toute la particularité de cet album. En effet, les casquettes de l'auteur sont multiples: animation, jeux vidéos, livre d'art... c'est un illustrateur/concept designer (selon le site officiel de la BD) ayant eu de multiples expériences. C'est, je pense, de par ce fait que, seul au commande de ce projet, il nous livre un album packagé, à mi-chemin de la bande dessinée, du comics et de l'animation. En effet, il y a dans ces planches une mise en scène prégnante, qui les propulse bien au delà de la bande-dessinée classique.  Ce livre est un objet léché, taillé au cordeau, maîtrisé de bout en bout avec maestria. Et au niveau de l'intrigue, me direz vous ?  Si je l'ai laissée pour la fin, c'est parce que de mon point de vue, c'est là que le bas blesse un peu. Biberonné par les années 80, Petrimaux nous balance une énième intrigue à la Tarantino et consort. Si elle n'est pas dénuée d'un humour qui parfois fait mouche, et de vrais envolées décoiffantes, si j'y ai retrouvé nombre de références sympathiques qui me font dire que j'ai tout de même un sacré socle culturel commun avec l'auteur, il m'a tout de même manqué ce petit "plus" que j'ai attendu pendant toute ma lecture et qui fait qu'elle ne restera "que" sympathique, quand je la trouvais tellement prometteuse... Pour résumer, j'ai adoré et en loue la forme. Petrimaux sort des carcans et nous propose un objet original, qui dénote des productions habituelles, et qui serait tout à fait propice à un crossmédia d'enfer. Pour le fond, malheureusement, je reste sur ma faim, serais-je devenue un peu trop exigeante ? Peut-être, car je conseil tout de même vivement cet album !
Lu – Contes ordinaires d’une société résignée – Ersin Karabulut (Fluide Glacial) BD

Lu – Contes ordinaires d’une société résignée – Ersin Karabulut (Fluide Glacial)

Traduit par Didier Pasamonik. Autant être honnête, je n'y connais absolument rien en BD turque dont Ersin Karabulut semble être un chef de file. Je ne me rappelle même plus de la raison qui m'a poussée à acheter cette BD, ce que je sais, c'est que c'était une bonne idée. Une très très bonne idée. Il faut dire que le bonhomme est rédacteur en chef d'un des rares magazines satiriques turques et que ça pose un artiste... Coup de poing, coup de cœur, les 15 courts contes qui forment cet ouvrage m'ont cueillie, secouée et laissée pantoise. Imaginez une maladie défigurante, capable de communiquer avec son hôte... Imaginez que l'on puisse prédire le futur emploi d'un enfant dès la grossesse... Imaginez que le gouvernement n'accorde qu'un crédit-vie de quelques années à se partager au sein d'un foyer... Imaginez que l'absence de couleur soit la nouvelle norme imposée par un société totalitaire... Imaginez que l'esprit de votre belle-mère se réincarne dans votre fille, que votre grand-père ne meurt jamais, que vous trouviez des messages dans des légumes... Toutes ces histoires, et bien plus encore, Ersin Karabulut vous les livre dans un ouvrage irrévérencieux, cynique, d'une cruauté féroce mais aussi teinté d'un humour des plus noir... Le tout porté par un dessin outrancier, parfois caricatural mais d'une extrême finesse tant dans les traits que dans le mariage des couleurs, et qui m'a conquise dès les premières planches. Dans cet univers si proche du notre, mais avec un je ne sais quoi qui dérape (toute allusion à une célèbre série sera sévèrement punie...) l'auteur dépeint les maux qui minent notre société : désillusion, résignation, aliénation, ou simplement immense saloperie. C'est brutal, c'est violent, c'est notre propre apathie qui nous saute au visage. Ça secoue, ça dérange, ÇA CHANGE, ENFIN... C'est une réussite de bout en bout. Infini merci aux éditions Fluide Glacial d'avoir dégoté ce diamant brut. Penchez vous sur le travail d'Ersin Karabulut, cela vaut - vraiment - le coup!!!!
Lu – Clean Room – Gail Simone, Jon Davis-Hunt et Quinton Winter (Vertigo) BD

Lu – Clean Room – Gail Simone, Jon Davis-Hunt et Quinton Winter (Vertigo)

Une excellente série de comics, particulièrement perturbante. Levant le voile sur la réalité derrière les histoires d'aliens, de possession ou de folie, elle nous offre une perspective particulièrement trash des choses. Très graphique, dans un genre proche de la science fiction et de l'horreur, l'intrigue joue sur la peur primale. Réservée à ceux que la violence graphique n'effraie pas, certaines case sont difficiles à oublier !!! l'histoire nous offre des personnages féminins assez hors du commun, très fortes et loin des clichés, certaines étant de véritables garces, nécessité faisant loi ! C'est glaçant, scotchant, parfois dégoûtant et très prenant.
Lu – Intelligences artificielles – FibreTigre, Heloise Chochois et Arnold Zephir (Delcourt) BD

Lu – Intelligences artificielles – FibreTigre, Heloise Chochois et Arnold Zephir…

Une excellente BD sur le sujet passionnant mais casse-gueule de l'IA. Richement documentée, elle vulgarise beaucoup de notions tout en essayant de démystifier les fantasmes qui circulent, et y arrive très bien. Le résultat est particulièrement pertinent et accrocheur. Je salue de nouveau la qualité de cette collection Octopus, qui offrent nombre de très bons ouvrages, aussi bien sur le fond que sur la forme !
Lu – Anthologie Misty (Delirium) Lectures

Lu – Anthologie Misty (Delirium)

Misty est une revue anglaise hebdomadaire créée à la fin des années 70 par Pat Mills, à destination des jeunes filles adeptes de surnaturel et d'horreur.J'ai découvert, grâce à l'avant propos signé Pat Mills, l'univers de la BD et des périodiques de cette époque, qui semble être foisonnant, avec des scénarios assez adultes et de nombreux dessinateurs de talent.Grâce à Delirium, cette anthologie regroupe quelques unes des meilleurs histoires parues dans la revue, enfin traduites en français.Entièrement en noir et blanc, elle a comblé mes attentes en terme de nostalgie, et son côté "vintage" m'a particulièrement charmée. J'ai également été agréablement surprise par la qualité des récits, qui, quoique destinés à un public jeune et plutôt féminin, réserve leurs lots de frisson.Les dessinateurs ne sont pas tous du même niveau, et j'ai noté tout de même un côté très "lissé" des illustrations, sans doute dû à un nettoyage des planches en vue de cette édition. On se doute alors du caractère très bon marché des revues de l'époque.Ce fut donc une agréable plongée 40 ans en arrière que la lecture de cette anthologie et je félicite grandement le travail des éditions Délirium, qui nous permet d'accéder enfin à ces pépites.
André le Géant – Box Brown (La Pastèque) BD

André le Géant – Box Brown (La Pastèque)

Traduit par Sophie Chisogne.   Pour moi André le Géant est avant tout une silhouette, imposante, au coin d'un écran de télévision. C'est surtout celle de Wreslemania III, de ce match hallucinant contre Hulk Hogan. Il y a quelques années il s'est concrétisé à travers les souvenirs bien réels racontés avec passion par un vieux briscard du catch "de l'époque": de l’Élysée Montmartre, du Cirque d'Hiver, quand sévissaient l'Ange blanc, le Petit Prince et consort. Aujourd'hui, c'est donc par le truchement de la bande dessinée de Box Brown que je me plonge de nouveau dans la vie de cet homme hors norme. Cette BD, c'est toute l'histoire du catch des années 70 et 80, dans ce qu'il a de plus beau et de plus dur. Cette BD, c'est surtout l'histoire d'un homme qui apprend à 24 ans qu'il est condamné. Que son corps, qui est son principal gagne pain, finira par le trahir. Que ses dimensions gigantesques sont aussi celles qui causeront sa perte. Le destin d'André le Géant est à la fois exceptionnel et tragique, et c'est cette dualité qui donne tout son sel à cette BD. Encore une fois, le travail de recherche de Box Brown est excellent. Des aspects les plus connus de la vie du "Géant Ferré" aux anecdotes les plus cocasses, l'auteur brosse un portrait profond et tendre du colosse. On ressent toute la passion qu'il a pour le catch, tout en prenant le recul nécessaire sur l'exagération de certains aspects de cette biographie grâce aux notes à la fin de l'ouvrage. Cette BD est donc un très bel hommage au sportif. Je l'ai dévorée, et les autres membres de la famille (de 8 à 40 ans) l'on fait après moi. Nous avons tous adoré nous plonger dans cette histoire. Le catch étant le sport de tous les excès, il est logique qu'André le Géant y ait trouvé une place prépondérante. Les hommages qu'on continue à lui rendre 25 ans après sa mort ( La Bataille royale en mémoire d'André the Giant bat son plein chaque année à Wrestlmania) démontrent la gigantesque empreinte qu'il y a laissé.