Lu – Allez tous vous faire foutre – Aidan Truhen (Sonatine) Lectures

Lu – Allez tous vous faire foutre – Aidan Truhen (Sonatine)

Traduit par Fabrice Pointeau. Voilà un roman déroutant ! Écrit à la première personne, on y découvre le monologue de Jack Price, un criminel bien organisé, dont la routine va être mise à mal par le meurtre de sa voisine. On suivra sa quête du coupable, qui l'entraînera dans un ballade sanglante. Roman intéressant essentiellement par son style, le fond ne me laissera pas un souvenir impérissable. La forme, en revanche, est un bijou d'originalité. On y accrochera ou non. J'ai pour ma part bien aimé Price, de ses allures de psychopathe à son humour douteux, de ses digressions à ses attaques physiques et verbales. Il m'a fait passé un bon moment, dans ce roman parfaitement rythmé, à la violence survitaminée.
Vu – L’intervention de Fred Grivois Cinéma

Vu – L’intervention de Fred Grivois

Film inspiré de faits réels (la prise d'otage de Loyada, à Djibouti en 1976) mais prenant quelques libertés avec la réalité, L'intervention est un film d'action sous tension, dont la principale qualité est le jeu des acteurs, Alban Lenoir en tête.Qui s’intéresse un peu à l'histoire militaire ne manquera pas de faire quelques grimaces face à certaines erreurs et postures caricaturales, il faut réussir à mettre un peu de coté la réalité des faits, tenues et équipements (comme souvent dans ce genre de film de toute façon). Le ton parfois -très- léger peut également dérouter, mais a bien rempli son rôle de balancier envers une situation dramatique en ce qui me concerne.Reste les acteurs. Alban Lenoir, qui confirme tout le bien que je pense déjà de lui, de son jeu à ses choix de carrière. Olga Kurylenko, que j'ai redécouvert avec plaisir, et surtout Kevin Layne, particulièrement juste dans son rôle de preneur d'otage.Le film n'évite pas quelques écueils mais reste un très bel hommage aux victimes doublé d'un film d'action comme on aimerait en voir plus en France....
Lu – Midnight Movie – Tobe Hooper et Alan Goldsher (Michel Lafon) Imaginaire

Lu – Midnight Movie – Tobe Hooper et Alan Goldsher (Michel Lafon)

Traduit par Pascal Loubet. Pour apprécier Midnight Movie, il est je crois indispensable de ne pas le prendre au sérieux. C'est en effet une vaste blague que cet ouvrage mené par le réalisateur du briant Massacre à la tronçonneuse. Inutile d'y chercher les mêmes émotions, mais si vous voulez rire avec une histoire de zombies (certe, convenue) et la mise en abîme de l'auteur, c'est un bon divertissement. Le système de narration est original, il alterne les points de vues avec des articles de magazines, blogs et autres. La fin est précipitée et soyons honnête, il ne restera pas grand chose de cette lecture si ce n'est un bon moment de détente. C'est parfois tout ce qu'on attend.
Entendu – Interférences – Une fiction audio de Phil Goud Audio

Entendu – Interférences – Une fiction audio de Phil Goud

Je suis un peu en retard car cette fiction audio de 8 épisodes (pour environ 1h d'écoute) date de quelques mois, mais je ne pouvais pas ne pas vous la conseiller tant l'idée est originale et le médium bien utilisé. On y suit les aventures plutôt rocambolesques de Phil dans des doubles épisodes variant les points de vues. On peut soit écouter chaque histoire dans son ensemble ou chaque double épisode en parallèle. Je l'ai personnellement écoutée d'une traite tant j'ai été prise par l'histoire, je vous invite fortement à vous y plonger ! http://interferences.lepodcast.fr/
Lu – Le cercle de Farthing – Jo Walton (Denoël) Imaginaire

Lu – Le cercle de Farthing – Jo Walton (Denoël)

Traduit par Luc Carissimo. Le cercle de Farthing est un des premiers romans de Jo Walton, le premier tome de la Trilogie du subtil changement, qui met en scène l'inspecteur Carmichael. J'y ai aimé le parfait mélange entre deux courants : l'uchronie et le roman policier.L'histoire se déroule dans un monde post seconde guerre mondiale, dans lequel l'Angleterre a signé la paix avec l'Allemagne, toujours dirigée par Hitler. Quand le principal artisan de cette paix est assassiné au milieu de la réunion d'un grand cercle d'influence, tout désigne le seul invité juif....Jo Walton a su nous plonger au cœur de la bourgeoisie, celle qui est l’artisane des jeux de pouvoir. Il en ressort un portrait sans doute fidèle, parfaitement cynique, et qui fait la part belle à l'hypocrisie et aux faux semblants.Parallèlement à ça, nous assistons à un récit assez glaçant sur la montée du fascisme, qui nous interroge sur ce que serait le statut des juifs dans une Europe en paix avec Hitler...Au milieu de cette atmosphère très lourde, le récit policier est subtil, prenant et pique notre curiosité. Servi par des personnages tout en nuances, il est maîtrisé de bout en bout. Très sombre, ce roman écrit au début des années 2000 trouve son écho dans ce que l'on vit et découvre tous les jours, et il est parfois difficile d'y trouver de l'espoir... Le tableau dépeint, s'il est certainement réaliste, n'en est que plus dur...Je vous recommande donc la lecture du Cercle de Farthing, qui, dans un style qui rappelle parfois celui des classiques policiers anglais, saura retenir votre attention par son intrigue et son propos.
Vu – Ne coupez pas ! – Shin’ichirō Ueda Cinéma

Vu – Ne coupez pas ! – Shin’ichirō Ueda

Je vais très peu au cinéma mais ce film japonais m'a attirée comme un clocher attire la foudre. Un film fou, baroque, un tour de force qui casse les codes de la narration et qui plus est extrêmement drôle ! Il est distribué dans peu de salles malheureusement, mais si vous avez la chance d'avoir une salle qui le projette près de chez vous, foncez. Difficile d'en faire le pitch sans dévoiler une bonne partie de ce qui en fait le sel, je vais donc m'abstenir. La surprise n'en sera que plus savoureuse. Si vous aimez les projets originaux, si vous aimez être surpris, vous ne serez pas déçu ! Premier film dd Shin'ichirō Ueda, voilà certainement un réalisateur à surveiller....
Lu – Evariste – Olivier Gechter (Mnémos) Imaginaire

Lu – Evariste – Olivier Gechter (Mnémos)

Evariste est resté assez longtemps dans ma PAL, et je ne saurais encore aujourd'hui dire pourquoi... Pourtant, je suis les aventures d'Olivier Gechter depuis un moment (sur Twitter essentiellement) et je me rappelle de très jolis échanges.  J'ouvre d'ailleurs une parenthèse pour vous conseiller le podcast Les archives de l'Insondable qu'il coécrit avec Vincent Corlaix, qui est raconté par Dimitri Reigner et mis en son par François TJP. Des microfictions bien troussées et bien agréables à écouter! Bref, me voici donc enfin à l'attaque d'Evariste. Ce livre a tout pour me plaire: un petit côté fantasy urbaine, une certaine férocité et beaucoup d'humour.  J'ai passé un très bon moment à la découverte des aventures d'Evariste Cosson, cet occultiste empêtré dans les affres de l'entrepreneuriat et d'une histoire de cœur compliquée, et aux prises avec une organisation bien décidée à lui mettre des bâtons dans les roues... Sur une intrigue, certes, assez convenue, Olivier Gechter construit une histoire enlevée, ponctuée par nombre de rebondissements, et très ancrée dans la modernité. Il a rapidement réussi à capter mon intérêt pour son héros, particulièrement sympathique, et avec qui je partage certains inconvénients de la vie francilienne. Un réel travail a d'ailleurs été fait autour des personnages, qui ont chacun une sacrée personnalité et qu'on identifie très vite. Certaines scènes d'action m'ont semblé un peu molles... Dommage, car ça casse le rythme d'un livre qui n'en manque pourtant pas...  Evariste est donc un roman très plaisant, qui ouvre les perspectives d'un univers riche et fouillé. Il y a vraiment de quoi en faire un suite... qui est déjà dans les tiroirs de l'auteur je crois...
Spicilège #2 BD

Spicilège #2

Bonjour cher Lecteur, chère Lectrice, Je continue à chercher de jolies choses à te partager, au milieu d'un quotidien parfois bien morose des petites perles se cachent parfois et n'attendent que d'être découvertes, voici ma deuxième moisson... Sur l'écran de mon ordinateur... Deux nouvelles chaînes Youtube se sont partagé mon attention ces derniers temps, et elles parlent toutes les deux de cinéma de genre. La première, c'est Terrain Z, une chaîne qui propose chaque semaine du contenu en rapport avec un film, et qui propose ledit film en intégralité (légalement) à la fin du mois. C'est bien pensé, bien produit et super intéressant! La seconde, c'est Le coin du Bis , une chaîne qui propose également du contenu thématique autour du cinéma Bis. Tournée dans un vidéoclub, j'y ai découvert avec plaisir un diptyque sur John Carpenter, ou plus récemment une sélection de 20 films plus fous les uns que les autres. On sent beaucoup de passion, le contenu est très pointu. Dans mes oreilles... Sur les conseils de Dimitri Régnier dans sa newsletter Le Mégaphone (abonne toi), j'ai écouté la fiction audio Doulanges, produite par la RTBF. Il s'agit d'une série de courts épisodes (10 épisodes d'environ 10 minutes), une enquête policière reconstituée à partir des enregistrements d'une jeune journaliste, dans le style "found footage". C'est très bien écrit, joué et monté, ça tient vraiment en haleine.... J'ai récemment découvert également le podcast Dans l'ombre des légendes, de Charlie Bird Parker. Une "histoire particulière des légendes urbaines de Paris" qui commence par le récit inquiétant d'un tueur d'enfant dont on croyait l'enquête close... Un podcast à l'ambiance sonore soignée, intrigant et inquiétant... Sur les pages que je tourne... Récemment j'ai lu la BD The Black Holes, de Borja Gonzales chez Dargaud. Difficile de mettre des mots sur une histoire qui tient plutôt de l'errance, mais c'est un petit bijou de poésie visuelle, avec des thèmes qui me parlent particulièrement : l'art, la musique, la littérature, et la soif de liberté.  Il faut se laisser porter par l'onirisme tant cet album donne de l'importance à l'ambiance plus qu'au sens ; mais au final un magnifique voyage... Je viens de finir également les 2 tomes des Montagnes Hallucinées du mangaka Gou Tanabé chez Ki-Oon. Une adaptation puissante du récit de H.P. Lovecraft. Les traits sont fins, fiévreux, torturés, et rendent bien l'ambiance cauchemardesque et désenchantée de cet univers. Le froid omniprésent comme une menace sourde, la panique, la folie... un très bel ouvrage, particulièrement mis en avant par un écrin splendide (couverture en faux cuir et reliure cousue). C'est la fin de mes découvertes pour cette fois-ci... à bientôt !
Lu – Signal d’alerte – Neil Gaiman (Au Diable Vauvert) Imaginaire

Lu – Signal d’alerte – Neil Gaiman (Au Diable Vauvert)

Traduit de l'anglais par Patrick Marcel. Vous le savez, je suis une grande admiratrice de Neil Gaiman. Je ne pouvais donc pas passer à côté de son dernier recueil de nouvelles. Le travail de la maquette et de la couverture des éditions Au Diable Vauvert ne déroge pas de d'habitude : il est somptueux. C'est un très bel objet que ce Signal d'alerte. Comme à son habitude, Neil Gaiman regroupe dans ce recueil des textes de tailles, d'ambiances et d'inspirations disparates, chacun introduit par la mise en contexte de sa création. Il serait mensonger de crier au chef d’œuvre à chaque page, tant il est difficile de maintenir une qualité égale dans ce genre d'ouvrage, mais Signal d'alerte détient son lot de perles. Neil Gaiman a l'art et la manière de revisiter les contes de fées, comme le prouve la grande qualité de la nouvelle La Dormeuse et le Rouet. Il ne manque pas non plus de rendre hommage à de grands auteurs comme Conan Doyle, ou Ray Bradbury (dans une nouvelle particulièrement touchante). Fantastique, fantasy urbaine, tantôt humoristique, tantôt grave ou mélancolique, cet ouvrage fait passer par nombre d'émotions diverses et variées. Si vous connaissez déjà le travail de Gaiman, vous y retrouverez avec plaisir ses thèmes de prédilection, encore une fois magnifiés. Si vous ne le connaissez pas encore, je reste persuadée que ses recueils de nouvelles sont une très bonne entrée en matière. Dans tous les cas, je vous invite donc avec enthousiasme à vous plonger dans ce Signal d'alerte. Si certains des derniers romans de Gaiman étaient plaisant mais anecdotiques, ce recueil est d'une poésie et d'une inventivité vivifiante!
Lu – Mondocane – Jacques Barbéri (La Volte) Lectures

Lu – Mondocane – Jacques Barbéri (La Volte)

Mondocane, pour moi, c'est avant tout le film éponyme (quoique en deux mots), le "shockumentaire" de Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi et les ersatz qui ont suivi dans la mouvance du courant d'exploitation "Mondo". Je me rappelle d'ailleurs d'un "Face à la mort" (le 2, le 3?) particulièrement crasseux, maté au milieu d'une bande d'ados décérébrés afin de satisfaire un goût du voyeurisme malsain et d'une transgression au final bien sage, on n'est pas sérieux quand on a 17 ans ! Comment présenter Mondocane ? Il s'agit manifestement d'un ensemble de nouvelles dont le contenu a été enrichi pour cette édition. Mondocane... "Monde chien", putain de monde... Je m'attendais à un post-apo classique, peut-être un peu trashouille... Rien ne me préparait au monde déchiré décrit par Barbéri... Véritable sculpteur de cauchemar, il nous présente un univers ravagé, grossier, halluciné, peuplé de créatures mutantes, véritable précis de tératologie. Au milieu de ce monde vicié, son héros, Jack doit apprendre à survivre tout en faisant le deuil de son ancienne vie. Des nouvelles règles de subsistance, des nouvelles valeurs à intégrer, mais aussi quelques nouveaux amis pour le guider... Véritable coup de poing, cette lecture m'a fortement marquée. Par la puissance évocatrice de l'écriture de Barbéri, par son univers torturé, par la fascination malsaine des corps mutilés, mutés, enchevêtrés, fusionnés.... Un body horror poussé à l'extrême, dont la seule limite est l'imagination du lecteur... Une lecture telle que j'en attendais une, sans le savoir, que j'ai dévorée avec appétit et que je n'oublierais pas de sitôt...