Mois : août 2019

Lu – Horror – Dario Argento (Rouge Profond) Imaginaire

Lu – Horror – Dario Argento (Rouge Profond)

Traduit par Bianca Concolino Mancini et Paul Abram.J'étais très curieuse de découvrir les écrits de Dario Argento dont je connais (un peu) et j'aime (beaucoup) la filmographie.Tout d'abord un mot pour les éditions Rouge Profond (dont le nom fait déjà référence à une œuvre du maestro) que je ne connaissais pas non plus et dont j'ai vraiment apprécié le travail. La maquette est sobre et belle, et le choix des couleurs met particulièrement en valeur le texte. A présent que j'ai jeté un œil sur leur catalogue, j'ai très envie d'en découvrir d'autres publications.Horror regroupe 6 nouvelles qui explorent des thèmes prometteurs : entre le thriller et l'horreur, l'angoisse est au rendez-vous. Les obsessions de Dario Argento surgissent : sorcières et ésotérisme, onirisme et érotisme.Si les histoires manquent parfois d'un peu de profondeur, les nouvelles envoûtent par leur ambiance, souvent gothique, et pour un certain parti pris pour l’inattendu. De plus, certaines scènes sanglantes font tout le sel de ce livre.On retrouve par petites touches un vrai goût de l'horreur graphique. Le sang, les chaires, décrites de manière cinématographique.... clinique. C'est comme un électrochoc, une pointe d'adrénaline qui ponctue la lecture.Angoissante et intrigante, ce fut une belle plongé dans l'abîme.
Vu – l’intox c’est nous – Julien Goetz (francetv slash) Vidéos

Vu – l’intox c’est nous – Julien Goetz (francetv slash)

Une série documentaire qui plonge au cœur de la désinformation, pour en présenter les mécanismes d'une part, et pour expliquer par quels moyens et pour quelle raison elle se partage aussi facilement. Au fil des différents épisodes, on se rend compte de l'ampleur et de la complexité du système mis en place. Il devient facile d'imaginer quel dangereux pouvoir cela peut être. A voir et à mon avis à montrer aux jeunes générations, pour prendre conscience du rôle central que chacun d'entre nous doit jouer. Esprit critique et conscience des conséquences de nos partages... Les six épisodes sont disponibles sur Youtube ou sur le site de Francetv slash. https://www.france.tv/slash/l-intox-c-est-nous/
Lu – La machine aux yeux bleus – Harlan Ellison (Flammarion) Imaginaire

Lu – La machine aux yeux bleus – Harlan Ellison (Flammarion)

Je n'ai malheureusement découvert le nom d'Harlan Ellison qu'à l'occasion de sa mort. Il est pourtant reconnu pour être un très grand novelliste. La machine aux yeux bleus est donc ma première rencontre avec son écriture, et je dois dire que ce fut un immense coup de cœur. Ce qui marque dans les histoires d'Harlan Ellison, c'est qu'elles n'ont de fantastique que l'étiquette qu'on a bien voulu leur donner. Les éléments fantastiques ne sont en effet pas présents dans toutes les nouvelles ; Toute ma vie est un mensonge, par exemple, qui clos le livre, en est totalement exempt et en est pourtant l'une des plus réussie. Harlan Ellison parlait d'ailleurs lui même plus volontiers pour son œuvre de "fiction spéculative". Le fantastique, en effet, n'y est qu'un cadre permettant à ses histoires d'explorer des thèmes proches de la philosophie ou de la psychologie.  En parcourant les  12 nouvelles qui composent ce recueil, on est rapidement marqué par la tristesse qui s'en détache. L'auteur a en effet à cœur des sujets aussi amusants que le rapport au temps qui passe, la nostalgie de l'enfance ou le déchirement des relations amoureuses... Il  a réussi néanmoins à me cueillir par d’authentiques bijoux. Par exemple, dans la nouvelle Le septième jour, un homme composant machinalement son propre numéro a la surprise de tomber sur son double. Plus gentil, moins cynique, il ne pourra en rester qu'un... Et surtout... surtout.... Jeffty a cinq ans... qui a reçu le prix Hugo en son temps, et dans laquelle le narrateur a pour meilleur ami un garçon qui a cessé de grandir après ses cinq ans. Récit à la fois cruel, d'une infinie mélancolie et d'une immense poésie, il constitue à lui seul une raison pour laquelle il faut lire Harlan Ellison. Il est bien malheureux que son œuvre soit si peu disponible en France. La machine aux yeux bleus est en effet épuisé et nombre de ses nouvelles n'ont carrément pas été traduites. Je vous encourage donc à écumer les livres d'occasion et à vous pencher sur les écrits d'Ellison, vous découvrirez un immense novelliste, aux thèmes, style et écriture de haut niveau, qui poussent à la réflexion.  Le genre de lecture qui nous fait grandir...
Vu – Midsommar – Ari Aster Cinéma

Vu – Midsommar – Ari Aster

Second long métrage de Ari Aster après Hérédité, Midsommar a l'immense qualité de sortir complètement des carcans des films actuels. Ici, ni jumpscars, ni torture porn, mais une certaine sensation de malaise assez habillement distillée par le réalisateur. Certes, le scénario n'évite pas la facilité et j'ai malheureusement trouvé que le film manque globalement de subtilité ce qui a empêché parfois mon immersion complète, mais l'atmosphère, lumineuse et angoissante, est particulièrement originale, et certaines trouvailles sont franchement excellentes (cette fleur qui respire, bon sang!). 2 ou 3 scènes-choc m'ont réellement scotchée à mon siège, mais ne vous attendez pas à de la terreur, le film étant bien plus subtil dans les émotions qu'il souhaite susciter. Midsommar est donc le genre de cinéma qu'il est important de soutenir : inventif, atypique, sortant du lot de la production-spectacle actuelle. Rien que cela est une raison suffisante pour l'encourager, malgré ses défauts. Je garderai un œil attentif à la suite de la carrière d'Ari Aster...Mention spéciale également à l'actrice principale, Florence Pugh, à la fois lumineuse, juste et magnifique !
Lu – Malevil – Robert Merle (Gallimard) Imaginaire

Lu – Malevil – Robert Merle (Gallimard)

Grand classique du post-apocalyptique français, Malevil a inauguré ma PAL de l'été que j'ai sobrement intitulée "retour aux classiques du fantastique". Publié en 1972, il reprend les craintes de l'époque d'une apocalypse nucléaire, à laquelle une poignée d'hommes survivent grâce à la robustesse des pierres du château de Malevil. Ecrit sous la forme des mémoires du personnage principal (Emmanuel Comte, propriétaire original de Malevil) parfois entrecoupées de quelques réflexion d'un autre protagoniste, le roman change de certains autre classiques qui n'abordent que la survie à court terme. En effet, dès que la catastrophe est avérée, Emmanuel Comte et ses acolytes ont à cœur de reconstruire un semblant de civilisation, et de pérenniser la survie de tous. Porté par des personnages forts et principalement masculins (le roman est en effet assez viriliste), il met également en scène des portraits de femmes qui, s'ils peuvent paraître caricaturaux, sont beaucoup plus fins qu'ils peuvent le sembler de prime abord. Le style n'est pas si daté, et le roman se lit assez facilement. Mis à part une introduction qui traîne un peu, il ne souffre d'aucune longueur, mais il faut s'adapter au rythme parfois lent, pourtant en parfaite adéquation avec le rythme de vie imposé par les événements. Au final, les quelques 600 pages ne m'ont pas résisté plus de quelques jours, tant l'histoire est prenante. Abordant les thèmes chers au survivalisme (agressivité, justice, défense et place de la religion), Malevil dresse un fresque de grande ampleur, et cherche a faire triompher les hommes de leurs propres faiblesses et travers. Formidable aventure humaine, un roman à lire absolument, que je rapprocherais du roman Ravage, de René Barjavel, qui m'avait également marqué en son temps. Un mot pour finir sur l'adaptation qu'en a fait Christian de Chalonge en 1980. Prenant beaucoup de libertés avec le roman (au point que Robert Merle a totalement désavoué le film), il n'en reprend que la situation de base et le personnage principal (formidable Michel Serrault, qui incarne selon moi parfaitement le rôle, avec le génie qui était le sien), les autres personnages étant totalement réinterprétés voir inventés. Il est cependant également une oeuvre admirable à découvrir, à l'atmosphère et au rythme incomparable, une vraie réussite du cinéma fantastique français.
Lu – Après la chute – Nancy Kress (ActuSF) Imaginaire

Lu – Après la chute – Nancy Kress (ActuSF)

Un roman atypique, à la lecture très addictive. Après la chute est structuré autour de trois lignes de narration : 2 dans le présent et 1 dans le futur. La maestria avec laquelle l'auteure jongle avec ces différents points de vue donne tout son rythme au récit. Au futur post-apocalyptique répond un présent où une mathématicienne aide le FBI à résoudre des disparitions d'enfants, tandis que d'étranges mutations voient le jour... Autour de plusieurs personnages assez solides, le récit monte en tension, évitant longueurs et égarements. L'écriture est précise, franche, totalement en adéquation avec les différents genres explorés tout au long du roman (post-apocalyptique, policier, huis-clos...). Je regrette cependant la concision du récit, qui empêche un développement plus appronfondi des protagonistes, et la fin précipitée, qui manque d'envergure face à l'empleur de l'univers mis en place. Cela reste cependant un excellent moment de lecture, qui me donne envie d'en découvrir plus de Nancy Kress.