policier

Lu – Le cercle de Farthing – Jo Walton (Denoël) Imaginaire

Lu – Le cercle de Farthing – Jo Walton (Denoël)

Traduit par Luc Carissimo. Le cercle de Farthing est un des premiers romans de Jo Walton, le premier tome de la Trilogie du subtil changement, qui met en scène l'inspecteur Carmichael. J'y ai aimé le parfait mélange entre deux courants : l'uchronie et le roman policier.L'histoire se déroule dans un monde post seconde guerre mondiale, dans lequel l'Angleterre a signé la paix avec l'Allemagne, toujours dirigée par Hitler. Quand le principal artisan de cette paix est assassiné au milieu de la réunion d'un grand cercle d'influence, tout désigne le seul invité juif....Jo Walton a su nous plonger au cœur de la bourgeoisie, celle qui est l’artisane des jeux de pouvoir. Il en ressort un portrait sans doute fidèle, parfaitement cynique, et qui fait la part belle à l'hypocrisie et aux faux semblants.Parallèlement à ça, nous assistons à un récit assez glaçant sur la montée du fascisme, qui nous interroge sur ce que serait le statut des juifs dans une Europe en paix avec Hitler...Au milieu de cette atmosphère très lourde, le récit policier est subtil, prenant et pique notre curiosité. Servi par des personnages tout en nuances, il est maîtrisé de bout en bout. Très sombre, ce roman écrit au début des années 2000 trouve son écho dans ce que l'on vit et découvre tous les jours, et il est parfois difficile d'y trouver de l'espoir... Le tableau dépeint, s'il est certainement réaliste, n'en est que plus dur...Je vous recommande donc la lecture du Cercle de Farthing, qui, dans un style qui rappelle parfois celui des classiques policiers anglais, saura retenir votre attention par son intrigue et son propos.
Lu – Lord Gwynplaine – Jean-Bernard Pouy et Patrick Raynal (Albin Michel) Lectures

Lu – Lord Gwynplaine – Jean-Bernard Pouy et Patrick Raynal (Albin Michel)

Relecture au plus proche du flamboyant Comte de Monte-Cristo de Dumas, Lord Gwynplaine est un polar dans sa plus pure expression : noir, haletant et addictif. Pour qui, comme moi, voue une véritable passion à l'oeuvre d'origine, c'est un peu déroutant, car les auteurs n'ont quasiment pas changé une ligne de l'histoire de base. Mais en le transposant dans les années 80 - 90, entre Mitterand et Chirac, Pouy et Raynal agrémentent ce récit d'un regard acéré sur les dérives de notre société. Reste qu'il est parfois compliqué de croire à certaines ficelles dans un monde moderne (ces mariages arrangés, ce duel à mort...). Il faudra donc, pour apprécier cette lecture, prendre un peu de recul sur les événements et laisser courir la suspension de l'incrédulité. On profitera alors d'un texte écrit avec une grande maîtrise, aux nombreux rebondissements et au rythme parfait.
Taxi Driver – Richard Elman (Editions Inculte) Lectures

Taxi Driver – Richard Elman (Editions Inculte)

Traduit par Claro. Ecrit en parallèle du scénario de Paul Schrader, ce roman se présente sous la forme du journal de bord de  Travis Bickle. Au gré de nuits sans sommeil et de pérégrinations dans les rues de New-York, le lecteur entre dans la tête de cet anti-héros, et plonge dans son cynisme, ses désillusions, sa folie. L'écriture est claire et direct, sans fioritures, hypnotique. Les personnages sont peu nombreux, mais on compte surtout parmi eux la ville de New York, qui n'est pas montrée sous son meilleur jour : sale, sauvage et violente. Nous dérivons avec Travis, suivant son monologue intérieur, témoins impuissants de son errance et de la montée en intensité de la frustration qui le conduira à chercher un hypothétique destin par la violence. C'est rapide, violent et juste.Mention spéciale à l'art work de la couverture signé Yann Legendre dont vous pouvez retrouver le travail sur son site.
La quiche fatale, une enquête d’Agatha Raisin – M.C. Beaton (Albin Michel) Lectures

La quiche fatale, une enquête d’Agatha Raisin – M.C. Beaton (Albin Michel)

Livre traduit par Esther Ménévis. Un livre sympathique et léger. Agatha Raisin est une héroïne assez hors norme à qui il arrive des péripéties drolatiques sur fond de campagne anglaise. L'ambiance est bucolique, les personnages truculents, et l'héroïne, bien que doté d'un fichu caractère, a gagné toute ma sympathie. On est entre l'hommage et la caricature des romans d'Agatha Christie Personnellement, Agatha Raisin m'a furieusement fait  penser au personnage d'Imogène McCarthery de Charles Exbrayat dont je me délectais adolescente! C'est une lecture typiquement britannique, qui fait sourire et passe le temps agréablement. Parfait pour les beaux jours!
La nuit de l’ogre – Patrick Bauwen (Albin Michel) Lectures

La nuit de l’ogre – Patrick Bauwen (Albin Michel)

J'ai reçu La nuit de l'ogre dans le cadre d'une opération masse critique sur Babelio. J'ai une certaine affection pour Patrick Bauwen depuis que j'ai lu son premier roman L'oeil de Caine, que j'ai trouvé magistral. J'ai lu plusieurs de ses autres ouvrages et d'ailleurs j'en ai déjà chroniqué un sur ce blog (Les fantômes d'Eden). J'avoue que je n'y ai jamais retrouvé la maestria de ses débuts. La nuit de l'ogre ne fait pas exception.  L'histoire met en scène le docteur Christian Kovak, et je n'ai malheureusement pas réussi à m'attacher à ce personnage. Peut-être est-ce parce que je n'ai pas lu le précédent roman, Le jour du chien, dont il était le héros également, mais je l'ai trouvé trop sombre, trop imprévisible, voir incohérent. Le récit est, selon moi, trop long à se mettre en place, et l'action ne décolle que dans les 100 dernières pages. Difficile d'accrocher aux longues errances des personnages, qui semblent tous dénoués de sentiments. Il en ressort une atmosphère assez clinique, trop factuelle.  Reste l'intrigue policière, qui arrive tout de même à tenir en haleine (on a envie de savoir le fin mot de l'histoire!), et que j'ai trouvé très bien imaginée, glaçante et fascinante, et le style de Bauwen, qui va à l'essentiel, et sait parfaitement captiver son lecteur. Comme toujours le roman est richement documenté, sur un sujet particulièrement original. Et sur tous les aspects médicaux, Bauwen prouve une fois de plus qu'il sait de quoi il parle! Rendez-vous manqué pour moi, mais cela ne me détourne pas de cet auteur, la prochaine fois sera la bonne!
Le lecteur de cadavres – Antonio Garrido (Le livre de poche) Lectures

Le lecteur de cadavres – Antonio Garrido (Le livre de poche)

Traduit par Nelly et Alex Lhermillier.   J'ai été complètement emportée par cette immense fresque historique rendant hommage à la vie de Ci Song, considéré comme le premier médecin légiste de l'histoire. L'histoire, justement, prend place dans la Chine impériale du XIIIème siècle. Le travail de recherche de l'auteur est impressionnant. En effet, il ne nous propose pas seulement une histoire passionnante, mais également un véritable guide de cette époque: linguistique, coutumes, explications des mesures de temps et d'espace... tout pour nous plonger en plein cœur du récit. Le livre faisant plus de 700 pages, c'est un véritable roman fleuve, qui retrace tout le début de la vie de Ci Song, et celui-ci ne sera pas épargné par les épreuves! Particulièrement addictive, l'histoire ne souffre d'aucune longueur, et réserve son lot de retournements de situation. Passionnant, envoûtant, ce livre est une véritable réussite, et ravira les amateurs de romans historiques.
Fractures – Franck Thilliez (Pocket) Lectures

Fractures – Franck Thilliez (Pocket)

Quand je manque de motivation au niveau lecture je me tourne souvent vers Franck Thilliez, qui me déçoit rarement. Fractures est l'un des romans qu'il a écrit en dehors de ses personnages fétiches de Franck Sharko et Lucie Hennebelle. C'est une intrigue isolée qui reprend des thèmes qui lui sont chers : maladie mentale, passé obscur et faux semblant. Le tout avec une bonne dose de cruauté, tant cet auteur affectionne les immondes salauds. Comme d'habitude c'est rudement bien mené et comme d'habitude c'est très efficace. Un livre qu'il est très difficile de lâcher une fois sa lecture entamée, et qui fait naître beaucoup d'émotions contradictoires.
Agent double – Daniel O’Malley (Super 8) Imaginaire

Agent double – Daniel O’Malley (Super 8)

Roman traduit de l'anglais par Valérie Le Plouhinec. Ce livre est la suite du roman The Rook, du même auteur. Vous pouvez lire mon avis sur ce premier roman sur Babelio. La suite des aventures de la Checquy prend un parti assez radical et très intéressant. Myfanwy Thomas, l'héroïne amnésique du premier livre, n'est pas le personnage principal de cette histoire. Elle est présente, bien sûr, et a un rôle important à jouer, mais d'autres personnages sont chargés de faire avancer l'intrigue. Et quels personnages!!! Si j'ai déjà salué dans The Rook la capacité de l'auteur à nous offrir un univers foisonnant, dans Agent Double, il libère toute son énergie créative!!! Car entre les pouvoirs surnaturels des membres de la Checquy et les manipulations génétiques des Greffeurs, il s'en est donné à coeur joie! Le livre est en effet une véritable fresque, de plus de 800 pages. Et même si j'y ai décelé quelques longueurs, l'ensemble est tout de même très bien équilibré. Au milieu donc d'une foule de personnages bigarrés, les 2 personnages principaux sont une fois de plus féminins. Ceci étant posé, le roman aborde également des thématiques lourdes, et pas toujours du point de vue humoristique: xénophobie, terrorisme... Le conflit qui oppose Checquy et Greffeur résonne un peu trop facilement dans l'histoire contemporaine.  Ce livre est féroce, cynique, avec cette pointe d'humour anglais qui permet de désamorcer les situations trop lourdes.  Ce roman fut donc un énorme plaisir de lecture: drôle, rythmé et intelligent. La suite de The Rook tiens toutes ses promesses.
Série Z – J.M. Erre (Buchet Chastel) Policier

Série Z – J.M. Erre (Buchet Chastel)

Un nouveau roman de J.M. Erre, un auteur de j'apprécie beaucoup. Après le très très bon Mystère Sherlock, la lecture de Série Z a été un vrai plaisir. Roman loufoque et ultra référencé, il m'a prise par les sentiments, tant j'ai d'affection pour ce type de cinéma. L'auteur nous offre une intrigue policière d'une originalité folle et au rythme soutenu (ce qui est un exploit, l'essentiel de l'histoire se passe dans une maison de retraite!). Ses personnages sont super attachants, mention spéciale aux "vieux", qui forment un groupe de personnages forts, qui volent la vedette aux autres. Félix Zac a, quand à lui, le profil même du chic type, un peu perdu et du coup, assez attendrissant, qui se démène au milieu d'une histoire qui le dépasse. Le suspens est parfaitement maîtrisé, les rebondissements font mouche. Au delà d'un hommage aux séries Z, ce roman brasse un ensemble de thèmes beaucoup moins légers, avec humour et finesse.  Bref, Série Z est un très bon roman, qui vous mettra de bonne humeur!