Spicilège #1 BD

Spicilège #1

Bonjour cher lecteur, chère lectrice, Ça fait un moment que je cherche à te partager autre chose que mes lectures sur ce blog. J'ai du mal à trouver la formule adéquate car mes avis sont souvent courts et éclectiques. Difficile dans ces conditions d'écrire un article cohérent mais après tout est-ce vraiment important ? Par vraiment... aussi j'inaugure un nouveau type d'articles, qui rassemblera encore et toujours ce que j'ai envie de te faire découvrir, des contenus - œuvres - personnes qui rendent le monde plus beau. Je ne me suis pas fixé de rythme particulier, quand j'estimerais avoir assez de matière ou que le temps sera venu, je publierai ! Et pourquoi "Spicilège", me diras-tu ? Parce que c'est plus original que "miscellanées", tout simplement! Je suis et je serai toujours à l’affût de jolies choses à te partager, voici donc ma première moisson... Sur l'écran de mon salon... J'ai une vrai panne en ce moment en ce qui concerne les films ou les séries. Je ne regarde pas grand chose, je préfère lire... Cela m'arrive de temps en temps, surtout quand j'entame un projet de lecture important. J'ai donc bien peu de choses à te partager sur ce plan...Une chose cependant. J'ai commencé il y a peu à regarder la série de Mark Frost et David Lynch, Twin Peaks, que je n'avais bizarrement encore jamais vue. Je viens d'entamer la saison 2. Je trouve cette série troublante, et je l'apprécie beaucoup. J'aime le travail de David Lynch et Twin Peaks reprend des motifs chers à ce créateur. C'est onirique et mystérieux, avec un sens de l'image des plus poétique et un accompagnement musical et sonore très recherché. Si ce n'est déjà fait, je t'encourage à la découvrir! Sur l'écran de mon ordinateur... Si j'ai du mal à regarder des films, je ne me lasse en revanche pas d'en entendre parler!J'ai découvert il y a peu la chaîne Youtube Chronik Fiction, et son émission Le Coroner. Chacune de ces chroniques part d'une mort emblématique (au cinéma ou dans une série). De celle du professeur dans Bataille Royale à celle de Laura Palmer dans Twin Peaks, elles permettent une courte réflexion sur l’œuvre en question. Trop courte ? un peu, j'avoue, mais ça reste intéressant et particulièrement bien réalisé!L'excellent ALT 236 se lance dans la fiction avec le premier épisode de sa série Maelström. On peut dire que c'est réussi. Une histoire étrange et crépusculaire, une variation autour de la série de peintures L'île des morts de Böcklin qui m'a toujours fascinée, tout pour me combler! Dans mes oreilles... J'ai profité d'un retour au bercail pour me replonger dans mes vielles obsessions... Du coup j'écoute beaucoup de vieux classiques : Led Zeppelin, The Who ou The Moody Blues... Dans un autre genre, je te conseille ce vieux concert d'Iron Maiden, qui daterait de 1981 soit peu de temps avant le départ de Paul Di'Anno. C'est un vrai plaisir de le retrouver, c'était vraiment une bonne époque pour le groupe. Le travail de restauration du son et de l'image est vraiment remarquable, avec en clin d’œil un petit problème technique vers 15 minutes... Sur les pages que je tourne... J'ai lu 2 bandes dessinées qui valent le détour ces derniers temps : L'anthologie Doggybags, du label 619 chez Ankama, qui regroupe les 10 meilleures histoires de la série, selon ses lecteurs. Il y en a pour tous les goûts, pourvu qu'on aime l'horreur! Des histoires parfois ironiques, parfois troublantes... parfois dégeu! regroupées dans un ouvrage somptueux, un très bel objet! le très particulier White Spirit, de Dédo et Weldohnson, qui inaugure une nouvelle collection chez Delcourt : Une case en moins, dirigée par Davy Mourier. Le récit d'une descente aux enfers, là non plus, rien ne nous est épargné! Ça va loin dans la transgression, mais c'est souvent drôle. Le trait de Weldohnson est original et maîtrisé, et colle parfaitement avec l'esprit de l'histoire. L'ensemble reste assez fragile (notamment la fin), mais me donne très envie de suivre la suite des aventures éditoriales des deux auteurs, ainsi que de cette collection, qui semble prometteuse...
Lu – Anthologie Misty (Delirium) Lectures

Lu – Anthologie Misty (Delirium)

Misty est une revue anglaise hebdomadaire créée à la fin des années 70 par Pat Mills, à destination des jeunes filles adeptes de surnaturel et d'horreur.J'ai découvert, grâce à l'avant propos signé Pat Mills, l'univers de la BD et des périodiques de cette époque, qui semble être foisonnant, avec des scénarios assez adultes et de nombreux dessinateurs de talent.Grâce à Delirium, cette anthologie regroupe quelques unes des meilleurs histoires parues dans la revue, enfin traduites en français.Entièrement en noir et blanc, elle a comblé mes attentes en terme de nostalgie, et son côté "vintage" m'a particulièrement charmée. J'ai également été agréablement surprise par la qualité des récits, qui, quoique destinés à un public jeune et plutôt féminin, réserve leurs lots de frisson.Les dessinateurs ne sont pas tous du même niveau, et j'ai noté tout de même un côté très "lissé" des illustrations, sans doute dû à un nettoyage des planches en vue de cette édition. On se doute alors du caractère très bon marché des revues de l'époque.Ce fut donc une agréable plongée 40 ans en arrière que la lecture de cette anthologie et je félicite grandement le travail des éditions Délirium, qui nous permet d'accéder enfin à ces pépites.
Lu – Lord Gwynplaine – Jean-Bernard Pouy et Patrick Raynal (Albin Michel) Lectures

Lu – Lord Gwynplaine – Jean-Bernard Pouy et Patrick Raynal (Albin Michel)

Relecture au plus proche du flamboyant Comte de Monte-Cristo de Dumas, Lord Gwynplaine est un polar dans sa plus pure expression : noir, haletant et addictif. Pour qui, comme moi, voue une véritable passion à l'oeuvre d'origine, c'est un peu déroutant, car les auteurs n'ont quasiment pas changé une ligne de l'histoire de base. Mais en le transposant dans les années 80 - 90, entre Mitterand et Chirac, Pouy et Raynal agrémentent ce récit d'un regard acéré sur les dérives de notre société. Reste qu'il est parfois compliqué de croire à certaines ficelles dans un monde moderne (ces mariages arrangés, ce duel à mort...). Il faudra donc, pour apprécier cette lecture, prendre un peu de recul sur les événements et laisser courir la suspension de l'incrédulité. On profitera alors d'un texte écrit avec une grande maîtrise, aux nombreux rebondissements et au rythme parfait.
Le monde a des racines carrées – Viviane Lalande (Les Editions de l’Homme) Lectures

Le monde a des racines carrées – Viviane Lalande (Les Editions de l’Homme)

Retour à la vulgarisation scientifique avec le livre de la vidéaste Viviane Lalande, alias Scilabus sur le net. Je n'ai jamais caché qu'elle est une de mes vidéastes préférées, si ce n'est ma préférée. Je reste cependant toujours sur la réserve quand je m'attaque à un livre de vidéaste, certains m'ayant plutôt déçue. Aucun problème de ce genre avec ce livre. Viviane Lalande y applique la recette qu'elle maîtrise et que je trouve parfaite : expliquer des concepts scientifiques parfois ardus en les rapprochant d'une situation de la vie quotidienne, puis élargir le propos en s'intéressant de plus près à la vie des labos et des chercheurs. Chaque chapitre de ce livre reprend cette trame, avec une première partie de vulgarisation pure, et une seconde plus approfondie et particulièrement passionnante. Le tout forme un ensemble éclectique, couvrant des notions de mathématique, physique ou chimie, toujours pertinentes, et toujours avec une réelle maîtrise du sujet, et une passion certaine pour la transmission. Car on sent à la lecture que Viviane Lalande est une vraie passionnée, et qu'elle a à cœur également, de partager et faire connaître le travail des scientifiques qu'elle évoque. Ce fut donc une lecture particulièrement plaisante. Même en maîtrisant une partie des notions évoquées, j'en suis ressortie plein de savoirs nouveaux, de nouveaux éclairages, de nouvelles applications...Je recommande particulièrement cette lecture, abordable et captivante, qui peut se lire d'une traite ou se picorer selon les envies.
Au bal des actifs, demain le travail – Collectif (La Volte) Lectures

Au bal des actifs, demain le travail – Collectif (La Volte)

Recueillant 12 nouvelles de grands noms de la SF française, Au bal des actifs est un ouvrage d'une très grande qualité. Ces grands auteurs nous livrent des récits d'anticipation sur le futur du travail, et dans lesquelles des thèmes récurrents émergent: aliénation, tromperie, oppression... On est vraiment dans de la SF qui questionne, qui remet en cause, qui interroge notre rapport au boulot, qui bouscule...Tantôt humoristiques, souvent glaçants, les récit semblent se répondre et on y décèle un grand travail d'anthologie. Avec des noms aussi prestigieux de Beauverger, Berrouka, Dufour ou Damasio, je ne pouvais qu'adorer, mais c'est une lecture plus qu'exigeante que celle de cet ouvrage, et nombre de réflexions en découlent. En effet, l'appel à texte des éditions La Volte a été lancé en plein mouvent "nuit debout", et on se rend compte, 2 ans après, à quel point les choses sont inquiétantes.... Je salue en outre la postface signée Sophie Hiet, qui apporte un éclairage particulièrement inspirant sur l'ensemble des textes. Je recommande donc fortement ce livre. Des anthologies de cette qualité, il en existe peu... Un excellent ouvrage si vous dormez trop bien et qu'un peu d'angoisse existentielle vous manque!
DoggyBags – Sangs d’encre -Tanguy Mandias (Ankama) Imaginaire

DoggyBags – Sangs d’encre -Tanguy Mandias (Ankama)

Très bel objet que ce recueil de nouvelles signé Tanguy Mandias chez Ankama. La couverture (de Shane Pierce) est soignée et les nouvelles sont richement illustrées (par une quinzaine d'illustrateurs différents). Si on retrouve bien l'esprit Doggybags dans la forme, le fond est plus nuancé. Les 21 nouvelles sont en effet inégales et si certaines versent dans l'horreur, d'autres sont beaucoup plus gentilles. Il faut donc aborder ce recueil avec l'esprit ouvert à la plume de Tanguy Mandias, qui vaut la peine qu'on s'y attarde, tant son style est riche. Il sait manier toutes les ambiances. J'ai frissonné bien sûr, mais j'ai également rêvé, et j'ai bien ri ! Tout ça forme un ensemble sacrément divertissant et complètement débridé. Selon moi, les meilleurs nouvelles sont à la fin. (h)exe(n), qui clôt le bouquin, est un bijou ! C'est donc au final plutôt une réussite; une production qui change un peu de ce qui se fait habituellement et qui a réussi à emporter mon adhésion au fil des pages.
L’affaire Olympia – Mickaël Launay (Le Pommier) Jeunesse

L’affaire Olympia – Mickaël Launay (Le Pommier)

Relever le défi d'un roman pour les jeunes traitant de mathématiques est un pari assez risqué. L'affaire Olympia est un livre sympathique, dans lequel on retrouve toute la malice de Mickaël Launay. Très agréable à lire pour le côté "mathématiques" , son histoire générale souffre selon moi d'un certaine faiblesse, étant trop alambiquée et avec des enjeux manquant d'amplitude.Mon grand fils s'est malheureusement lui aussi perdu dans une lecture plaisante dans la forme mais manquant d'intérêt dans le fond.Lecture en demi-teinte donc. De cet auteur, je conseil plutôt Le grand roman des maths, un de mes derniers coup de cœur en vulgarisation, et sa chaîne YouTube, bien sûr !
Le nexus du Docteur Erdmann – Nancy Kress (Le Belial) Imaginaire

Le nexus du Docteur Erdmann – Nancy Kress (Le Belial)

Traduit par Alise Ponsero et Erwann Perchoc. Conseillé par ma bibliothécaire, j'ai également choisi ce roman car il est écrit par une femme et qu'au final, je lis très peu d'auteure de science-fiction. Assez court, bien ancré dans le réel, le récit hésite entre fantastique et science fiction. On y suit les aventures de Henry Erdmann, ancien physicien de premier plan, à présent en maison de retraite et en proie a des phénomènes étranges qui se propagent rapidement aux autre pensionnaires.  Particulièrement cartésien, le voilà tiraillé entre sa rationalité et les expériences qu'il subit. La tendresse particulière que j'ai tout de suite éprouvé pour le personnage principal est un des principal atout de ce livre, mais j'ai également apprécié toute la réflexion qui y est fait sur la valeur de l'accumulation d'expérience et la conscience collective La concision du récit évite à l'auteur de partir dans un débordement trop mystique. Nancy Kress adapte son écriture et son vocabulaire aux différents protagonistes avec brio. Elle est aussi à l'aise dans les descriptions de la vie quotidienne que dans les passages de science dure. C'est finalement un livre assez atypique dans ses thèmes que j'ai bien apprécié.
Bolchoï Arena, T1 : Caelum Incognito – Boulet & Aseyn (Delcourt) BD

Bolchoï Arena, T1 : Caelum Incognito – Boulet & Aseyn (Delcourt)

Ceux qui me suivent le savent déjà: je suis une grande fan de Boulet, dont je suis le travail depuis un paquet d'année. J'ai donc tout de suite été intéressée quand il a commencé à parler de son projet de BD de science-fiction. Je connaissais peu par contre le travail d'Aseyn, à part quelques planches dans une BD Axolot. Si j'ai été frappée par la finesse de son dessin, j'avoue que son style est assez éloigné de mes goûts personnels. C'est donc pleine de curiosité et assez confiante que j'ai démarré cette lecture, piquée par l'avant goût distillé par Boulet des mois durant. Mes petites appréhensions ont été rapidement balayées, car j'ai été emportée par l'univers visuel de cet ouvrage dès les premières pages. Aseyn est vraiment le dessinateur rêvé pour ce faire. Il a une identité visuelle propre qui m'a rappelée celle du manga Akira (ceux qui me connaissent savent aussi que c'est à peu près ma seule référence en terme de dessin japonais...). Estomaquée par l'importance donnée aux détails visuels et scénaristiques, j'ai adoré suivre les aventures de Marje au milieu du Bolchoï, un monde de réalité virtuelle dont elle découvre les possibilités et les codes en même temps que le lecteur. J'ai également apprécié le choix de colorisation évitant les teintes trop vives, qui n’empêche absolument pas le rendu de l'action (et de l'action, il y en a!) et qui participe au caractère original du visuel. Une très belle lecture, donc, avec un univers qui, sans être d'une originalité folle, est avant tout mûrement réfléchi et parfaitement cohérent, et un scénario pêchu mettant en scènes des héroïnes fortes et appelant la suite avec un enthousiasme confirmé !
Taxi Driver – Richard Elman (Editions Inculte) Lectures

Taxi Driver – Richard Elman (Editions Inculte)

Traduit par Claro. Ecrit en parallèle du scénario de Paul Schrader, ce roman se présente sous la forme du journal de bord de  Travis Bickle. Au gré de nuits sans sommeil et de pérégrinations dans les rues de New-York, le lecteur entre dans la tête de cet anti-héros, et plonge dans son cynisme, ses désillusions, sa folie. L'écriture est claire et direct, sans fioritures, hypnotique. Les personnages sont peu nombreux, mais on compte surtout parmi eux la ville de New York, qui n'est pas montrée sous son meilleur jour : sale, sauvage et violente. Nous dérivons avec Travis, suivant son monologue intérieur, témoins impuissants de son errance et de la montée en intensité de la frustration qui le conduira à chercher un hypothétique destin par la violence. C'est rapide, violent et juste.Mention spéciale à l'art work de la couverture signé Yann Legendre dont vous pouvez retrouver le travail sur son site.