Albin Michel

Lu – Lord Gwynplaine – Jean-Bernard Pouy et Patrick Raynal (Albin Michel) Lectures

Lu – Lord Gwynplaine – Jean-Bernard Pouy et Patrick Raynal (Albin Michel)

Relecture au plus proche du flamboyant Comte de Monte-Cristo de Dumas, Lord Gwynplaine est un polar dans sa plus pure expression : noir, haletant et addictif. Pour qui, comme moi, voue une véritable passion à l'oeuvre d'origine, c'est un peu déroutant, car les auteurs n'ont quasiment pas changé une ligne de l'histoire de base. Mais en le transposant dans les années 80 - 90, entre Mitterand et Chirac, Pouy et Raynal agrémentent ce récit d'un regard acéré sur les dérives de notre société. Reste qu'il est parfois compliqué de croire à certaines ficelles dans un monde moderne (ces mariages arrangés, ce duel à mort...). Il faudra donc, pour apprécier cette lecture, prendre un peu de recul sur les événements et laisser courir la suspension de l'incrédulité. On profitera alors d'un texte écrit avec une grande maîtrise, aux nombreux rebondissements et au rythme parfait.
La quiche fatale, une enquête d’Agatha Raisin – M.C. Beaton (Albin Michel) Lectures

La quiche fatale, une enquête d’Agatha Raisin – M.C. Beaton (Albin Michel)

Livre traduit par Esther Ménévis. Un livre sympathique et léger. Agatha Raisin est une héroïne assez hors norme à qui il arrive des péripéties drolatiques sur fond de campagne anglaise. L'ambiance est bucolique, les personnages truculents, et l'héroïne, bien que doté d'un fichu caractère, a gagné toute ma sympathie. On est entre l'hommage et la caricature des romans d'Agatha Christie Personnellement, Agatha Raisin m'a furieusement fait  penser au personnage d'Imogène McCarthery de Charles Exbrayat dont je me délectais adolescente! C'est une lecture typiquement britannique, qui fait sourire et passe le temps agréablement. Parfait pour les beaux jours!
La nuit de l’ogre – Patrick Bauwen (Albin Michel) Lectures

La nuit de l’ogre – Patrick Bauwen (Albin Michel)

J'ai reçu La nuit de l'ogre dans le cadre d'une opération masse critique sur Babelio. J'ai une certaine affection pour Patrick Bauwen depuis que j'ai lu son premier roman L'oeil de Caine, que j'ai trouvé magistral. J'ai lu plusieurs de ses autres ouvrages et d'ailleurs j'en ai déjà chroniqué un sur ce blog (Les fantômes d'Eden). J'avoue que je n'y ai jamais retrouvé la maestria de ses débuts. La nuit de l'ogre ne fait pas exception.  L'histoire met en scène le docteur Christian Kovak, et je n'ai malheureusement pas réussi à m'attacher à ce personnage. Peut-être est-ce parce que je n'ai pas lu le précédent roman, Le jour du chien, dont il était le héros également, mais je l'ai trouvé trop sombre, trop imprévisible, voir incohérent. Le récit est, selon moi, trop long à se mettre en place, et l'action ne décolle que dans les 100 dernières pages. Difficile d'accrocher aux longues errances des personnages, qui semblent tous dénoués de sentiments. Il en ressort une atmosphère assez clinique, trop factuelle.  Reste l'intrigue policière, qui arrive tout de même à tenir en haleine (on a envie de savoir le fin mot de l'histoire!), et que j'ai trouvé très bien imaginée, glaçante et fascinante, et le style de Bauwen, qui va à l'essentiel, et sait parfaitement captiver son lecteur. Comme toujours le roman est richement documenté, sur un sujet particulièrement original. Et sur tous les aspects médicaux, Bauwen prouve une fois de plus qu'il sait de quoi il parle! Rendez-vous manqué pour moi, mais cela ne me détourne pas de cet auteur, la prochaine fois sera la bonne!