La Pastèque

André le Géant – Box Brown (La Pastèque) BD

André le Géant – Box Brown (La Pastèque)

Traduit par Sophie Chisogne.   Pour moi André le Géant est avant tout une silhouette, imposante, au coin d'un écran de télévision. C'est surtout celle de Wreslemania III, de ce match hallucinant contre Hulk Hogan. Il y a quelques années il s'est concrétisé à travers les souvenirs bien réels racontés avec passion par un vieux briscard du catch "de l'époque": de l’Élysée Montmartre, du Cirque d'Hiver, quand sévissaient l'Ange blanc, le Petit Prince et consort. Aujourd'hui, c'est donc par le truchement de la bande dessinée de Box Brown que je me plonge de nouveau dans la vie de cet homme hors norme. Cette BD, c'est toute l'histoire du catch des années 70 et 80, dans ce qu'il a de plus beau et de plus dur. Cette BD, c'est surtout l'histoire d'un homme qui apprend à 24 ans qu'il est condamné. Que son corps, qui est son principal gagne pain, finira par le trahir. Que ses dimensions gigantesques sont aussi celles qui causeront sa perte. Le destin d'André le Géant est à la fois exceptionnel et tragique, et c'est cette dualité qui donne tout son sel à cette BD. Encore une fois, le travail de recherche de Box Brown est excellent. Des aspects les plus connus de la vie du "Géant Ferré" aux anecdotes les plus cocasses, l'auteur brosse un portrait profond et tendre du colosse. On ressent toute la passion qu'il a pour le catch, tout en prenant le recul nécessaire sur l'exagération de certains aspects de cette biographie grâce aux notes à la fin de l'ouvrage. Cette BD est donc un très bel hommage au sportif. Je l'ai dévorée, et les autres membres de la famille (de 8 à 40 ans) l'on fait après moi. Nous avons tous adoré nous plonger dans cette histoire. Le catch étant le sport de tous les excès, il est logique qu'André le Géant y ait trouvé une place prépondérante. Les hommages qu'on continue à lui rendre 25 ans après sa mort ( La Bataille royale en mémoire d'André the Giant bat son plein chaque année à Wrestlmania) démontrent la gigantesque empreinte qu'il y a laissé.
Tetris : Jouer le jeu – Box Brown (La Pastèque) BD

Tetris : Jouer le jeu – Box Brown (La Pastèque)

Traduit par Mathieu Leroux. Un format original pour une histoire passionnante. Qui n'a pas passé des heures et des heures à aligner les briquettes pour faire disparaître les lignes, les unes après les autres? Je dois l'avouer, Tetris m'a fait vivre ma première expérience addictive, et c'est un jeu qui fait partie de mon vécu vidéoludique. Quelle est donc l'histoire derrière l'écran? Celle d'un jeu créé par un informaticien russe et qui a réussi à conquérir le monde malgré le rideau de fer, au prix de nombreuses tractations commerciales. D'une précision clinique, cette BD nous explique tous les tenants et les aboutissants de cette rocambolesque épopée, au risque de perdre le lecteur au milieu de tous ces protagonistes, entre leurs ambitions et leurs rivalités. Tout ceci est en effet loin d'être simple, quel exploit donc, que d'avoir réussi à en tirer un récit si captivant! D'un point de vu graphique, le trait est minimaliste, ce qui ne me dérange pas en soi, mais j'aurais aimé un peu plus d'originalité. L'essentiel des cases représentant des réunions et des contrats, on tourne vite en rond. J'avoue cependant qu'en bonne férue de "la petite histoire derrière la grande", ce genre de récit me passionne et j'ai passé un très bon moment à découvrir celui de Tetris, que je ne connaissais pas du tout. Je m'intéresse d'ailleurs aux autres récits de Box Brown: la biographie du catcheur André Le Géant tout d'abord, qui me fait de l’œil depuis un moment, et celle du comédien Andy Kaufman, dont j'attends la traduction en français avec impatience!