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Lu – Le livre jaune – Michael Roch (Mü éditions) Imaginaire

Lu – Le livre jaune – Michael Roch (Mü éditions)

Quel plaisir de retrouver la prose de Michael Roch ! Quel plaisir de retrouver la musicalité de ses phrases, la beauté de son vocabulaire. Quel plaisir de retrouver l'onirisme de ses histoires. Quel plaisir d'en découvrir une nouvelle. Dans celle-ci, et après le somptueux Moi, Peter Pan, il nous entraîne de nouveau dans un récit aux confins du rêve, emprunt de poésie et d’envoûtement. Et comme à chaque fois je fus conquise par la précision des phrases et la justesse des propos. L'auteur met à nu des pensées sauvages, des évidences oubliées, qui invitent à l'introspection sans jamais l'imposer. De par son style inimitable, c'est l'art des mots qui coulent et nous emporte. Le livre jaune est de ces lectures qui transforment, qui enrichissent... Michael Roch est un grand. De ceux qui comptent et doivent être partagés... Ne passez pas à côté de sa plume...
Lu – Clean Room – Gail Simone, Jon Davis-Hunt et Quinton Winter (Vertigo) BD

Lu – Clean Room – Gail Simone, Jon Davis-Hunt et Quinton Winter (Vertigo)

Une excellente série de comics, particulièrement perturbante. Levant le voile sur la réalité derrière les histoires d'aliens, de possession ou de folie, elle nous offre une perspective particulièrement trash des choses. Très graphique, dans un genre proche de la science fiction et de l'horreur, l'intrigue joue sur la peur primale. Réservée à ceux que la violence graphique n'effraie pas, certaines case sont difficiles à oublier !!! l'histoire nous offre des personnages féminins assez hors du commun, très fortes et loin des clichés, certaines étant de véritables garces, nécessité faisant loi ! C'est glaçant, scotchant, parfois dégoûtant et très prenant.
Lu – Midnight Movie – Tobe Hooper et Alan Goldsher (Michel Lafon) Imaginaire

Lu – Midnight Movie – Tobe Hooper et Alan Goldsher (Michel Lafon)

Traduit par Pascal Loubet. Pour apprécier Midnight Movie, il est je crois indispensable de ne pas le prendre au sérieux. C'est en effet une vaste blague que cet ouvrage mené par le réalisateur du briant Massacre à la tronçonneuse. Inutile d'y chercher les mêmes émotions, mais si vous voulez rire avec une histoire de zombies (certe, convenue) et la mise en abîme de l'auteur, c'est un bon divertissement. Le système de narration est original, il alterne les points de vues avec des articles de magazines, blogs et autres. La fin est précipitée et soyons honnête, il ne restera pas grand chose de cette lecture si ce n'est un bon moment de détente. C'est parfois tout ce qu'on attend.
Lu – Le cercle de Farthing – Jo Walton (Denoël) Imaginaire

Lu – Le cercle de Farthing – Jo Walton (Denoël)

Traduit par Luc Carissimo. Le cercle de Farthing est un des premiers romans de Jo Walton, le premier tome de la Trilogie du subtil changement, qui met en scène l'inspecteur Carmichael. J'y ai aimé le parfait mélange entre deux courants : l'uchronie et le roman policier.L'histoire se déroule dans un monde post seconde guerre mondiale, dans lequel l'Angleterre a signé la paix avec l'Allemagne, toujours dirigée par Hitler. Quand le principal artisan de cette paix est assassiné au milieu de la réunion d'un grand cercle d'influence, tout désigne le seul invité juif....Jo Walton a su nous plonger au cœur de la bourgeoisie, celle qui est l’artisane des jeux de pouvoir. Il en ressort un portrait sans doute fidèle, parfaitement cynique, et qui fait la part belle à l'hypocrisie et aux faux semblants.Parallèlement à ça, nous assistons à un récit assez glaçant sur la montée du fascisme, qui nous interroge sur ce que serait le statut des juifs dans une Europe en paix avec Hitler...Au milieu de cette atmosphère très lourde, le récit policier est subtil, prenant et pique notre curiosité. Servi par des personnages tout en nuances, il est maîtrisé de bout en bout. Très sombre, ce roman écrit au début des années 2000 trouve son écho dans ce que l'on vit et découvre tous les jours, et il est parfois difficile d'y trouver de l'espoir... Le tableau dépeint, s'il est certainement réaliste, n'en est que plus dur...Je vous recommande donc la lecture du Cercle de Farthing, qui, dans un style qui rappelle parfois celui des classiques policiers anglais, saura retenir votre attention par son intrigue et son propos.
Lu – Evariste – Olivier Gechter (Mnémos) Imaginaire

Lu – Evariste – Olivier Gechter (Mnémos)

Evariste est resté assez longtemps dans ma PAL, et je ne saurais encore aujourd'hui dire pourquoi... Pourtant, je suis les aventures d'Olivier Gechter depuis un moment (sur Twitter essentiellement) et je me rappelle de très jolis échanges.  J'ouvre d'ailleurs une parenthèse pour vous conseiller le podcast Les archives de l'Insondable qu'il coécrit avec Vincent Corlaix, qui est raconté par Dimitri Reigner et mis en son par François TJP. Des microfictions bien troussées et bien agréables à écouter! Bref, me voici donc enfin à l'attaque d'Evariste. Ce livre a tout pour me plaire: un petit côté fantasy urbaine, une certaine férocité et beaucoup d'humour.  J'ai passé un très bon moment à la découverte des aventures d'Evariste Cosson, cet occultiste empêtré dans les affres de l'entrepreneuriat et d'une histoire de cœur compliquée, et aux prises avec une organisation bien décidée à lui mettre des bâtons dans les roues... Sur une intrigue, certes, assez convenue, Olivier Gechter construit une histoire enlevée, ponctuée par nombre de rebondissements, et très ancrée dans la modernité. Il a rapidement réussi à capter mon intérêt pour son héros, particulièrement sympathique, et avec qui je partage certains inconvénients de la vie francilienne. Un réel travail a d'ailleurs été fait autour des personnages, qui ont chacun une sacrée personnalité et qu'on identifie très vite. Certaines scènes d'action m'ont semblé un peu molles... Dommage, car ça casse le rythme d'un livre qui n'en manque pourtant pas...  Evariste est donc un roman très plaisant, qui ouvre les perspectives d'un univers riche et fouillé. Il y a vraiment de quoi en faire un suite... qui est déjà dans les tiroirs de l'auteur je crois...
Lu – Signal d’alerte – Neil Gaiman (Au Diable Vauvert) Imaginaire

Lu – Signal d’alerte – Neil Gaiman (Au Diable Vauvert)

Traduit de l'anglais par Patrick Marcel. Vous le savez, je suis une grande admiratrice de Neil Gaiman. Je ne pouvais donc pas passer à côté de son dernier recueil de nouvelles. Le travail de la maquette et de la couverture des éditions Au Diable Vauvert ne déroge pas de d'habitude : il est somptueux. C'est un très bel objet que ce Signal d'alerte. Comme à son habitude, Neil Gaiman regroupe dans ce recueil des textes de tailles, d'ambiances et d'inspirations disparates, chacun introduit par la mise en contexte de sa création. Il serait mensonger de crier au chef d’œuvre à chaque page, tant il est difficile de maintenir une qualité égale dans ce genre d'ouvrage, mais Signal d'alerte détient son lot de perles. Neil Gaiman a l'art et la manière de revisiter les contes de fées, comme le prouve la grande qualité de la nouvelle La Dormeuse et le Rouet. Il ne manque pas non plus de rendre hommage à de grands auteurs comme Conan Doyle, ou Ray Bradbury (dans une nouvelle particulièrement touchante). Fantastique, fantasy urbaine, tantôt humoristique, tantôt grave ou mélancolique, cet ouvrage fait passer par nombre d'émotions diverses et variées. Si vous connaissez déjà le travail de Gaiman, vous y retrouverez avec plaisir ses thèmes de prédilection, encore une fois magnifiés. Si vous ne le connaissez pas encore, je reste persuadée que ses recueils de nouvelles sont une très bonne entrée en matière. Dans tous les cas, je vous invite donc avec enthousiasme à vous plonger dans ce Signal d'alerte. Si certains des derniers romans de Gaiman étaient plaisant mais anecdotiques, ce recueil est d'une poésie et d'une inventivité vivifiante!
DoggyBags – Sangs d’encre -Tanguy Mandias (Ankama) Imaginaire

DoggyBags – Sangs d’encre -Tanguy Mandias (Ankama)

Très bel objet que ce recueil de nouvelles signé Tanguy Mandias chez Ankama. La couverture (de Shane Pierce) est soignée et les nouvelles sont richement illustrées (par une quinzaine d'illustrateurs différents). Si on retrouve bien l'esprit Doggybags dans la forme, le fond est plus nuancé. Les 21 nouvelles sont en effet inégales et si certaines versent dans l'horreur, d'autres sont beaucoup plus gentilles. Il faut donc aborder ce recueil avec l'esprit ouvert à la plume de Tanguy Mandias, qui vaut la peine qu'on s'y attarde, tant son style est riche. Il sait manier toutes les ambiances. J'ai frissonné bien sûr, mais j'ai également rêvé, et j'ai bien ri ! Tout ça forme un ensemble sacrément divertissant et complètement débridé. Selon moi, les meilleurs nouvelles sont à la fin. (h)exe(n), qui clôt le bouquin, est un bijou ! C'est donc au final plutôt une réussite; une production qui change un peu de ce qui se fait habituellement et qui a réussi à emporter mon adhésion au fil des pages.
Le nexus du Docteur Erdmann – Nancy Kress (Le Belial) Imaginaire

Le nexus du Docteur Erdmann – Nancy Kress (Le Belial)

Traduit par Alise Ponsero et Erwann Perchoc. Conseillé par ma bibliothécaire, j'ai également choisi ce roman car il est écrit par une femme et qu'au final, je lis très peu d'auteure de science-fiction. Assez court, bien ancré dans le réel, le récit hésite entre fantastique et science fiction. On y suit les aventures de Henry Erdmann, ancien physicien de premier plan, à présent en maison de retraite et en proie a des phénomènes étranges qui se propagent rapidement aux autre pensionnaires.  Particulièrement cartésien, le voilà tiraillé entre sa rationalité et les expériences qu'il subit. La tendresse particulière que j'ai tout de suite éprouvé pour le personnage principal est un des principal atout de ce livre, mais j'ai également apprécié toute la réflexion qui y est fait sur la valeur de l'accumulation d'expérience et la conscience collective La concision du récit évite à l'auteur de partir dans un débordement trop mystique. Nancy Kress adapte son écriture et son vocabulaire aux différents protagonistes avec brio. Elle est aussi à l'aise dans les descriptions de la vie quotidienne que dans les passages de science dure. C'est finalement un livre assez atypique dans ses thèmes que j'ai bien apprécié.
Le livre des crânes – Robert Silverberg (Le livre de Poche) Imaginaire

Le livre des crânes – Robert Silverberg (Le livre de Poche)

Traduit par Guy Abadia. Je retrouve Robert Silverberg avec grand plaisir après L'oreille interne, qui m'a déjà beaucoup marquée. En nous narrant le road trip hypnotique de ces 4 héros cyniques, Silverberg signe un roman initiatique magistral. Poétique, choquant, le récit donne tour à tour la parole à chacun des jeunes personnages, et plonge dans leur intellect encore en construction. Il s'évertue à mettre à nu leurs failles, leurs doutes, leurs secrets les plus enfouis. Mettant en opposition 4 parcours totalement différents, le récit questionne le rapport aux pères, à la foi, à la postérité. Cet étonnant voyage dans la psyché est servi par une plume affûtée, au style soutenu. Quand à l'aspect fantastique, il n'est là que pour servir de but, mais cela importe peu. Comme souvent, ce n'est pas la destination qui importe mais le voyage. Ce deuxième rendez-vous avec Robert Silverberg vient confirmer la très grande admiration que j'ai pour cet auteur.
Allison – Laurent Queyssi (Les Moutons Électriques) Imaginaire

Allison – Laurent Queyssi (Les Moutons Électriques)

Ce court roman a vraiment été un petit bonheur à lire. Il est doux et poétique, et offre une belle image de l'adolescence. Comme dans le livre L'oreille interne de Robert Silverberg, (que j'ai d'ailleurs lu sur les conseils de Laurent Queyssi), la petite touche fantastique n'est qu'un subtile prétexte à une chronique de ce moment de la vie synonyme de grands changements et qu'il est si compliqué de gérer. Tout ceci est traité avec une grande tendresse, une plume légère dans laquelle pointe un nostalgie sous-jacente qui m'a touchée. L'hommage au Rock Alternatif qui a bercé ma propre adolescence ne pouvait qu'achever de me conquérir complètement, pour faire de Allison mon coup de cœur du moment.