post-apo

Lu – Malevil – Robert Merle (Gallimard) Imaginaire

Lu – Malevil – Robert Merle (Gallimard)

Grand classique du post-apocalyptique français, Malevil a inauguré ma PAL de l'été que j'ai sobrement intitulée "retour aux classiques du fantastique". Publié en 1972, il reprend les craintes de l'époque d'une apocalypse nucléaire, à laquelle une poignée d'hommes survivent grâce à la robustesse des pierres du château de Malevil. Ecrit sous la forme des mémoires du personnage principal (Emmanuel Comte, propriétaire original de Malevil) parfois entrecoupées de quelques réflexion d'un autre protagoniste, le roman change de certains autre classiques qui n'abordent que la survie à court terme. En effet, dès que la catastrophe est avérée, Emmanuel Comte et ses acolytes ont à cœur de reconstruire un semblant de civilisation, et de pérenniser la survie de tous. Porté par des personnages forts et principalement masculins (le roman est en effet assez viriliste), il met également en scène des portraits de femmes qui, s'ils peuvent paraître caricaturaux, sont beaucoup plus fins qu'ils peuvent le sembler de prime abord. Le style n'est pas si daté, et le roman se lit assez facilement. Mis à part une introduction qui traîne un peu, il ne souffre d'aucune longueur, mais il faut s'adapter au rythme parfois lent, pourtant en parfaite adéquation avec le rythme de vie imposé par les événements. Au final, les quelques 600 pages ne m'ont pas résisté plus de quelques jours, tant l'histoire est prenante. Abordant les thèmes chers au survivalisme (agressivité, justice, défense et place de la religion), Malevil dresse un fresque de grande ampleur, et cherche a faire triompher les hommes de leurs propres faiblesses et travers. Formidable aventure humaine, un roman à lire absolument, que je rapprocherais du roman Ravage, de René Barjavel, qui m'avait également marqué en son temps. Un mot pour finir sur l'adaptation qu'en a fait Christian de Chalonge en 1980. Prenant beaucoup de libertés avec le roman (au point que Robert Merle a totalement désavoué le film), il n'en reprend que la situation de base et le personnage principal (formidable Michel Serrault, qui incarne selon moi parfaitement le rôle, avec le génie qui était le sien), les autres personnages étant totalement réinterprétés voir inventés. Il est cependant également une oeuvre admirable à découvrir, à l'atmosphère et au rythme incomparable, une vraie réussite du cinéma fantastique français.
Lu – Après la chute – Nancy Kress (ActuSF) Imaginaire

Lu – Après la chute – Nancy Kress (ActuSF)

Un roman atypique, à la lecture très addictive. Après la chute est structuré autour de trois lignes de narration : 2 dans le présent et 1 dans le futur. La maestria avec laquelle l'auteure jongle avec ces différents points de vue donne tout son rythme au récit. Au futur post-apocalyptique répond un présent où une mathématicienne aide le FBI à résoudre des disparitions d'enfants, tandis que d'étranges mutations voient le jour... Autour de plusieurs personnages assez solides, le récit monte en tension, évitant longueurs et égarements. L'écriture est précise, franche, totalement en adéquation avec les différents genres explorés tout au long du roman (post-apocalyptique, policier, huis-clos...). Je regrette cependant la concision du récit, qui empêche un développement plus appronfondi des protagonistes, et la fin précipitée, qui manque d'envergure face à l'empleur de l'univers mis en place. Cela reste cependant un excellent moment de lecture, qui me donne envie d'en découvrir plus de Nancy Kress.
Lu – Mondocane – Jacques Barbéri (La Volte) Lectures

Lu – Mondocane – Jacques Barbéri (La Volte)

Mondocane, pour moi, c'est avant tout le film éponyme (quoique en deux mots), le "shockumentaire" de Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi et les ersatz qui ont suivi dans la mouvance du courant d'exploitation "Mondo". Je me rappelle d'ailleurs d'un "Face à la mort" (le 2, le 3?) particulièrement crasseux, maté au milieu d'une bande d'ados décérébrés afin de satisfaire un goût du voyeurisme malsain et d'une transgression au final bien sage, on n'est pas sérieux quand on a 17 ans ! Comment présenter Mondocane ? Il s'agit manifestement d'un ensemble de nouvelles dont le contenu a été enrichi pour cette édition. Mondocane... "Monde chien", putain de monde... Je m'attendais à un post-apo classique, peut-être un peu trashouille... Rien ne me préparait au monde déchiré décrit par Barbéri... Véritable sculpteur de cauchemar, il nous présente un univers ravagé, grossier, halluciné, peuplé de créatures mutantes, véritable précis de tératologie. Au milieu de ce monde vicié, son héros, Jack doit apprendre à survivre tout en faisant le deuil de son ancienne vie. Des nouvelles règles de subsistance, des nouvelles valeurs à intégrer, mais aussi quelques nouveaux amis pour le guider... Véritable coup de poing, cette lecture m'a fortement marquée. Par la puissance évocatrice de l'écriture de Barbéri, par son univers torturé, par la fascination malsaine des corps mutilés, mutés, enchevêtrés, fusionnés.... Un body horror poussé à l'extrême, dont la seule limite est l'imagination du lecteur... Une lecture telle que j'en attendais une, sans le savoir, que j'ai dévorée avec appétit et que je n'oublierais pas de sitôt...