Projet Bradbury 2017 – 14 nouvelles de Neil Jomunsi

Si vous voulez savoir ce qu’est le projet Bradbury, rendez-vous ici.

Retrouvez sur cette page mon avis sur les 14 nouvelles qui forment le premier cycle de ce projet Bradbury, l’auteur ayant décidé de mettre fin à l’aventure pour le moment. 

Il reste de ce projet 14 nouvelles, certes inégales (mais c’est inévitable), mais dont certaines sont de petits bijoux. Ce fut un grand plaisir de retrouver ce rythme de lecture et d’accompagner ce processus créatif. 


Parasite – sortie le 11/12/2017

Cette semaine nous partons au pays des rêves et je ne sais pas encore s’il était agréable ou si c’était un cauchemar. Une nouvelle assez angoissante, tant l’idée que quelqu’un (ou quelque chose) puisse s’immiscer consciemment dans mes rêves me met mal à l’aise. Je suis contente que ce cycle se termine sur cette nouvelle car c’est dans ce genre d’ambiance (onirique, aux portes du fantastique) que je préfère Neil Jomunsi.


Petit dieu – sortie le 04/12/2017

Une fois n’est pas coutume, j’avoue que je suis passée à côté cette semaine. Et je ne veux pas dire par là que j’ai trouvé le récit mauvais. C’est doux et fin, et joliment amené. Mais j’ai eu du mal à comprendre le propos, le sujet m’intéressant peu. 


Gouffre – sortie le 27/11/2017

Comment définir la notion d’amitié? Voilà qui n’est pas si simple. Une nouvelle, triste et d’une très grande justesse portée par la plume acérée de Neil Jomunsi. Si la précédente nouvelle m’a laissé mitigée, j’ai retrouvé cette semaine un texte tout en finesse, à la fois délicat et cruel, et dont le propos semble si plausible qu’il laisse un goût amer en bouche.


Amis – sortie le 20/11/2017

Encore un thème très fort abordé par Neil Jomunsi. Il mérite une réflexion profonde et j’ai (pour une fois) trouvé le texte trop court, trop naïf et donc un poil frustrant. Ceci dit, le point de vue moral adopté par l’auteur permet d’amorcer cette réflexion, qui aura besoin d’être nourrie par plus de connaissances.
Reste de belles idées, un texte assez touchant.


Robbie – sortie le 13/11/2017

Une nouvelle très dérangeante, certainement car elle touche à quelque chose de très intime. Impossible pour moi de ne pas penser au film IA qui m’a dérangé de la même façon. Questionner de façon si « mécanique » le désir d’enfant me colle des frissons. C’est clairement une avancée technologique à laquelle je ne suis pas prête! Et pourtant je pense qu’à l’avenir, la robotisation sera certainement le moyen le plus direct que nous aurons pour nous questionner sur l’humanité. Une nouvelle passionnante à lire, donc.


Incendie – sortie le 06/11/2017

C’est très difficile d’écrire sur cette nouvelle. Je ne saurais dire ce qui m’a plu, ce qui  m’a touché… mais j’ai été touchée, et je trouve cette nouvelle superbe, mélancolique et poétique, particulièrement douce. Elle fait certainement écho à quelque chose en moi, mais je n’ai pas réussi à mettre le doigt sur quoi. Ce n’est pas grave, c’est juste un très beau texte à lire. C’est ce genre de nouvelle qui me fait me rendre compte d’à quel point le style de Neil Jomunsi s’est affiné avec le temps. 


Théorie de la chaussette disparue – sortie le 30/10/2017

Parler de miracle et de notre rapport à tout ça n’est pas toujours facile. Sur ce sujet, Neil Jomunsi nous livre une nouvelle à la fois drôle et tendre. Le personnage principal, William, le spécialiste du paranormal, est particulièrement sympathique, et c’est la légèreté avec laquelle il prend les choses qui donne toute sa saveur à cette histoire. J’ai de plus adoré sa théorie, et je ne regarde plus mon lave linge de la même façon à présent!


Coprophages – sortie le 23/10/2017

Je préfère prévenir: la nouvelle porte bien son nom! C’est crade, crade, crade!!! En poussant la satyre à l’extrême, Neil Jomunsi égratigne (non… déchire complètement) le monde du marketing et la facilité avec laquelle il nous séduit.
Pour ma part, j’ai trouvé la métaphore assez grossière, et le dégoût a pris le dessus sur la réflexion. Ceci dit, ça a le mérite d’être limpide!!!


Doppelgänger – sortie le 16/10/2017

J’ai bien ri! Mais comme souvent chez Neil Jomunsi le rire sert aussi à camoufler un certain trouble. A partir d’une situation cocasse, grâce à un personnage principal finement troussé, il distille un cynisme qui fait mouche. Et même si je me suis réjouis avec une certaine satisfaction de la chute, une petite sueur froide a perlé… Encore une nouvelle propice à l’introspection.


Les heures qui nous séparent de l’aube – sortie le 09/10/2017

Une nouvelle qui m’a moins parlé que les précédentes. Assez anecdotique à mon sens, elle possède tout de même un atout de poids: elle parle d’enfance, et c’est un sujet sur lequel Neil Jomunsi écrit très très bien.


Grosse – sortie le 02/10/2017

Une nouvelle coup de poing encore. La plus intense depuis le début de ce projet.
J’avoue que j’ai eu peur, le sujet est sensible. Et beaucoup d’auteurs s’y sont cassé les dents, sans réussir à éviter les poncifs.
Pas ici. Le texte est très difficile, cru, violent, mais drapé aussi d’une certaine pudeur. On n’en sort pas indemne, et sur un sujet comme celui-ci c’est exactement ce qu’il faut. Etre bousculé… être indigné… et y penser… y penser… et y repenser…


Vieilles Peaux – sortie le 24/09/2017

Sur un sujet qui, je trouve, manque un peu d’originalité (le cybersexe), Neil Jomunsi réussi à brasser des thèmes forts : rapport au corps et à la perfection, réalité virtuelle… Mais j’avoue que cette nouvelle en particulier, même si j’ai aimé la26 lire, n’a pas vraiment nourri ma réflexion sur le sujet. Reste un très beau texte, dont la principale qualité à mes yeux est son narrateur, criant d’humanisme.


Petits Papiers – sortie le 17/09/17

Une nouvelle qui surprend par son ton. L’apocalypse joyeuse, vous connaissez? (Oui, si comme moi vous pensez immédiatement à Paasilinna). C’est de cela qu’il est question. Quelque chose est arrivé, la civilisation telle que nous la connaissons a changée… et ce n’est pas un mal! C’est même plutôt sympa… il est peut être temps de se détacher totalement de tout cela…
Une jolie réflexion sur notre rapport à la modernité, un post-apo… pas vraiment apo!!!
Une nouvelle pleine de malice, à déguster comme une sucrerie.


Évadé – sortie le 11/09/17

Une première nouvelle sous forme d’uppercut tant le thème et la forme sont forts. L’auteur a choisi la parabole pour transformer une quête identitaire en véritable parcours du combattant. Cette lecture bouscule, interroge et mène à l’introspection. L’écriture est à la fois intense et délicate, et pleine d’envolées poétiques tout simplement somptueuses. Pour cette première nouvelle, Neil Jomunsi nous sort de notre zone de confort avec brio.

Jakabok – Clive Barker (Denoël)

Traduit par Jean-Pierre Pugi.

Ca fait un moment que je voulais lire du Clive Barker.

Au final, ce roman (qui semble à part dans la bibliographie de l’auteur), m’a laissé une impression assez mitigée.

Sur une idée de base assez bonne, l’auteur livre un texte débridé, assez gore mais qui pour moi manque cruellement d’humour. L’auteur semble avoir voulu se faire plaisir, mais le tout parait assez fade. Il m’a manqué un grain supplémentaire de folie, autre chose que de la violence pure. L’histoire est décousue, et je n’en ai pas compris la finalité. 

La forme, par contre, m’a beaucoup  plu, et c’est la bonne surprise de cette lecture.

Je ne suis pas sûre, en fin de compte, de renouveler l’expérience Clive Barker.

 

Psychédémie – Lilian Peschet

Quel plaisir de retrouver Lilian Peschet! C’est un auteur dont j’apprécie beaucoup les écrits, tant ses romans/nouvelles que son blog.

J’ai été très surprise par cette nouvelle. A la lecture des premières pages, je m’attendais à plus d’humour noir, alors qu’au final c’est une nouvelle dure et violente. L’histoire m’a complètement emportée, et arrivée à quelques pages de la fin, j’ai compris que je serai déconcertée, et frustrée.

Je pense qu’il y avais matière à un récit plus long que j’aurais été ravie de découvrir, mais la fin telle quelle est un tel coup de poing que je ne peux que l’applaudir également.

Un retour en force de Lilian Peschet qui me fait bien plaisir, je l’avoue.

Le grand n’importe quoi – J.M. Erre (Buchet Chastel)

Le hasard des réservations à la bibliothèque a voulu que je lise deux livres de J.M. Erre en peu de temps. 

Dans celui-ci on retrouve toute la fantaisie de l’auteur, qui a décidé de pousser l’absurde à l’extrême limite. C’est complètement fou, idiot et irrationnel.

Mais pour une fois, il a réussi à me perdre complètement! Même si cela ne m’a pas empêché de rire à certaines idées, franchement grandioses, la globalité de l’ouvrage m’apparaît assez anecdotique, et beaucoup moins savoureuse que Série Z, ou le formidable Le mystère Sherlock, qui reste celui de ses romans que je préfère.

Un roman plaisant, mais que je vais certainement oublier rapidement. 

Bartiméus : L’anneau de Salomon – Jonathan Stroud (Albin Michel Wiz)

Traduit de l’anglais par Hélène Collon.

L’anneau de Salomon est le premier livre que j’ai lu de Jonathan Stroud, auteur qui m’a été chaudement recommandé par Kylie Ravera.

Ce livre est un antépisode de la trilogie de Bartiméus, paru plusieurs années après les 3 premiers tomes.

Ce fut un livre assez plaisant à lire. Sa qualité majeure étant son personnage principal : le truculent Bartimeus. Il apporte toute sa saveur à ce récit plein d’action et d’humour. L’autre personnage principal, la jeune Asmira, est également une réussite, car beaucoup plus subtile qu’on pourrait le penser de prime abord.

J’ai aimé également le contexte historique de ce roman, qui prend part au milieu du mythe de Salomon, et de son sceau magique. Une bonne dose d’exotisme qui m’a bien dépaysée.

C’est un récit bien rythmé, qui brasse des thèmes intéressants, comme l’esclavagisme ou le libre arbitre. Pour être honnête, ce livre, s’il fut agréable, reste  anecdotique, mais il m’a tout de même donné envie de découvrir la trilogie de Bartiméus.

Agent double – Daniel O’Malley (Super 8)

Roman traduit de l’anglais par Valérie Le Plouhinec.

Ce livre est la suite du roman The Rook, du même auteur. Vous pouvez lire mon avis sur ce premier roman sur Babelio.

La suite des aventures de la Checquy prend un parti assez radical et très intéressant. Myfanwy Thomas, l’héroïne amnésique du premier livre, n’est pas le personnage principal de cette histoire. Elle est présente, bien sûr, et a un rôle important à jouer, mais d’autres personnages sont chargés de faire avancer l’intrigue.

Et quels personnages!!! Si j’ai déjà salué dans The Rook la capacité de l’auteur à nous offrir un univers foisonnant, dans Agent Double, il libère toute son énergie créative!!! Car entre les pouvoirs surnaturels des membres de la Checquy et les manipulations génétiques des Greffeurs, il s’en est donné à coeur joie! Le livre est en effet une véritable fresque, de plus de 800 pages. Et même si j’y ai décelé quelques longueurs, l’ensemble est tout de même très bien équilibré. Au milieu donc d’une foule de personnages bigarrés, les 2 personnages principaux sont une fois de plus féminins.

Ceci étant posé, le roman aborde également des thématiques lourdes, et pas toujours du point de vue humoristique: xénophobie, terrorisme… Le conflit qui oppose Checquy et Greffeur résonne un peu trop facilement dans l’histoire contemporaine. 

Ce livre est féroce, cynique, avec cette pointe d’humour anglais qui permet de désamorcer les situations trop lourdes. 

Ce roman fut donc un énorme plaisir de lecture: drôle, rythmé et intelligent. La suite de The Rook tiens toutes ses promesses.

Moi, Peter Pan – Michael Roch (Le peuple de Mü)

Quelle douce poésie a envahie ma liseuse grâce au Moi, Peter Pan de Michael Roch.

Un court roman onirique, métaphorique, dans lequel cet auteur (que j’apprécie beaucoup) parfait sa maîtrise du verbe.

Ce texte est ciselé, chaque mot est choisi avec soin. Le tout épuré de tout artifice. Il est parfois bon de n’avoir qu’à apprécier la beauté des mots et la justesse du propos.

Je vous invite vraiment à découvrir ce livre et à plonger dans la prose de cet immense auteur, de ce poète moderne qu’est Michael Roch.

 

Le cycle des Princes d’Ambre de Roger Zelazny

 

Je fréquente les bibliothèques depuis que je suis en âge de lire je pense, et je me rappelle que la bibliothèque municipale fut l’un des premier lieu que j’ai investi dès que j’ai pu sortir toute seule. J’y ai passé beaucoup de temps à rechercher des ouvrages dans les tiroirs pleins de fiches, ou à déambuler sans but, à la recherche d’un livre qui m’attirera l’œil.

 

Quand j’ai eu 14 ans, la toute nouvelle médiathèque de ma ville a ouvert ses portes. Il va sans dire qu’elle nous a beaucoup vus, mon frère et moi.

Et c’est là, lors d’une après-midi de flânerie, alors que j’étais en panne de lecture que je demandais à ce dernier s’il a un bon livre à me recommander, qu’il me met entre les mains le premier tome du cycle des princes d’Ambre : Les 9 Princes d’Ambre.

 

J’ai d’abord été fascinée par la couverture de ce livre de poche qui est absolument magnifique. Il faut dire qu’il a été édité par Denoël dans une collection qui n’existe malheureusement plus mais qui a marqué tout une génération d’amateurs de fantastique : Présence du futur. Cette collection faisait la part belle aux illustrateurs et celle choisie pour illustrer le cycle des princes d’Ambre, Florence Magnin, a un talent fou.

Les couvertures du cycle des Princes d’Ambre sont non seulement magnifiques, mais l’ensemble des tomes forment en plus un paysage supplémentaire une fois leurs dos mis côte à côte.
La couverture en elle même promet déjà un univers original, et j’estime qu’elle est pour beaucoup dans le côté immersif de l’œuvre.

 

Je lis donc ce premier tome dans le week-end, puis enchaine la lecture des autres tomes de la saga (10 en tout) presque avec boulimie. J’ai jeté tout mon imaginaire dans cette lecture, j’ai vraiment embrassé ce monde comme s’il était mien.

Cela a vraiment été pour moi une lecture organique. J’étais entièrement plongée au milieu des différents mondes, je prenais part aux complots, j’accompagnais les héros successifs dans leurs aventures. Je partageais leurs réflexions, leurs doutes, élaborait mes propres hypothèses et stratégies.
Je pense sincèrement que j’ai à un moment cru cette lecture infinie, et je l’ai achevée avec tristesse et frustration tant il restait de choses à vivre, et donc à écrire.

 

Tout a initié mon amour pour le fantastique et je me suis frottée à nombre de cycles de fantasy ou de science fiction. Parfois avec plaisir, parfois moins, mais aucun n’a jamais remplacé les livres de Zelazny dans mon cœur. Je suis souvent revenue à cette lecture, empruntant les tomes quand cela me prenait et selon ceux disponibles. Je revivais les aventures dans le désordre, picorant ça et là mes passages préférés, laissant parfois mon imagination combler le vide.

Je me suis vraiment prise d’affection pour cet univers, réclamant en cadeau le livre associé et le jeu de tarot. Je me suis même essayé au jeu de rôle (bon sans grand succès, je l’avoue).

 

Puis j’ai déménagé, et il était temps pour moi d’avoir mes propres exemplaires de la saga. Je n’imaginais pas changer de ville sans les emporter. Malheureusement, la collection Présence du futur n’était plus. Je n’ai pas pu trouver les livres sous ces couvertures, et dû attendre les rééditions dans la collection Folio SF. Je ne connaissais pas trop les circuits d’occasion à l’époque. J’ai toujours regretté de les avoir acheté. Sans la couverture, l’histoire même semblait différente. Le charme n’agissait pas. De tout façon j’ai toujours trouvé les couverture chez Folio SF hideuses ; trop futuristes ou trop classiques, pas assez en phase avec le récit, et puis c’est quoi cet espèce de lilas mochissime ?

C’est avec l’essor d’Internet que j’ai commencé à chercher les éditions d’origine. J’ai fini par trouver la saga complète sur Priceminister. En assez bon état, bien que certains dos aient été décolorés, je retrouvais enfin des images familières.

J’en ai profité pour relire toute la saga, bien sûr, avec un enthousiasme retrouvé.

Je garde aussi de cette expérience une affection énorme pour les bibliothèques. Je n’ai que de bons souvenirs de ces lieux, et je trouve important, essentiel même, que tout le monde puisse y trouver les moyens de lire. Dans le monde tel qu’il est aujourd’hui, aussi changeant, les différentes missions des bibliothèques me sembles indispensables : conservation, accès à la culture pour tous et surtout, lieu d’échange et créateur de lien social.

 

Je m’en suis tenue éloignée durant quelques années, mais maintenant que j’ai des enfants et une médiathèque à proximité, je les y emmène souvent et j’espère qu’un jour, eux aussi y trouverons un trésor qu’ils chériront longtemps.

 

Rappel :

Le cycle des princes d’ambre comporte 10 livres, tous disponibles chez Folio SF (mais les couvertures sont moches !). Leur prix varie entre 7 et 8€. Ils sont depuis peu disponibles en numérique (avec DRM), cela permet d’économiser entre 0,5 et 1€ par livre.