Deidre

Vu – l’intox c’est nous – Julien Goetz (francetv slash) Vidéos

Vu – l’intox c’est nous – Julien Goetz (francetv slash)

Une série documentaire qui plonge au cœur de la désinformation, pour en présenter les mécanismes d'une part, et pour expliquer par quels moyens et pour quelle raison elle se partage aussi facilement. Au fil des différents épisodes, on se rend compte de l'ampleur et de la complexité du système mis en place. Il devient facile d'imaginer quel dangereux pouvoir cela peut être. A voir et à mon avis à montrer aux jeunes générations, pour prendre conscience du rôle central que chacun d'entre nous doit jouer. Esprit critique et conscience des conséquences de nos partages... Les six épisodes sont disponibles sur Youtube ou sur le site de Francetv slash. https://www.france.tv/slash/l-intox-c-est-nous/
Lu – La machine aux yeux bleus – Harlan Ellison (Flammarion) Imaginaire

Lu – La machine aux yeux bleus – Harlan Ellison (Flammarion)

Je n'ai malheureusement découvert le nom d'Harlan Ellison qu'à l'occasion de sa mort. Il est pourtant reconnu pour être un très grand novelliste. La machine aux yeux bleus est donc ma première rencontre avec son écriture, et je dois dire que ce fut un immense coup de cœur. Ce qui marque dans les histoires d'Harlan Ellison, c'est qu'elles n'ont de fantastique que l'étiquette qu'on a bien voulu leur donner. Les éléments fantastiques ne sont en effet pas présents dans toutes les nouvelles ; Toute ma vie est un mensonge, par exemple, qui clos le livre, en est totalement exempt et en est pourtant l'une des plus réussie. Harlan Ellison parlait d'ailleurs lui même plus volontiers pour son œuvre de "fiction spéculative". Le fantastique, en effet, n'y est qu'un cadre permettant à ses histoires d'explorer des thèmes proches de la philosophie ou de la psychologie.  En parcourant les  12 nouvelles qui composent ce recueil, on est rapidement marqué par la tristesse qui s'en détache. L'auteur a en effet à cœur des sujets aussi amusants que le rapport au temps qui passe, la nostalgie de l'enfance ou le déchirement des relations amoureuses... Il  a réussi néanmoins à me cueillir par d’authentiques bijoux. Par exemple, dans la nouvelle Le septième jour, un homme composant machinalement son propre numéro a la surprise de tomber sur son double. Plus gentil, moins cynique, il ne pourra en rester qu'un... Et surtout... surtout.... Jeffty a cinq ans... qui a reçu le prix Hugo en son temps, et dans laquelle le narrateur a pour meilleur ami un garçon qui a cessé de grandir après ses cinq ans. Récit à la fois cruel, d'une infinie mélancolie et d'une immense poésie, il constitue à lui seul une raison pour laquelle il faut lire Harlan Ellison. Il est bien malheureux que son œuvre soit si peu disponible en France. La machine aux yeux bleus est en effet épuisé et nombre de ses nouvelles n'ont carrément pas été traduites. Je vous encourage donc à écumer les livres d'occasion et à vous pencher sur les écrits d'Ellison, vous découvrirez un immense novelliste, aux thèmes, style et écriture de haut niveau, qui poussent à la réflexion.  Le genre de lecture qui nous fait grandir...
Vu – Midsommar – Ari Aster Cinéma

Vu – Midsommar – Ari Aster

Second long métrage de Ari Aster après Hérédité, Midsommar a l'immense qualité de sortir complètement des carcans des films actuels. Ici, ni jumpscars, ni torture porn, mais une certaine sensation de malaise assez habillement distillée par le réalisateur. Certes, le scénario n'évite pas la facilité et j'ai malheureusement trouvé que le film manque globalement de subtilité ce qui a empêché parfois mon immersion complète, mais l'atmosphère, lumineuse et angoissante, est particulièrement originale, et certaines trouvailles sont franchement excellentes (cette fleur qui respire, bon sang!). 2 ou 3 scènes-choc m'ont réellement scotchée à mon siège, mais ne vous attendez pas à de la terreur, le film étant bien plus subtil dans les émotions qu'il souhaite susciter. Midsommar est donc le genre de cinéma qu'il est important de soutenir : inventif, atypique, sortant du lot de la production-spectacle actuelle. Rien que cela est une raison suffisante pour l'encourager, malgré ses défauts. Je garderai un œil attentif à la suite de la carrière d'Ari Aster...Mention spéciale également à l'actrice principale, Florence Pugh, à la fois lumineuse, juste et magnifique !
Lu – Malevil – Robert Merle (Gallimard) Imaginaire

Lu – Malevil – Robert Merle (Gallimard)

Grand classique du post-apocalyptique français, Malevil a inauguré ma PAL de l'été que j'ai sobrement intitulée "retour aux classiques du fantastique". Publié en 1972, il reprend les craintes de l'époque d'une apocalypse nucléaire, à laquelle une poignée d'hommes survivent grâce à la robustesse des pierres du château de Malevil. Ecrit sous la forme des mémoires du personnage principal (Emmanuel Comte, propriétaire original de Malevil) parfois entrecoupées de quelques réflexion d'un autre protagoniste, le roman change de certains autre classiques qui n'abordent que la survie à court terme. En effet, dès que la catastrophe est avérée, Emmanuel Comte et ses acolytes ont à cœur de reconstruire un semblant de civilisation, et de pérenniser la survie de tous. Porté par des personnages forts et principalement masculins (le roman est en effet assez viriliste), il met également en scène des portraits de femmes qui, s'ils peuvent paraître caricaturaux, sont beaucoup plus fins qu'ils peuvent le sembler de prime abord. Le style n'est pas si daté, et le roman se lit assez facilement. Mis à part une introduction qui traîne un peu, il ne souffre d'aucune longueur, mais il faut s'adapter au rythme parfois lent, pourtant en parfaite adéquation avec le rythme de vie imposé par les événements. Au final, les quelques 600 pages ne m'ont pas résisté plus de quelques jours, tant l'histoire est prenante. Abordant les thèmes chers au survivalisme (agressivité, justice, défense et place de la religion), Malevil dresse un fresque de grande ampleur, et cherche a faire triompher les hommes de leurs propres faiblesses et travers. Formidable aventure humaine, un roman à lire absolument, que je rapprocherais du roman Ravage, de René Barjavel, qui m'avait également marqué en son temps. Un mot pour finir sur l'adaptation qu'en a fait Christian de Chalonge en 1980. Prenant beaucoup de libertés avec le roman (au point que Robert Merle a totalement désavoué le film), il n'en reprend que la situation de base et le personnage principal (formidable Michel Serrault, qui incarne selon moi parfaitement le rôle, avec le génie qui était le sien), les autres personnages étant totalement réinterprétés voir inventés. Il est cependant également une oeuvre admirable à découvrir, à l'atmosphère et au rythme incomparable, une vraie réussite du cinéma fantastique français.
Lu – Après la chute – Nancy Kress (ActuSF) Imaginaire

Lu – Après la chute – Nancy Kress (ActuSF)

Un roman atypique, à la lecture très addictive. Après la chute est structuré autour de trois lignes de narration : 2 dans le présent et 1 dans le futur. La maestria avec laquelle l'auteure jongle avec ces différents points de vue donne tout son rythme au récit. Au futur post-apocalyptique répond un présent où une mathématicienne aide le FBI à résoudre des disparitions d'enfants, tandis que d'étranges mutations voient le jour... Autour de plusieurs personnages assez solides, le récit monte en tension, évitant longueurs et égarements. L'écriture est précise, franche, totalement en adéquation avec les différents genres explorés tout au long du roman (post-apocalyptique, policier, huis-clos...). Je regrette cependant la concision du récit, qui empêche un développement plus appronfondi des protagonistes, et la fin précipitée, qui manque d'envergure face à l'empleur de l'univers mis en place. Cela reste cependant un excellent moment de lecture, qui me donne envie d'en découvrir plus de Nancy Kress.
Lu – Yesterday – David Blot et Jérémie Royer BD

Lu – Yesterday – David Blot et Jérémie Royer

Drôle d'histoire que celle de cette BD. A la faillite de la maison d'édition qui l'avait publiée, le scénariste a décidé de la rendre accessible gratuitement sur le net, afin de donner envie à d'autre d'en publier la suite. Yesterday est une BD plaisante, avec un graphisme plutôt sympa. L'histoire n'est pas d'une grande originalité mais nous plonge avec plaisir dans les années 60, à l’émergence des groupes de rock. En revanche, ce premier tome  ne donne qu'un bref aperçu de l'ensemble du récit et ne constitue qu'une rapide introduction. De quoi me faire croiser les doigts avec l'auteur pour que cette histoire trouve une nouvelle maison d'édition pour s'épanouir!Ce premier tome est alléchant, la suite pourrait être délicieuse ! Retrouvez la BD complète à l'adresse suivante: https://t.co/k8wOAXW8vQ
Lu – Le livre jaune – Michael Roch (Mü éditions) Imaginaire

Lu – Le livre jaune – Michael Roch (Mü éditions)

Quel plaisir de retrouver la prose de Michael Roch ! Quel plaisir de retrouver la musicalité de ses phrases, la beauté de son vocabulaire. Quel plaisir de retrouver l'onirisme de ses histoires. Quel plaisir d'en découvrir une nouvelle. Dans celle-ci, et après le somptueux Moi, Peter Pan, il nous entraîne de nouveau dans un récit aux confins du rêve, emprunt de poésie et d’envoûtement. Et comme à chaque fois je fus conquise par la précision des phrases et la justesse des propos. L'auteur met à nu des pensées sauvages, des évidences oubliées, qui invitent à l'introspection sans jamais l'imposer. De par son style inimitable, c'est l'art des mots qui coulent et nous emporte. Le livre jaune est de ces lectures qui transforment, qui enrichissent... Michael Roch est un grand. De ceux qui comptent et doivent être partagés... Ne passez pas à côté de sa plume...
Vu – Là où les putains n’existent pas – Ovidie Vidéos

Vu – Là où les putains n’existent pas – Ovidie

Un documentaire très dur, sur la situation des travailleuses du sexe en Suède. Avec une réalisation maîtrisée et un sens aiguë de la narration, Ovidie démontre à quel point, sous couvert de lois protectrices, le gouvernement suédois commet des abus de pouvoirs, précarisant et menaçant la vie de celles qu'il prétend préserver. Prenant comme toile de fond l'histoire tragique d'Eva-Marree, alias Petite Jasmine,  qui s'est d'abord vu retirée la garde de ses enfants pour prostitution pour ensuite être assassinée par son compagnon violent, elle pose la question du libre choix d'embrasser le métier de travailleuse du sexe, face à un pays ouvertement hostile et répressif. Alors que d'autres pays européens (la France en 2016) se mettent à adopter la législation suédoise de pénalisation des client(e)s de prostitué(e)s, le récit de ce déni total de justice à de quoi faire se dresser les cheveux sur la tête. A écouter autour du même sujet, cet épisode du podcast Transfert dans lequel une femme explique comment elle a trouvé un sens à son quotidien en devenant travailleuse du sexe, et dans lequel est évoqué la précarisation que la loi de pénalisation des clients a entraînée.    
Lu – Clean Room – Gail Simone, Jon Davis-Hunt et Quinton Winter (Vertigo) BD

Lu – Clean Room – Gail Simone, Jon Davis-Hunt et Quinton Winter (Vertigo)

Une excellente série de comics, particulièrement perturbante. Levant le voile sur la réalité derrière les histoires d'aliens, de possession ou de folie, elle nous offre une perspective particulièrement trash des choses. Très graphique, dans un genre proche de la science fiction et de l'horreur, l'intrigue joue sur la peur primale. Réservée à ceux que la violence graphique n'effraie pas, certaines case sont difficiles à oublier !!! l'histoire nous offre des personnages féminins assez hors du commun, très fortes et loin des clichés, certaines étant de véritables garces, nécessité faisant loi ! C'est glaçant, scotchant, parfois dégoûtant et très prenant.
Lu – Intelligences artificielles – FibreTigre, Heloise Chochois et Arnold Zephir (Delcourt) BD

Lu – Intelligences artificielles – FibreTigre, Heloise Chochois et Arnold Zephir (Delcourt)

Une excellente BD sur le sujet passionnant mais casse-gueule de l'IA. Richement documentée, elle vulgarise beaucoup de notions tout en essayant de démystifier les fantasmes qui circulent, et y arrive très bien. Le résultat est particulièrement pertinent et accrocheur. Je salue de nouveau la qualité de cette collection Octopus, qui offrent nombre de très bons ouvrages, aussi bien sur le fond que sur la forme !