Policier

Lu – Il faut flinguer Ramirez, Acte 1 – Nicolas Petrimaux (Glénat) BD

Lu – Il faut flinguer Ramirez, Acte 1 – Nicolas Petrimaux (Glénat)

Il faut flinguer Ramirez a été conçu, réalisé, mis en scène et dessiné par Nicolas Petrimaux et cela fait toute la particularité de cet album. En effet, les casquettes de l'auteur sont multiples: animation, jeux vidéos, livre d'art... c'est un illustrateur/concept designer (selon le site officiel de la BD) ayant eu de multiples expériences. C'est, je pense, de par ce fait que, seul au commande de ce projet, il nous livre un album packagé, à mi-chemin de la bande dessinée, du comics et de l'animation. En effet, il y a dans ces planches une mise en scène prégnante, qui les propulse bien au delà de la bande-dessinée classique.  Ce livre est un objet léché, taillé au cordeau, maîtrisé de bout en bout avec maestria. Et au niveau de l'intrigue, me direz vous ?  Si je l'ai laissée pour la fin, c'est parce que de mon point de vue, c'est là que le bas blesse un peu. Biberonné par les années 80, Petrimaux nous balance une énième intrigue à la Tarantino et consort. Si elle n'est pas dénuée d'un humour qui parfois fait mouche, et de vrais envolées décoiffantes, si j'y ai retrouvé nombre de références sympathiques qui me font dire que j'ai tout de même un sacré socle culturel commun avec l'auteur, il m'a tout de même manqué ce petit "plus" que j'ai attendu pendant toute ma lecture et qui fait qu'elle ne restera "que" sympathique, quand je la trouvais tellement prometteuse... Pour résumer, j'ai adoré et en loue la forme. Petrimaux sort des carcans et nous propose un objet original, qui dénote des productions habituelles, et qui serait tout à fait propice à un crossmédia d'enfer. Pour le fond, malheureusement, je reste sur ma faim, serais-je devenue un peu trop exigeante ? Peut-être, car je conseil tout de même vivement cet album !
Lu – Le carnaval des hyènes – Michaël Mention (Ombres Noires) Lectures

Lu – Le carnaval des hyènes – Michaël Mention (Ombres Noires)

Avec Le carnaval des hyènes, Michaël Mention signe un court roman coup de poing.Noir, cynique, violent, il suit un rythme haletant et laisse peu de temps au lecteur pour reprendre son souffle. Privilégiant l'action de bout en bout, il entraîne son héros dans un coup monté des plus obscène. Hypocrisie et faux-semblants, corruption et collusion avec le pouvoir, c'est un drôle de tableau que nous dépeint l'auteur.Fantasme ou réalité ? A vous d'en être seuls juges.
Lu – Le cercle de Farthing – Jo Walton (Denoël) Imaginaire

Lu – Le cercle de Farthing – Jo Walton (Denoël)

Traduit par Luc Carissimo. Le cercle de Farthing est un des premiers romans de Jo Walton, le premier tome de la Trilogie du subtil changement, qui met en scène l'inspecteur Carmichael. J'y ai aimé le parfait mélange entre deux courants : l'uchronie et le roman policier.L'histoire se déroule dans un monde post seconde guerre mondiale, dans lequel l'Angleterre a signé la paix avec l'Allemagne, toujours dirigée par Hitler. Quand le principal artisan de cette paix est assassiné au milieu de la réunion d'un grand cercle d'influence, tout désigne le seul invité juif....Jo Walton a su nous plonger au cœur de la bourgeoisie, celle qui est l’artisane des jeux de pouvoir. Il en ressort un portrait sans doute fidèle, parfaitement cynique, et qui fait la part belle à l'hypocrisie et aux faux semblants.Parallèlement à ça, nous assistons à un récit assez glaçant sur la montée du fascisme, qui nous interroge sur ce que serait le statut des juifs dans une Europe en paix avec Hitler...Au milieu de cette atmosphère très lourde, le récit policier est subtil, prenant et pique notre curiosité. Servi par des personnages tout en nuances, il est maîtrisé de bout en bout. Très sombre, ce roman écrit au début des années 2000 trouve son écho dans ce que l'on vit et découvre tous les jours, et il est parfois difficile d'y trouver de l'espoir... Le tableau dépeint, s'il est certainement réaliste, n'en est que plus dur...Je vous recommande donc la lecture du Cercle de Farthing, qui, dans un style qui rappelle parfois celui des classiques policiers anglais, saura retenir votre attention par son intrigue et son propos.
Lu – Lord Gwynplaine – Jean-Bernard Pouy et Patrick Raynal (Albin Michel) Lectures

Lu – Lord Gwynplaine – Jean-Bernard Pouy et Patrick Raynal (Albin Michel)

Relecture au plus proche du flamboyant Comte de Monte-Cristo de Dumas, Lord Gwynplaine est un polar dans sa plus pure expression : noir, haletant et addictif. Pour qui, comme moi, voue une véritable passion à l'oeuvre d'origine, c'est un peu déroutant, car les auteurs n'ont quasiment pas changé une ligne de l'histoire de base. Mais en le transposant dans les années 80 - 90, entre Mitterand et Chirac, Pouy et Raynal agrémentent ce récit d'un regard acéré sur les dérives de notre société. Reste qu'il est parfois compliqué de croire à certaines ficelles dans un monde moderne (ces mariages arrangés, ce duel à mort...). Il faudra donc, pour apprécier cette lecture, prendre un peu de recul sur les événements et laisser courir la suspension de l'incrédulité. On profitera alors d'un texte écrit avec une grande maîtrise, aux nombreux rebondissements et au rythme parfait.
Taxi Driver – Richard Elman (Editions Inculte) Lectures

Taxi Driver – Richard Elman (Editions Inculte)

Traduit par Claro. Ecrit en parallèle du scénario de Paul Schrader, ce roman se présente sous la forme du journal de bord de  Travis Bickle. Au gré de nuits sans sommeil et de pérégrinations dans les rues de New-York, le lecteur entre dans la tête de cet anti-héros, et plonge dans son cynisme, ses désillusions, sa folie. L'écriture est claire et direct, sans fioritures, hypnotique. Les personnages sont peu nombreux, mais on compte surtout parmi eux la ville de New York, qui n'est pas montrée sous son meilleur jour : sale, sauvage et violente. Nous dérivons avec Travis, suivant son monologue intérieur, témoins impuissants de son errance et de la montée en intensité de la frustration qui le conduira à chercher un hypothétique destin par la violence. C'est rapide, violent et juste.Mention spéciale à l'art work de la couverture signé Yann Legendre dont vous pouvez retrouver le travail sur son site.
La quiche fatale, une enquête d’Agatha Raisin – M.C. Beaton (Albin Michel) Lectures

La quiche fatale, une enquête d’Agatha Raisin – M.C. Beaton (Albin Michel)

Livre traduit par Esther Ménévis. Un livre sympathique et léger. Agatha Raisin est une héroïne assez hors norme à qui il arrive des péripéties drolatiques sur fond de campagne anglaise. L'ambiance est bucolique, les personnages truculents, et l'héroïne, bien que doté d'un fichu caractère, a gagné toute ma sympathie. On est entre l'hommage et la caricature des romans d'Agatha Christie Personnellement, Agatha Raisin m'a furieusement fait  penser au personnage d'Imogène McCarthery de Charles Exbrayat dont je me délectais adolescente! C'est une lecture typiquement britannique, qui fait sourire et passe le temps agréablement. Parfait pour les beaux jours!
La nuit de l’ogre – Patrick Bauwen (Albin Michel) Lectures

La nuit de l’ogre – Patrick Bauwen (Albin Michel)

J'ai reçu La nuit de l'ogre dans le cadre d'une opération masse critique sur Babelio. J'ai une certaine affection pour Patrick Bauwen depuis que j'ai lu son premier roman L'oeil de Caine, que j'ai trouvé magistral. J'ai lu plusieurs de ses autres ouvrages et d'ailleurs j'en ai déjà chroniqué un sur ce blog (Les fantômes d'Eden). J'avoue que je n'y ai jamais retrouvé la maestria de ses débuts. La nuit de l'ogre ne fait pas exception.  L'histoire met en scène le docteur Christian Kovak, et je n'ai malheureusement pas réussi à m'attacher à ce personnage. Peut-être est-ce parce que je n'ai pas lu le précédent roman, Le jour du chien, dont il était le héros également, mais je l'ai trouvé trop sombre, trop imprévisible, voir incohérent. Le récit est, selon moi, trop long à se mettre en place, et l'action ne décolle que dans les 100 dernières pages. Difficile d'accrocher aux longues errances des personnages, qui semblent tous dénoués de sentiments. Il en ressort une atmosphère assez clinique, trop factuelle.  Reste l'intrigue policière, qui arrive tout de même à tenir en haleine (on a envie de savoir le fin mot de l'histoire!), et que j'ai trouvé très bien imaginée, glaçante et fascinante, et le style de Bauwen, qui va à l'essentiel, et sait parfaitement captiver son lecteur. Comme toujours le roman est richement documenté, sur un sujet particulièrement original. Et sur tous les aspects médicaux, Bauwen prouve une fois de plus qu'il sait de quoi il parle! Rendez-vous manqué pour moi, mais cela ne me détourne pas de cet auteur, la prochaine fois sera la bonne!
Le lecteur de cadavres – Antonio Garrido (Le livre de poche) Lectures

Le lecteur de cadavres – Antonio Garrido (Le livre de poche)

Traduit par Nelly et Alex Lhermillier.   J'ai été complètement emportée par cette immense fresque historique rendant hommage à la vie de Ci Song, considéré comme le premier médecin légiste de l'histoire. L'histoire, justement, prend place dans la Chine impériale du XIIIème siècle. Le travail de recherche de l'auteur est impressionnant. En effet, il ne nous propose pas seulement une histoire passionnante, mais également un véritable guide de cette époque: linguistique, coutumes, explications des mesures de temps et d'espace... tout pour nous plonger en plein cœur du récit. Le livre faisant plus de 700 pages, c'est un véritable roman fleuve, qui retrace tout le début de la vie de Ci Song, et celui-ci ne sera pas épargné par les épreuves! Particulièrement addictive, l'histoire ne souffre d'aucune longueur, et réserve son lot de retournements de situation. Passionnant, envoûtant, ce livre est une véritable réussite, et ravira les amateurs de romans historiques.
Fractures – Franck Thilliez (Pocket) Lectures

Fractures – Franck Thilliez (Pocket)

Quand je manque de motivation au niveau lecture je me tourne souvent vers Franck Thilliez, qui me déçoit rarement. Fractures est l'un des romans qu'il a écrit en dehors de ses personnages fétiches de Franck Sharko et Lucie Hennebelle. C'est une intrigue isolée qui reprend des thèmes qui lui sont chers : maladie mentale, passé obscur et faux semblant. Le tout avec une bonne dose de cruauté, tant cet auteur affectionne les immondes salauds. Comme d'habitude c'est rudement bien mené et comme d'habitude c'est très efficace. Un livre qu'il est très difficile de lâcher une fois sa lecture entamée, et qui fait naître beaucoup d'émotions contradictoires.
Les fantômes d’Eden – Patrick Bauwen (Albin Michel) Lectures

Les fantômes d’Eden – Patrick Bauwen (Albin Michel)

J'ai déjà lu des livres de Bauwen. Je les trouve très efficaces. Cet auteur maîtrise tous les codes du page-turner. Celui-ci ne fait pas exception. Un thriller de très bonne facture, dont le suspens omniprésent nous fait oublier toutes les petites invraisemblances. Avec en plus un petit côté Les Goonies - Stand by me vraiment sympathique. Quand j'ai commencé ces quelques 600 pages, j'ai eu du mal à m'arrêter, mais comme souvent pour ce genre d'ouvrage, ça ne me laisse pas beaucoup de souvenirs. Une lecture fun, donc, pour se faire plaisir sans trop se prendre la tête.