Science Fiction

Bolchoï Arena, T1 : Caelum Incognito – Boulet & Aseyn (Delcourt) BD

Bolchoï Arena, T1 : Caelum Incognito – Boulet & Aseyn (Delcourt)

Ceux qui me suivent le savent déjà: je suis une grande fan de Boulet, dont je suis le travail depuis un paquet d'année. J'ai donc tout de suite été intéressée quand il a commencé à parler de son projet de BD de science-fiction. Je connaissais peu par contre le travail d'Aseyn, à part quelques planches dans une BD Axolot. Si j'ai été frappée par la finesse de son dessin, j'avoue que son style est assez éloigné de mes goûts personnels. C'est donc pleine de curiosité et assez confiante que j'ai démarré cette lecture, piquée par l'avant goût distillé par Boulet des mois durant. Mes petites appréhensions ont été rapidement balayées, car j'ai été emportée par l'univers visuel de cet ouvrage dès les premières pages. Aseyn est vraiment le dessinateur rêvé pour ce faire. Il a une identité visuelle propre qui m'a rappelée celle du manga Akira (ceux qui me connaissent savent aussi que c'est à peu près ma seule référence en terme de dessin japonais...). Estomaquée par l'importance donnée aux détails visuels et scénaristiques, j'ai adoré suivre les aventures de Marje au milieu du Bolchoï, un monde de réalité virtuelle dont elle découvre les possibilités et les codes en même temps que le lecteur. J'ai également apprécié le choix de colorisation évitant les teintes trop vives, qui n’empêche absolument pas le rendu de l'action (et de l'action, il y en a!) et qui participe au caractère original du visuel. Une très belle lecture, donc, avec un univers qui, sans être d'une originalité folle, est avant tout mûrement réfléchi et parfaitement cohérent, et un scénario pêchu mettant en scènes des héroïnes fortes et appelant la suite avec un enthousiasme confirmé !
Le livre des crânes – Robert Silverberg (Le livre de Poche) Imaginaire

Le livre des crânes – Robert Silverberg (Le livre de Poche)

Traduit par Guy Abadia. Je retrouve Robert Silverberg avec grand plaisir après L'oreille interne, qui m'a déjà beaucoup marquée. En nous narrant le road trip hypnotique de ces 4 héros cyniques, Silverberg signe un roman initiatique magistral. Poétique, choquant, le récit donne tour à tour la parole à chacun des jeunes personnages, et plonge dans leur intellect encore en construction. Il s'évertue à mettre à nu leurs failles, leurs doutes, leurs secrets les plus enfouis. Mettant en opposition 4 parcours totalement différents, le récit questionne le rapport aux pères, à la foi, à la postérité. Cet étonnant voyage dans la psyché est servi par une plume affûtée, au style soutenu. Quand à l'aspect fantastique, il n'est là que pour servir de but, mais cela importe peu. Comme souvent, ce n'est pas la destination qui importe mais le voyage. Ce deuxième rendez-vous avec Robert Silverberg vient confirmer la très grande admiration que j'ai pour cet auteur.