En passant

Lu – Il faut flinguer Ramirez, Acte 1 – Nicolas Petrimaux (Glénat) BD

Lu – Il faut flinguer Ramirez, Acte 1 – Nicolas Petrimaux (Glénat)

Il faut flinguer Ramirez a été conçu, réalisé, mis en scène et dessiné par Nicolas Petrimaux et cela fait toute la particularité de cet album. En effet, les casquettes de l'auteur sont multiples: animation, jeux vidéos, livre d'art... c'est un illustrateur/concept designer (selon le site officiel de la BD) ayant eu de multiples expériences. C'est, je pense, de par ce fait que, seul au commande de ce projet, il nous livre un album packagé, à mi-chemin de la bande dessinée, du comics et de l'animation. En effet, il y a dans ces planches une mise en scène prégnante, qui les propulse bien au delà de la bande-dessinée classique.  Ce livre est un objet léché, taillé au cordeau, maîtrisé de bout en bout avec maestria. Et au niveau de l'intrigue, me direz vous ?  Si je l'ai laissée pour la fin, c'est parce que de mon point de vue, c'est là que le bas blesse un peu. Biberonné par les années 80, Petrimaux nous balance une énième intrigue à la Tarantino et consort. Si elle n'est pas dénuée d'un humour qui parfois fait mouche, et de vrais envolées décoiffantes, si j'y ai retrouvé nombre de références sympathiques qui me font dire que j'ai tout de même un sacré socle culturel commun avec l'auteur, il m'a tout de même manqué ce petit "plus" que j'ai attendu pendant toute ma lecture et qui fait qu'elle ne restera "que" sympathique, quand je la trouvais tellement prometteuse... Pour résumer, j'ai adoré et en loue la forme. Petrimaux sort des carcans et nous propose un objet original, qui dénote des productions habituelles, et qui serait tout à fait propice à un crossmédia d'enfer. Pour le fond, malheureusement, je reste sur ma faim, serais-je devenue un peu trop exigeante ? Peut-être, car je conseil tout de même vivement cet album !
Lu – Hellraiser – Clive Barker (Bragelonne) Imaginaire

Lu – Hellraiser – Clive Barker (Bragelonne)

Pour une fois j'ai vu un film bien avant de lire le livre dont il a été tiré. Et plus d'une fois, même. Hellraiser (le premier surtout) fait partie de mes grands classiques. Et même s'il a maintenant le charme des années 80 (en VF, surtout!), il reste celui dont j'ai vu quelques images à l'époque de sa sortie lors de reportages sur le festival d'Avoriaz... j'avais moins de 10 ans et je n'ai pas oublié.Je voulais lire la novella de Clive Barker depuis longtemps, mais un premier essai de lecture de cet auteur m'ayant laissé un souvenir mitigé, je ne me suis pas précipitée sur ses autres ouvrages. Ceci dit, comment résister à la magnifique édition collector proposée par les éditions Bragelonne ?Barker ayant lui même adapté son œuvre, cela ne m'a pas étonné que le film soit à ce point fidèle au livre. A croire même que le livre a été pensé pour une adaptation cinématographique!J'ai énormément aimé cette lecture. Ce fut une drôle d'expérience, mais ce fut plaisant de pouvoir ré-imaginer les personnages (et tenter d'oublier le brushing de Julia...).J'aime beaucoup l'écriture de Barker, qui sait mettre en place en quelques lignes une ambiance malsaine et ambiguë à souhait. Le récit, rapide et rythmé, ne souffre d'aucun temps mort, et on enchaîne frénétiquement les pages. Reste que l'histoire est courte et n'ouvre aucune autre perspective que celles abordées dans le film. Ce fut assez frustrant... l'univers des cénobites étant si intéressant, j'aurais aimé plus de détails...Je me vengerai en lisant d'autres livres de Barker...
Lu – Fog – James Herbert (Bragelonne Terreur) Imaginaire

Lu – Fog – James Herbert (Bragelonne Terreur)

Traduit par Anne Crichton. J'ai été séduite par ce livre beaucoup pour son titre, qui me rappelle évidement le film éponyme de John Carpenter, qui fait partie de mes préférés.Rien à voir ici car, même si l'auteur nous conte également l'histoire d'un brouillard plutôt inquiétant, ils n'ont pas d'autres points communs. Fog est donc le deuxième roman de l'anglais James Herbert, un écrivain plutôt porté sur l'horreur que je ne connaissais pas du tout. C'est un livre mené tambour battant, qui nous plonge immédiatement dans une histoire rythmée, stressante, et parsemée de scènes d'horreur assez graphiques. Au milieu de ce chaos, il nous présente un héros malgré lui, plutôt réaliste et humain, seul immunisé contre le fléau mais tout de même agent du gouvernement, ce qui facilite les choses. Plutôt qu'un pur livre d'horreur, Fog flirte un peu avec un techno-thriller. En effet, une fois les propriétés surnaturelles du brouillard identifiées, les explications et les réponses apportées sont assez terre à terre.Mais cela n'enlève rien à la qualité de l'intrigue, au contraire, j'ai pris beaucoup de plaisir à suivre les errances des équipes chargées de contrer la menace.Les scènes d'action sont bien menées, l'horreur est savamment distillée, et la folie qui se dégage de ces passages très angoissante.Fog est donc sacrément plaisant pour qui recherche un peu d'adrénaline !  
Lu – Oms en série – Stefan Wul (Denoël) Imaginaire

Lu – Oms en série – Stefan Wul (Denoël)

Mon "retour aux classiques du fantastique" de cet été m'a amenée à lire mon second livre de Stefan Wul.  Oms en série est un court roman, qui se lit très facilement. Mettant en scène le reste d'une humanité réduite à l'état d'animaux domestiques par une race extraterrestre (les Draags), il narre le destin d'un jeune humain nommé Terr qui guidera les hommes dans leur quête de liberté. Si j'ai lu ce livre avec intérêt et plaisir, il faut tout de même avouer qu'avec moins de 200 pages pour la version poche et une intrigue au rythme rapide, il ne laisse pas le temps de s’appesantir sur les sujets abordés. C'est dommage, car ils sont nombreux et pertinents. J'aurais aimé que l'auteur s'attarde plus sur la description de la condition de Terr en tant qu'animal de compagnie, sur son ressenti, ses réactions... J'aurais aimé aussi que le thème de l'involution de l'espèce humaine soit plus détaillé, car l'auteur pousse une réflexion des plus intéressante.Bref, j'avoue que j'aurais aimé que ce roman prenne un peu plus le temps de s'installer. Il reste que, tel qu'il est, il constitue un bon moment de lecture. C'est rythmé, plein d'action et intelligent. C'est également plutôt positif, ce qui est toujours appréciable de temps en temps.  A noter qu'à l'occasion de la lecture du roman, j'ai regardé l'adaptation qu'en ont fait René Laloux et Roland Topor et que je vous en parle très bientôt sur le blog!
Lu – Contes ordinaires d’une société résignée – Ersin Karabulut (Fluide Glacial) BD

Lu – Contes ordinaires d’une société résignée – Ersin Karabulut (Fluide Glacial)

Traduit par Didier Pasamonik. Autant être honnête, je n'y connais absolument rien en BD turque dont Ersin Karabulut semble être un chef de file. Je ne me rappelle même plus de la raison qui m'a poussée à acheter cette BD, ce que je sais, c'est que c'était une bonne idée. Une très très bonne idée. Il faut dire que le bonhomme est rédacteur en chef d'un des rares magazines satiriques turques et que ça pose un artiste... Coup de poing, coup de cœur, les 15 courts contes qui forment cet ouvrage m'ont cueillie, secouée et laissée pantoise. Imaginez une maladie défigurante, capable de communiquer avec son hôte... Imaginez que l'on puisse prédire le futur emploi d'un enfant dès la grossesse... Imaginez que le gouvernement n'accorde qu'un crédit-vie de quelques années à se partager au sein d'un foyer... Imaginez que l'absence de couleur soit la nouvelle norme imposée par un société totalitaire... Imaginez que l'esprit de votre belle-mère se réincarne dans votre fille, que votre grand-père ne meurt jamais, que vous trouviez des messages dans des légumes... Toutes ces histoires, et bien plus encore, Ersin Karabulut vous les livre dans un ouvrage irrévérencieux, cynique, d'une cruauté féroce mais aussi teinté d'un humour des plus noir... Le tout porté par un dessin outrancier, parfois caricatural mais d'une extrême finesse tant dans les traits que dans le mariage des couleurs, et qui m'a conquise dès les premières planches. Dans cet univers si proche du notre, mais avec un je ne sais quoi qui dérape (toute allusion à une célèbre série sera sévèrement punie...) l'auteur dépeint les maux qui minent notre société : désillusion, résignation, aliénation, ou simplement immense saloperie. C'est brutal, c'est violent, c'est notre propre apathie qui nous saute au visage. Ça secoue, ça dérange, ÇA CHANGE, ENFIN... C'est une réussite de bout en bout. Infini merci aux éditions Fluide Glacial d'avoir dégoté ce diamant brut. Penchez vous sur le travail d'Ersin Karabulut, cela vaut - vraiment - le coup!!!!
Lu – Horror – Dario Argento (Rouge Profond) Imaginaire

Lu – Horror – Dario Argento (Rouge Profond)

Traduit par Bianca Concolino Mancini et Paul Abram.J'étais très curieuse de découvrir les écrits de Dario Argento dont je connais (un peu) et j'aime (beaucoup) la filmographie.Tout d'abord un mot pour les éditions Rouge Profond (dont le nom fait déjà référence à une œuvre du maestro) que je ne connaissais pas non plus et dont j'ai vraiment apprécié le travail. La maquette est sobre et belle, et le choix des couleurs met particulièrement en valeur le texte. A présent que j'ai jeté un œil sur leur catalogue, j'ai très envie d'en découvrir d'autres publications.Horror regroupe 6 nouvelles qui explorent des thèmes prometteurs : entre le thriller et l'horreur, l'angoisse est au rendez-vous. Les obsessions de Dario Argento surgissent : sorcières et ésotérisme, onirisme et érotisme.Si les histoires manquent parfois d'un peu de profondeur, les nouvelles envoûtent par leur ambiance, souvent gothique, et pour un certain parti pris pour l’inattendu. De plus, certaines scènes sanglantes font tout le sel de ce livre.On retrouve par petites touches un vrai goût de l'horreur graphique. Le sang, les chaires, décrites de manière cinématographique.... clinique. C'est comme un électrochoc, une pointe d'adrénaline qui ponctue la lecture.Angoissante et intrigante, ce fut une belle plongé dans l'abîme.
Lu – La machine aux yeux bleus – Harlan Ellison (Flammarion) Imaginaire

Lu – La machine aux yeux bleus – Harlan Ellison (Flammarion)

Je n'ai malheureusement découvert le nom d'Harlan Ellison qu'à l'occasion de sa mort. Il est pourtant reconnu pour être un très grand novelliste. La machine aux yeux bleus est donc ma première rencontre avec son écriture, et je dois dire que ce fut un immense coup de cœur. Ce qui marque dans les histoires d'Harlan Ellison, c'est qu'elles n'ont de fantastique que l'étiquette qu'on a bien voulu leur donner. Les éléments fantastiques ne sont en effet pas présents dans toutes les nouvelles ; Toute ma vie est un mensonge, par exemple, qui clos le livre, en est totalement exempt et en est pourtant l'une des plus réussie. Harlan Ellison parlait d'ailleurs lui même plus volontiers pour son œuvre de "fiction spéculative". Le fantastique, en effet, n'y est qu'un cadre permettant à ses histoires d'explorer des thèmes proches de la philosophie ou de la psychologie.  En parcourant les  12 nouvelles qui composent ce recueil, on est rapidement marqué par la tristesse qui s'en détache. L'auteur a en effet à cœur des sujets aussi amusants que le rapport au temps qui passe, la nostalgie de l'enfance ou le déchirement des relations amoureuses... Il  a réussi néanmoins à me cueillir par d’authentiques bijoux. Par exemple, dans la nouvelle Le septième jour, un homme composant machinalement son propre numéro a la surprise de tomber sur son double. Plus gentil, moins cynique, il ne pourra en rester qu'un... Et surtout... surtout.... Jeffty a cinq ans... qui a reçu le prix Hugo en son temps, et dans laquelle le narrateur a pour meilleur ami un garçon qui a cessé de grandir après ses cinq ans. Récit à la fois cruel, d'une infinie mélancolie et d'une immense poésie, il constitue à lui seul une raison pour laquelle il faut lire Harlan Ellison. Il est bien malheureux que son œuvre soit si peu disponible en France. La machine aux yeux bleus est en effet épuisé et nombre de ses nouvelles n'ont carrément pas été traduites. Je vous encourage donc à écumer les livres d'occasion et à vous pencher sur les écrits d'Ellison, vous découvrirez un immense novelliste, aux thèmes, style et écriture de haut niveau, qui poussent à la réflexion.  Le genre de lecture qui nous fait grandir...
Lu – Yesterday – David Blot et Jérémie Royer BD

Lu – Yesterday – David Blot et Jérémie Royer

Drôle d'histoire que celle de cette BD. A la faillite de la maison d'édition qui l'avait publiée, le scénariste a décidé de la rendre accessible gratuitement sur le net, afin de donner envie à d'autre d'en publier la suite. Yesterday est une BD plaisante, avec un graphisme plutôt sympa. L'histoire n'est pas d'une grande originalité mais nous plonge avec plaisir dans les années 60, à l’émergence des groupes de rock. En revanche, ce premier tome  ne donne qu'un bref aperçu de l'ensemble du récit et ne constitue qu'une rapide introduction. De quoi me faire croiser les doigts avec l'auteur pour que cette histoire trouve une nouvelle maison d'édition pour s'épanouir!Ce premier tome est alléchant, la suite pourrait être délicieuse ! Retrouvez la BD complète à l'adresse suivante: https://t.co/k8wOAXW8vQ
Lu – Le livre jaune – Michael Roch (Mü éditions) Imaginaire

Lu – Le livre jaune – Michael Roch (Mü éditions)

Quel plaisir de retrouver la prose de Michael Roch ! Quel plaisir de retrouver la musicalité de ses phrases, la beauté de son vocabulaire. Quel plaisir de retrouver l'onirisme de ses histoires. Quel plaisir d'en découvrir une nouvelle. Dans celle-ci, et après le somptueux Moi, Peter Pan, il nous entraîne de nouveau dans un récit aux confins du rêve, emprunt de poésie et d’envoûtement. Et comme à chaque fois je fus conquise par la précision des phrases et la justesse des propos. L'auteur met à nu des pensées sauvages, des évidences oubliées, qui invitent à l'introspection sans jamais l'imposer. De par son style inimitable, c'est l'art des mots qui coulent et nous emporte. Le livre jaune est de ces lectures qui transforment, qui enrichissent... Michael Roch est un grand. De ceux qui comptent et doivent être partagés... Ne passez pas à côté de sa plume...
Lu – Clean Room – Gail Simone, Jon Davis-Hunt et Quinton Winter (Vertigo) BD

Lu – Clean Room – Gail Simone, Jon Davis-Hunt et Quinton Winter (Vertigo)

Une excellente série de comics, particulièrement perturbante. Levant le voile sur la réalité derrière les histoires d'aliens, de possession ou de folie, elle nous offre une perspective particulièrement trash des choses. Très graphique, dans un genre proche de la science fiction et de l'horreur, l'intrigue joue sur la peur primale. Réservée à ceux que la violence graphique n'effraie pas, certaines case sont difficiles à oublier !!! l'histoire nous offre des personnages féminins assez hors du commun, très fortes et loin des clichés, certaines étant de véritables garces, nécessité faisant loi ! C'est glaçant, scotchant, parfois dégoûtant et très prenant.